Après une première participation aux élections municipales de 2026, l’association Dijon Avenir, forte de son ancrage citoyen, affirme sa volonté de mener une opposition ferme aux politiques jugées anti-écologiques de la maire Nathalie Koenders. Entre critique des partis traditionnels, dénonciation d’un “renoncement écologique” et appel à une transformation profonde du territoire, le mouvement entend incarner une alternative crédible à gauche.
Communiqué de presse du 27 mars 2026 :
Dijon Avenir en opposition ferme et exigeante aux politiques anti-écologiques de la nouvelle Maire
Après avoir présenté une liste citoyenne et participative aux élections municipales, comme moyen de faire advenir son projet de transformation du territoire, et obtenu 4,47 % des suffrages au 1er tour, l’association Dijon Avenir revient sur l’historique de ses relations avec les partis et fait le point sur le nouveau paysage politique écologiste à Dijon, entre dissidence et insincérité…
Un mouvement citoyen en véritable opposition aux politiques municipales
Pour comprendre l’émergence du mouvement citoyen Dijon Avenir et son projet de présenter une liste aux élections municipales de 2026, il faut revenir deux mandats en arrière. L’origine du mouvement remonte à la lutte des Jardins de l’Engrenage engagée en juin 2020, occupation citoyenne en opposition à un projet immobilier de 330 logements artificialisant 1,3 hectare d’espace naturel au cœur de Dijon. Pour mémoire, ces terrains constitués à 90 % de pleine terre avaient été acquis par la Ville de Dijon. Leur vente au promoteur immobilier Ghitti fut votée en juin 2019 par la majorité municipale de l’époque, notamment par les élu·e·s du parti Les Écologistes, qui appartenaient alors à cette majorité.
Habitués à faire liste commune avec Rebsamen dès le 1er tour, aux élections municipales de 2020 Les Écologistes ont choisi de présenter une liste autonome, qui a obtenu 15 % au premier tour puis 22 % après s’être maintenue au second tour, débouchant sur l’élection de six élu·e·s et la formation d’un groupe écologiste inscrit dans l’opposition à la nouvelle majorité du Maire François Rebsamen. Belle occasion de porter enfin, depuis l’enceinte du Conseil municipal, une écologie de rupture pour des réponses sérieuses et conséquentes aux crises !
Mais un an plus tard, aux élections départementales de juin 2021, patatras ! Les mêmes écologistes ont passé une alliance contre-nature avec le PS dijonnais, pour présenter des binômes communs dans tous les cantons. Sur le canton Dijon-2 où les Jardins de l’Engrenage étaient menacés d’une expulsion imminente, Nathalie Koenders conseillère départementale sortante et 1ère adjointe au Maire, s’est présentée en binôme avec Billy Chrétien, adhérent Les Écologistes depuis peu. Alliance “contre la nature” pourrait-on même dire, puisqu’à aucun moment ce candidat écologiste n’a soutenu la lutte contre le projet immobilier… pas une visite, pas un mot, rien… Pas un mot non plus de Catherine Hervieu, candidate écologiste sur le canton voisin.
Pire, après les départementales, trois des six élu·e·s écologistes ont carrément fait sécession (et au passage trahi leurs électeur·ice·s) en rejoignant la majorité municipale de Rebsamen (majorité PS-Modem-Horizons, faut-il le rappeler !?). Pour désigner ce renoncement aux valeurs, aux principes et aux luttes écologistes, pour l’opportunité d’un poste et d’une indemnité, Les Écologistes emploient eux-mêmes cette formule : “se vendre pour un plat de lentilles (bio)” ! C’est cette absence d’engagement et de soutien des Écologistes, qui a directement débouché sur la candidature aux départementales, face au tandem PS-écolo, d’un binôme de citoyens “Jardins de l’Engrenage – Contre le béton, pour la nature”, réalisant un score de 14,62 % au 1er tour !
