Le collectif AntiCRA de Dijon, accompagné de plusieurs collectifs engagés à travers la France, appelle à une mobilisation nationale le 18 avril 2026 pour protester contre la construction de centres de rétention administrative (CRA), notamment le projet prévu à Longvic, près de Dijon. À travers cette journée d’action, les organisateurs entendent dénoncer les politiques migratoires actuelles et défendre la dignité ainsi que les droits des personnes exilées.
La mobilisation débutera à 12h place du Théâtre à Dijon avec un repas partagé, avant le départ de la manifestation à 13h30. Le cortège rejoindra à 15h un rassemblement de soutien à la Palestine, place Darcy. La journée se poursuivra à 16h30 à la Bourse du travail avec une intervention du collectif Confrontières intitulée « Guerres aux frontières, une bataille coloniale ». Des ateliers sont également prévus le lendemain aux Tanneries.
Au cœur de cette mobilisation, une opposition ferme aux CRA, décrits par les organisateurs comme des lieux d’enfermement indignes. Bien que n’étant pas officiellement considérés comme des prisons, ces centres imposeraient, selon les collectifs, des conditions de privation de liberté comparables : surveillance constante, restrictions de mouvement, et conditions de vie dégradées. Ils dénoncent notamment un manque d’accès aux soins, des violences policières, ainsi que des difficultés à exercer les droits juridiques.
Les militants pointent également les conséquences humaines de ces dispositifs, évoquant un stress constant lié à la menace d’expulsion et des situations de rupture brutale pour des personnes installées depuis de nombreuses années en France. Ils rappellent que certaines personnes sont enfermées à plusieurs reprises sans être expulsées, et alertent sur les risques psychologiques graves, allant jusqu’au suicide.
Le projet de nouveau CRA à Longvic s’inscrit dans une politique plus large de renforcement des dispositifs de rétention. Porté notamment par la loi adoptée en 2023, ce programme prévoit la construction de plusieurs nouveaux centres en France. Celui de Longvic-Ouges, d’une capacité de 140 places, devrait ouvrir en 2027 avec un budget estimé à plus de 30 millions d’euros. Les collectifs dénoncent également l’implication d’entreprises privées dans ce projet.
Par ailleurs, les organisations critiquent un contexte européen qu’elles jugent de plus en plus restrictif en matière d’accueil des personnes migrantes, notamment après l’adoption du pacte européen sur la migration et l’asile.
Au-delà de la contestation d’un projet local, les collectifs affirment inscrire leur lutte dans une opposition globale à ce qu’ils qualifient de politiques « xénophobes, racistes et sécuritaires ». Ils appellent à une mobilisation massive à Dijon pour dénoncer ces orientations et réaffirmer le principe selon lequel « personne n’est illégal ».
Cette journée du 18 avril se veut ainsi à la fois un moment de protestation, de sensibilisation et d’organisation collective face aux politiques migratoires actuelles.

