Le gouvernement franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de sécurisation des transports en commun. Avec la publication du décret du 30 mars 2026, les agents de sûreté de la SNCF et de la RATP voient leurs prérogatives sensiblement élargies. Cette mesure s’inscrit dans la continuité de la loi du 28 avril 2025 portée par Philippe Tabarot, en coordination avec Laurent Nuñez, et vise à répondre plus efficacement aux enjeux persistants d’insécurité dans les transports publics.
Une fréquentation élevée, mais des risques persistants
Chaque mois, près de 21 millions de Français empruntent les transports en commun, faisant de ces réseaux un pilier essentiel de la mobilité quotidienne et de la transition écologique. Pourtant, malgré une légère baisse de la délinquance en 2025 (-2 %), les chiffres restent préoccupants : plus de 104 000 victimes de vols, violences ou escroqueries ont été recensées sur l’année.
Dans ce contexte, garantir la sécurité des usagers apparaît comme une condition indispensable pour maintenir l’attractivité des transports collectifs. Le gouvernement entend ainsi accompagner la hausse de la fréquentation par des dispositifs de sûreté plus robustes et plus réactifs.
Des pouvoirs étendus pour une intervention plus rapide
Le décret du 30 mars 2026 renforce concrètement les capacités d’action des plus de 4 000 agents de sûreté opérant au sein de la SNCF (Suge) et de la RATP (GPSR). Parmi les principales mesures, les palpations de sécurité sont désormais facilitées : elles peuvent être réalisées en cas de risque avéré, sans nécessité d’un arrêté préfectoral préalable.
Les agents peuvent également retirer et conserver temporairement des objets dangereux afin de prévenir les incidents. Leur champ d’intervention est élargi aux abords immédiats des gares et stations, leur permettant notamment de poursuivre un individu en cas d’infraction ou d’intervenir plus en amont des troubles.
Autre évolution notable : la possibilité d’interdire l’accès aux transports à des personnes troublant l’ordre public, ainsi que la saisie de marchandises dans le cadre de ventes à la sauvette, y compris à proximité des réseaux.
Une continuité avec les dispositifs existants
Ces nouvelles prérogatives viennent compléter un arsenal déjà renforcé ces dernières années. Les agents peuvent être équipés de caméras-piétons, intervenir en civil dans certaines situations et, dans le cadre d’expérimentations, utiliser des pistolets à impulsion électrique.
Le gouvernement souligne que ces mesures s’inscrivent dans une logique de « continuum de sécurité », intégrant les agents de sûreté aux côtés des forces de l’ordre, sous l’autorité du ministère de l’Intérieur.
Un rôle accru pour la sécurité privée
Le décret élargit également les compétences des agents de sécurité privée intervenant dans les transports. Ces derniers peuvent désormais contraindre une personne troublant l’ordre public à quitter les lieux ou les véhicules. Le texte précise en parallèle les exigences en matière de formation, afin de garantir un haut niveau de professionnalisme.
Un équilibre entre sécurité et libertés
Si ces mesures renforcent les capacités d’intervention, elles s’accompagnent de garanties visant à préserver les libertés individuelles. Les interventions restent strictement encadrées et limitées aux missions de sûreté dans les transports, avec une coordination étroite avec les forces de sécurité publiques.
Pour le ministre des Transports, Philippe Tabarot, ce décret marque une avancée significative : « Ces agents disposent désormais de pouvoirs mieux adaptés aux réalités du terrain. Ils pourront agir plus efficacement pour prévenir les troubles, protéger les voyageurs et lutter contre les nouvelles formes d’insécurité, notamment celles visant les femmes. »
Une priorité gouvernementale affirmée
À travers ce texte, l’exécutif réaffirme sa volonté de faire de la sécurité dans les transports une priorité. En renforçant les moyens des agents présents au quotidien sur le terrain, le gouvernement espère à la fois réduire les actes de délinquance et améliorer le sentiment de sécurité des usagers.
Dans un contexte où les transports collectifs sont appelés à jouer un rôle central dans les mobilités de demain, leur sécurisation apparaît plus que jamais comme un enjeu stratégique.