Au cours des 13 mois de lutte des Jardins de l’Engrenage, puis ensuite avec leur vote POUR la vente des berges du Suzon en vue de leur bétonisation par le projet immobilier Venise-2, les élu·e·s écologistes ont trop souvent soutenu les projets de Rebsamen au lieu d’exercer leur rôle d’opposants, laissant les militant·e·s d’associations et de collectifs de lutte, assurer la seule véritable opposition aux politiques de destruction de la pleine terre voulues par le tandem Rebsamen-Koenders. Tout en continuant tout de même à alerter les élu·e·s écologistes avant les réunions du Conseil municipal ou métropolitain sur la gravité des dossiers qui leur étaient soumis ! Cette absence des élu·e·s écologistes, faisant dès lors craindre leur ralliement à Nathalie Koenders en 2026, créait la nécessité et ouvrait l’espace pour une initiative citoyenne en vue des élections municipales.
Volonté forte de rassembler
Dès 2024 avec le Forum citoyen Dijon Avenir, nous avons réalisé un travail d’analyse des crises qui frappent notre territoire et vont s’aggraver jusqu’à menacer les besoins vitaux de la population et la cohésion sociale, avec des risques réels d’effondrements.
Après être allés pendant plusieurs mois à la rencontre et à l’écoute des habitant·e·s, de leurs craintes, besoins, idées et aspirations, nous avons élaboré une vision d’avenir pour Dijon à l’horizon 2050, puis co-construit un projet de transformation du territoire et de nos façons d’y vivre pour faire face aux crises et protéger la population. Ce Forum citoyen a contribué à élargir le périmètre du débat sur l’avenir de la ville, en y associant de nombreux habitant·e·s et acteurs locaux porteurs de solutions.
La mise en œuvre du projet de transformation nécessitant de s’appuyer sur des politiques publiques nouvelles et en rupture forte avec le cadre de référence des politiques locales actuelles qui ne font que prolonger et aggraver la démesure d’un capitalisme prédateur, Dijon Avenir a fait le choix de proposer son projet de bifurcation en présentant une liste citoyenne et participative aux élections municipales.
Pour cela, nous avons lancé un appel au rassemblement du mouvement citoyen, des acteurs locaux et des organisations politiques de « l’arc social-écologique » (donc à gauche de la majorité PS-Modem-Horizons), avec l’objectif de gagner les élections municipales. De premières rencontres avec ces partis, dont les Écologistes, avaient eu lieu dès décembre 2024. Objectif qu’il a rapidement fallu revoir à la baisse…
Domination des partis et refus de porter une vision claire pour l’avenir
Que s’est-il donc passé pour que finalement 5 listes se présentent à gauche de Nathalie Koenders (en comptant Lutte Ouvrière et le Parti des Travailleurs, qui n’ont pas pour habitude de chercher des alliances) ? C’est peu de dire que Dijon Avenir a mis beaucoup de moyens, notamment en investissant énormément de temps dans la rédaction de documents supports, dans l’espoir de mener des échanges constructifs avec les représentant·e·s des différents partis de la vraie gauche.
Partant du constat de la crise démocratique, avec la montée de l’abstention, la progression constante et dramatique de l’extrême-droite et un fort rejet des partis politiques par les électeur·ice·s, nous avons proposé et étions prêts à discuter d’une méthodologie pour bâtir une union du mouvement citoyen avec les partis de cet arc social-écologique de gauche. Plusieurs principes étaient essentiels pour permettre à notre mouvement de s’engager dans une telle union. D’abord, pour faire face aux crises, l’exigence d’un projet de rupture claire avec les politiques anti-écologiques de la majorité sortante, et de bifurcation de l’économie locale vers un modèle de post-croissance. Ensuite, le choix collégial de la tête de liste, après la définition d’un projet et la constitution d’une majeure partie de la liste.
Il nous a fallu du temps pour comprendre que ces partis, qui certes nous créditaient d’un important travail sur le diagnostic des crises, l’écoute des habitant·e·s et l’analyse des politiques publiques locales, s’estimaient seuls vraiment légitimes à s’engager dans l’élection et dès lors à préempter la tête d’une liste d’union – ce que nous avons tout de même accepté pour faire avancer les négociations. On a même entendu que Dijon Avenir était une “association de plaidoyer” et que l’élection était “l’affaire des partis politiques”, prêts néanmoins à nous faire une petite place.
