La décision est tombée comme un couperet. Mardi 31 mars, le tribunal de commerce de Lille Métropole, siégeant à Tourcoing, a prononcé la liquidation judiciaire du transporteur Ziegler France et de l’une de ses filiales. Près de 1 500 salariés à travers le pays vont perdre leur emploi dans les prochains jours, dont une soixantaine sur le site de Longvic, près de Dijon.
Sur place comme ailleurs, l’annonce a suscité colère et incompréhension. À la sortie de l’audience, des salariés ont laissé éclater leur indignation, criant leur sentiment d’injustice face à une décision jugée brutale.
Placée en redressement judiciaire le 2 mars, l’entreprise n’aura disposé que de quelques semaines pour tenter de trouver des repreneurs. Un délai jugé insuffisant par plusieurs acteurs du dossier. « La liquidation était devenue inéluctable », a estimé l’avocat des salariés, Jean-Louis Borie, pointant un traitement tardif des difficultés. Il s’interroge notamment sur l’absence de dépôt de bilan plus précoce, alors que la cessation de paiements remonterait à septembre 2024.
Même constat du côté syndical. Pour David Clairet, délégué CGT, une anticipation aurait permis d’amortir le choc : « Si la situation avait été prise à bras-le-corps plus tôt, un plan social aurait pu limiter la casse. Aujourd’hui, l’impact est massif. »
Si quelques offres de reprise ont été évoquées pour certaines des nombreuses agences du groupe, elles ont été jugées largement insuffisantes. Le contexte économique, marqué notamment par la hausse des prix des carburants liée aux tensions internationales, a également pesé lourdement dans la balance.
À Longvic, l’émotion est particulièrement vive. La zone industrielle est une nouvelle fois frappée, après des difficultés déjà rencontrées par d’autres entreprises du secteur. L’élue d’opposition Valérie Grandet a réagi avec gravité à cette annonce : « Une nouvelle catastrophe frappe les salariés de la zone industrielle de Longvic. Après Tetra Pak, c’est désormais Ziegler qui laisse des femmes et des hommes face à une immense incertitude. »
Elle insiste sur les conséquences humaines de cette décision : « Derrière cette liquidation, ce sont des vies bousculées, des familles fragilisées et un territoire qui souffre. » L’élue a également tenu à adresser un message de soutien appuyé aux salariés concernés, affirmant qu’ils « ne doivent pas se sentir seuls ni abandonnés ».
Dans ce contexte, Valérie Grandet appelle à une mobilisation rapide et concrète des pouvoirs publics locaux. « Il est désormais essentiel que les élus métropolitains se retroussent les manches pour accompagner ces salariés : solutions de reclassement, soutien personnalisé, mobilisation des acteurs économiques… Nous devons être à la hauteur », a-t-elle déclaré.
Elle alerte enfin sur les conséquences plus larges pour le territoire : « Voir un nouveau site majeur laissé à l’abandon est un signal alarmant dans un contexte économique déjà fragilisé. » Assurant rester « pleinement à l’écoute » des salariés touchés, l’élue souligne l’urgence d’une réponse collective face à une crise sociale qui dépasse largement le seul cadre de l’entreprise.
