La pression monte autour de la rémunération des agents publics. Dans un communiqué publié le 26 mars, le syndicat Solidaires Fonction publique alerte sur une dégradation continue du pouvoir d’achat dans l’ensemble du secteur public et appelle à l’ouverture urgente de négociations.
Des salaires en recul face à l’inflation
Selon le syndicat, les agents publics continuent de percevoir des salaires inférieurs à ceux du secteur privé à volume de travail équivalent. Les mesures récentes, comme l’ajout de cinq points d’indice en 2024, sont jugées largement insuffisantes : cette hausse représente environ 20 euros nets mensuels, rapidement absorbés par l’augmentation du coût de la vie.
Plus globalement, Solidaires dénonce une stagnation du point d’indice depuis plus de quinze ans, malgré des ajustements qualifiés de « cosmétiques ». Cette situation alimente un décrochage durable des rémunérations.
Une situation critique pour les bas salaires
Le constat est particulièrement alarmant pour les agents les moins bien rémunérés. En janvier 2026, près de 360 000 agents auraient vu leur salaire passer en dessous du SMIC horaire. Une situation récurrente lors des revalorisations du SMIC, qui oblige l’État à intervenir en urgence pour garantir un niveau minimal de rémunération.
À l’autre extrémité de la grille, les agents les mieux rémunérés ne sont pas épargnés : la suppression de la garantie individuelle du pouvoir d’achat (GIPA) entraîne une érosion progressive de leurs revenus réels.
Hausse des prix et contexte international
Le syndicat pointe également un contexte international défavorable, marqué par une hausse des prix de l’énergie. L’augmentation du coût des hydrocarbures, du gaz et potentiellement des denrées alimentaires pèse directement sur le budget des agents publics, accentuant encore la perte de pouvoir d’achat.
Les agents dépendants de leur véhicule ou utilisant le gaz pour se chauffer sont particulièrement vulnérables à ces hausses.
Un dialogue social à l’arrêt
Autre sujet d’inquiétude : la suspension du groupe de travail sur les rémunérations par la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP), sans explication claire. Pour Solidaires, ce signal est préoccupant alors que la question salariale constitue, selon le syndicat, la première préoccupation des agents.
Des revendications claires
Dans ce contexte, Solidaires Fonction publique demande l’ouverture rapide de négociations autour de plusieurs axes majeurs :
- une réévaluation des grilles indiciaires, avec un rehaussement global ;
- une augmentation significative du point d’indice ;
- une indexation des salaires sur l’inflation afin de préserver le pouvoir d’achat réel.
Le syndicat annonce vouloir porter ces revendications dès la nomination d’un nouveau ministre de la Fonction publique. Face à une inflation persistante et à des rémunérations jugées insuffisantes, la question salariale s’impose plus que jamais comme un enjeu central pour la fonction publique. Le gouvernement, de son côté, est désormais attendu sur sa capacité à relancer le dialogue et à proposer des mesures concrètes.