Face à cette posture dominante et surplombante, mais également et surtout face au refus des organisations politiques de porter clairement l’analyse des crises et de proposer une vision d’avenir transformatrice radicale, un cap clair à long terme, seul à même de répondre à l’ampleur des crises et pourtant attendu par les citoyen·ne·s, car relevant de la responsabilité même du politique, Dijon Avenir a finalement fait le choix d’une liste autonome, indépendante des partis politiques.
Au final, avec un résultat de 4,47 % réalisé seuls après une année d’existence, alors que Dijon Change d’Ère a fait moins du double (8,56 %) en rassemblant pourtant 4 partis de gauche bien installés, nous pensons que la vision et le projet portés par Dijon Avenir ont répondu à l’attente de changement profond souhaité par beaucoup de Dijonnais·es. Sauf à penser que Les Écologistes ne doivent leur résultat qu’à eux seuls (ce qui serait insultant pour leurs trois partenaires de la liste DCE), nous constatons que dans cette élection le mouvement citoyen Dijon Avenir a pesé d’un poids équivalent à celui du parti Les Écologistes.
Et nous le réaffirmons avec force : tout électeur a le droit de présenter une liste aux élections municipales, comme à tous les autres scrutins, pour peu qu’il réussisse à réunir le nombre de colistier·e·s requis. Dijon Avenir est membre du réseau national Actions Communes, qui a recensé plus de 700 listes citoyennes et participatives au 1er tour des municipales. 149 de ces listes ont été élues, soit 2 fois plus qu’en 2020 !
Dissidence, mais de qui au fait ?
En réaction aux résultats du 1er tour des municipales à Dijon, on a pu lire dans la presse que la responsabilité de l’absence d’opposition à gauche de Nathalie Koenders proviendrait d’une “liste écologiste dissidente”. Replaçons les faits.
Oui, des candidats de la liste “Dijon Avenir : Bifurquer, Inspirer, Protéger” sont d’anciens adhérents du parti Les Écologistes. Tout comme 5 candidat·e·s de la liste “Dijon Change d’Ère” ont été adhérent·e·s de l’association Dijon Avenir, quasiment dès sa création (et le sont encore pour certains) ! Alors, où est la dissidence ? Question de point de vue.
Question dissidence, Les Écologistes n’ont bizarrement pas réagi au départ de leur secrétaire départemental Billy Chrétien, suite à la décision du parti au niveau local en septembre 2025, de ne pas s’allier à la majorité sortante mais de chercher à dialoguer avec les forces politiques de gauche. Aucune dénonciation du fait que Billy Chrétien ait alors cofondé avec Karine Savina l’association “Dijon Ecologie”, destinée de toute évidence à devenir la caution écologiste de Nathalie Koenders pour sa campagne !
L’écologie au Conseil municipal, la bonne blague !
Lors de nos échanges en vue d’une liste commune, Les Ecologistes ont eu l’arrogance de nous affirmer qu’avec ou sans Dijon Avenir, ils allaient “faire un gros score à 2 chiffres, grâce à Marine Tondelier”. Nous les avions pourtant alertés sur le fait que dans les sondages de l’automne préfigurant des intentions de vote au niveau national, l’alliance du parti Les Écologistes avec un versant ou l’autre de la gauche, déplaçait seulement 2 % de l’électorat. Sur le plan local, nous leur avions rappelé les résultats des Européennes : à Dijon, leur score a été divisé par 2 entre 2019 et 2024… pas vraiment une dynamique.
Nous leur avons également révélé en avant première les documents cachés du Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) qui permettaient de dénoncer les contradictions de Mme Koenders. Ils n’en ont rien fait, n’ont pas eu un mot pour critiquer ce SCoT, alors que nous avons inlassablement décrypté, explicité et dénoncé ce projet structurant destructeur de la pleine terre, validé par la Maire-candidate.
