Ce vendredi 3 avril 2026, le conseil municipal de Talant a adopté à une écrasante majorité (32 voix pour, 1 abstention) une motion forte en faveur du maintien des classes dans deux écoles de la commune : Elsa Triolet et Jacques Prévert. À travers ce vœu, les élus entendent alerter les autorités académiques sur les conséquences concrètes des suppressions annoncées pour la rentrée prochaine, et défendre une certaine vision du service public d’éducation.
Une décision académique contestée localement
Cette mobilisation fait suite à l’annonce par le Directeur académique des services de l’Éducation nationale (DASEN) de 69 fermetures de classes dans le département de la Côte-d’Or pour la rentrée 2026. Parmi elles, deux concernent directement la ville de Talant. Ces décisions doivent encore être confirmées lors du Conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN), prévu le 20 avril.
Mais pour les élus talantais, ces fermetures ne sont ni justifiées ni sans conséquences. Dans la motion adoptée, ils demandent explicitement au DASEN de revenir sur ces décisions et appellent le CDEN à ne pas les valider.
À Elsa Triolet, un équilibre fragile menacé
L’école élémentaire Elsa Triolet accueille actuellement 142 élèves répartis en sept classes, dont un dispositif ULIS destiné aux élèves en situation de handicap. Avec une moyenne d’un peu plus de 20 élèves par classe, l’établissement fonctionne aujourd’hui dans des conditions jugées satisfaisantes.
Pour la rentrée 2026, les effectifs devraient légèrement baisser, passant à 125 élèves. Si toutes les classes sont maintenues, la moyenne descendrait à environ 18 élèves par classe, un seuil favorable aux apprentissages. En revanche, la suppression d’une classe entraînerait une réorganisation en six classes, faisant remonter la moyenne à près de 19 élèves — et surtout, compliquant l’accueil des élèves relevant du dispositif ULIS.
Pour le conseil municipal, cette fermeture viendrait fragiliser un équilibre pédagogique déjà délicat, en particulier pour les élèves ayant des besoins spécifiques.
Jacques Prévert : une école au cœur des enjeux sociaux
La situation est encore plus sensible à l’école Jacques Prévert, située dans le quartier du Belvédère. Avec 319 élèves au total (dont 192 en élémentaire), il s’agit du groupe scolaire le plus important de la commune.
Ce secteur se distingue par une forte mixité sociale et la présence importante de familles allophones, nécessitant un accompagnement pédagogique renforcé. Dans ce contexte, la suppression d’une classe en élémentaire inquiète particulièrement les élus.
Les projections pour 2026 font état de 190 élèves, soit une baisse minime par rapport à l’année précédente. Sans fermeture, la moyenne resterait autour de 21 élèves par classe. Avec une classe en moins, elle grimperait à près de 24 élèves, frôlant le plafond fixé par l’Éducation nationale pour les niveaux de grande section, CP et CE1.
Pour la municipalité, une telle hausse des effectifs par classe ne permettrait plus de répondre correctement aux besoins des élèves, notamment en termes d’accompagnement linguistique et social.
Une défense affirmée de l’école publique
Au-delà des chiffres, le texte adopté par le conseil municipal porte un message politique clair. Les élus réaffirment leur attachement à une école publique « de qualité, accessible à tous », fondée sur l’égalité des chances et la lutte contre les inégalités scolaires.
Ils insistent également sur la nécessité de maintenir des conditions d’apprentissage adaptées à la diversité des publics, en particulier dans les quartiers populaires. Le maintien du nombre de classes est ainsi présenté comme une condition essentielle à la réussite de tous les élèves.
Un soutien appuyé à la communauté éducative
Enfin, la motion exprime un soutien appuyé à l’ensemble de la communauté éducative : enseignants, personnels et parents d’élèves. Tous sont salués pour leur engagement quotidien au service des enfants de Talant.
Signé par le maire Adrien Guené, le document témoigne d’une volonté municipale de peser dans le débat à venir, à quelques jours d’une décision départementale décisive.
Reste désormais à savoir si cet appel sera entendu par les autorités académiques. La réunion du CDEN, le 20 avril prochain, sera déterminante pour l’avenir des deux écoles talantaises.
