Lors de sa séance du lundi 13 avril 2026, le conseil municipal de Dijon a adopté un vœu adressé à la direction académique des services de l’Éducation nationale de Côte-d’Or. Porté par Franck Lehenoff, adjoint à la maire délégué à l’éducation, ce texte alerte sur les conséquences des fermetures de classes envisagées pour la rentrée 2026.
Chaque année, Éducation nationale ajuste la carte scolaire en fonction de l’évolution des effectifs. Pour la rentrée prochaine, le projet présenté prévoit, à Dijon, 16 fermetures de classes et 3 suppressions de dispositifs non pérennisés, soit 19 fermetures potentielles. À l’échelle du département, 69 fermetures sont envisagées, contre seulement 23 ouvertures ou pérennisations, dont 7 à Dijon.
Malgré un contexte de baisse démographique et de contraintes budgétaires, les élus dijonnais estiment que ces mesures sont disproportionnées et risquent de fragiliser le système éducatif local. Dans son vœu, le conseil municipal rappelle le rôle fondamental de l’école publique, gratuite et laïque dans la République. Elle doit garantir à chaque enfant les mêmes chances de réussite, indépendamment de son origine sociale ou de son environnement.
Les élus soulignent que la réduction des moyens, notamment par la fermeture de classes, pourrait dégrader les conditions d’apprentissage. L’augmentation du nombre d’élèves par classe est particulièrement pointée du doigt, tout comme ses effets sur les élèves les plus fragiles.
Le texte insiste sur la nécessité de préserver les dispositifs favorisant l’inclusion scolaire, tels que les classes ULIS ou les structures d’accueil pour élèves allophones. Ces dispositifs nécessitent des effectifs adaptés pour fonctionner efficacement.
Par ailleurs, plusieurs écoles concernées accueillent des enfants en situation de précarité ou présentant des difficultés scolaires importantes. Leur indice de position sociale étant inférieur à la moyenne, les élus estiment qu’une attention particulière doit leur être accordée.
La Ville de Dijon rappelle également ses efforts en matière d’éducation, avec un programme d’investissement de 75 millions d’euros sur dix ans pour moderniser les écoles et améliorer le cadre de vie des élèves. Certaines des écoles concernées par des fermetures font justement l’objet de travaux ou de projets de rénovation.
Face à ces constats, le conseil municipal demande officiellement à la direction académique de revoir les mesures envisagées. Pour les élus, « l’école ne doit pas être une variable d’ajustement », mais au contraire un levier essentiel pour l’égalité des chances, la cohésion sociale et l’avenir du territoire. Ce vœu marque une prise de position claire de la municipalité, qui appelle à un réexamen des décisions au regard des besoins éducatifs et sociaux de la population dijonnaise.
Vœu adressé au Directeur académique des services de l’Éducation nationale
Présenté par Franck Lehenoff, adjoint à la maire de Dijon délégué à l’éducation, à l’enfance, aux droits de l’enfant et aux familles, au nom du groupe des élus socialistes, radicaux, citoyens et apparentés.
Carte scolaire : l’école ne doit pas être une variable d’ajustement
Chaque année, l’Éducation nationale établit la carte scolaire en fonction du nombre d’élèves, afin de répartir les postes d’enseignants.
Dans ce cadre, la direction des services départementaux de l’Éducation nationale de Côte-d’Or a présenté les mesures envisagées pour la rentrée 2026. Malgré un contexte budgétaire contraint et une baisse démographique, le nombre de fermetures prévues à Dijon apparaît particulièrement élevé et risque d’entraîner des difficultés pour les élèves, les équipes pédagogiques et les services municipaux.
Le projet prévoit 16 fermetures de classes et 3 non-pérennisations d’ouvertures, soit 19 fermetures potentielles sur les 69 envisagées dans le département. Parallèlement, il est question de l’ouverture de 7 classes et d’une pérennisation, sur un total de 23 dans l’ensemble de la Côte-d’Or.
L’éducation constitue un pilier fondamental de la République : elle garantit l’égalité des chances et permet à chaque enfant de construire son avenir et de trouver sa place dans la société. Parce qu’elle est un droit, elle doit offrir à tous les élèves des conditions d’apprentissage équitables et les mêmes perspectives de réussite, quels que soient leur origine ou leur environnement. Cette exigence suppose des moyens humains et matériels suffisants, des classes adaptées et un accompagnement attentif de chaque élève.
L’enseignement public, laïque et gratuit est au cœur de cette ambition républicaine. Il assure la neutralité, l’inclusion et l’accessibilité pour tous. Il fait vivre au quotidien les valeurs de la République, dans le respect des différences et dans la construction d’un destin commun.
L’affaiblir, que ce soit par un manque de moyens, des fermetures de classes ou une dégradation des conditions d’enseignement, revient à fragiliser cet équilibre.
C’est pourquoi il est nécessaire d’attirer l’attention de l’Éducation nationale afin de réexaminer ces situations au regard des besoins sociaux du territoire :
- Favoriser l’inclusion scolaire de tous les élèves : certaines écoles concernées disposent de dispositifs spécialisés (ULIS, UPE2A, UEMA). L’accueil et l’inclusion dans les classes ordinaires rendent indispensable le maintien d’effectifs adaptés. Au-delà de ces dispositifs, certains enfants présentent des besoins éducatifs particuliers nécessitant un accompagnement renforcé par des professionnels.
- Garantir la réussite scolaire de tous les élèves : la fermeture de classes entraînera une augmentation du nombre d’élèves par classe, ce qui risque de dégrader les conditions d’apprentissage. Plusieurs écoles concernées accueillent des enfants en difficulté, en situation de grande précarité, des élèves allophones ou issus de structures d’hébergement. De plus, l’indice de position sociale (IPS) de certaines de ces écoles est inférieur à la moyenne dijonnaise, ce qui nécessite une attention accrue dans l’accompagnement des enfants et de leurs familles.
- Assurer la dynamique éducative de tous les quartiers : la Ville de Dijon investit, dans le cadre de son programme « Ambition éducative », 75 millions d’euros sur dix ans pour transformer les écoles et améliorer le cadre de vie des enfants. Or, plusieurs établissements concernés par ces investissements font face à des fermetures potentielles.
L’école ne doit pas être une variable d’ajustement. Au contraire, préserver et renforcer l’école publique, c’est faire le choix de l’égalité, de la cohésion sociale et de l’avenir.
En conséquence, le Conseil municipal de Dijon, réuni le 13 avril 2026, demande à la direction des services départementaux de l’Éducation nationale de Côte-d’Or de revoir les mesures envisagées.