Quant à la campagne menée, nous pensons que les électeur·ice·s ont eu du mal à percevoir la différence entre le projet écologique de la liste “Dijon Change d’Ère” et celui de la liste de Koenders “Dijon.”. Le décalage était trop fort entre leurs mots (« rupture avec la majorité sortante ») et leurs actes, dont le vote pour l’artificialisation des 2 hectares de pleine terre de la rue de Colchide lors de la dernière session du Conseil municipal. Alors qu’une partie de l’électorat de “Dijon Avenir” est composé de personnes qui n’auraient pas voté pour un parti, nous pensons que c’est Nathalie Koenders qui a aspiré nombre de voix d’électeur·ice·s de sensibilité écologiste !
Tous ces éléments nous amènent à penser que nous avons finalement bien fait de ne pas nous engager dans une union avec les Écologistes, qui aurait fait perdre beaucoup en crédit et en lisibilité, à ce qu’a apporté dans le débat public la démarche citoyenne et le projet de transformation radicale porté par notre liste.
Finalement l’écologie, et même la décroissance (!), ont l’air d’être bien représentées au Conseil municipal pour le mandat qui commence (lol). Du côté “écolo-dissident”, on trouve donc Billy Chrétien qui comme prévu a rallié Nathalie Koenders et devrait avoir droit à son plat de lentilles en récompense. Du côté “écolo-usurpateur”, ce sont Karine Savina et Patrice Chateau, adhérents du micro-parti “Génération écologie” qui se présente comme “parti de la décroissance pour vivre mieux”. Ils usurpent donc cette identité politique “décroissante” depuis qu’ils ont rejoint en décembre 2021 l’exécutif des “pibistes” (se dit des obsédés du PIB) Nathalie Koenders et François Rebsamen, dont ils soutiennent les politiques capitalistes et croissancistes ! Nul doute que l’on retrouvera ces fossoyeurs de l’écologie dès ce samedi à des postes clés, à la Ville ou à la Métropole (ou même aux deux puisque le cumul des postes d’adjoint et de vice-président est une pratique courante à Dijon…).
Mettre en oeuvre un projet de transformation radicale
Face à ces écolos-pas-sérieux alliés à Koenders, qui ont vraisemblablement trompé, à défaut de convaincre, une majorité des électeur·ice·s dijonnais·es, il est chaque jour davantage urgent de mettre en oeuvre un projet de transformation du territoire et de nos façons d’y vivre, pour faire face à la convergence des crises et protéger la population, en particulier les personnes les plus vulnérables.
Dijon Avenir entend mener durant ce mandat une opposition ferme et exigeante aux politiques de démesure de Nathalie Koenders et François Rebsamen, en continuant à décrypter et dénoncer leurs projets attractivistes, qui en détruisant la pleine terre mettent en cause la capacité des habitant·e·s à se nourrir et à moyen terme menacent l’habitabilité même de la ville. Nous nous engagerons dans des projets et des luttes concrètes notamment pour préserver le plus possible de pleine terre (sur le terrain juridique et en lien avec les scientifiques : pédologie, écologie/microbiologie, agronomie…). Cela, en diffusant au plus grand nombre par l’écologie populaire les savoirs autour de la robustesse du territoire et en promouvant de nouvelles formes de démocratie émancipatrice.
Parce que oui, sans disposer du levier de la gouvernance municipale, mais en s’appuyant sur les nombreux liens tissés entre les personnes qui ont participé à la campagne électorale, avec les porteuses et porteurs de toutes les micro-luttes et résistances locales et bientôt avec toutes celles et ceux que nous appelons à nous rejoindre, il est possible de faire advenir une partie des transformations nécessaires, par de nouvelles luttes, projets et initiatives citoyennes. Dans lesquelles des organisations politiques partageant le même projet de bifurcation vers la post-croissance, pourront bien sûr trouver toute leur place.
Signé : association Dijon Avenir
