Réunis ce jeudi 16 avril 2026 pour le conseil métropolitain d’installation, les élus de Dijon Métropole ont sans surprise reconduit François Rebsamen à la présidence de l’exécutif. Une réélection attendue, presque naturelle, tant l’ancien ministre incarne depuis plus de deux décennies la construction et l’affirmation de l’intercommunalité dijonnaise. Mais au-delà de cette continuité politique, c’est un discours dense, structuré et ambitieux qu’il a livré, dessinant les contours d’un mandat à la croisée des enjeux sociaux, écologiques et territoriaux.
Une légitimité renforcée et un appel à l’unité
Dès l’ouverture de son allocution, François Rebsamen a tenu à remercier les élus pour leur confiance renouvelée, évoquant à la fois « une profonde fierté » et « un immense plaisir » à poursuivre cette mission. Plus qu’un simple propos protocolaire, cette entrée en matière traduit une volonté de s’inscrire dans la continuité d’un engagement ancien, remontant à 2001, date à laquelle il prenait déjà la tête d’une intercommunalité encore en construction.
Dans un contexte politique parfois fragmenté, le président a insisté sur la nécessité du rassemblement. Il a rappelé que la force de Dijon Métropole repose sur la qualité des relations humaines entre élus, sur une culture du dialogue et sur une solidarité intercommunale qu’il considère comme exemplaire. Une manière de poser d’emblée le cadre : celui d’une gouvernance collective, au-delà des clivages partisans.
Une assemblée renouvelée et une avancée vers la parité
Le conseil métropolitain qui s’installe est profondément renouvelé, avec près de 40 % de nouveaux membres. François Rebsamen a salué l’arrivée de ces élus, tout en mettant en avant un progrès notable : la féminisation accrue des fonctions de maire au sein de la métropole.
Avec 39 % de femmes à la tête des communes membres, Dijon Métropole se distingue dans un paysage national où les femmes restent largement sous-représentées (22,8 % des maires en France). Pour le président, cette évolution est encourageante mais encore insuffisante. Il a rappelé que l’égalité réelle nécessite un travail de fond, visant à déconstruire les stéréotypes et à lever les obstacles qui freinent l’engagement des femmes en politique.
Il a également souligné l’importance du statut de l’élu local, récemment renforcé, comme levier concret pour faciliter cet engagement.
Cinquante ans d’histoire intercommunale : un héritage à faire fructifier
L’année 2026 marque un anniversaire symbolique : les 50 ans de l’intercommunalité dijonnaise. François Rebsamen a longuement évoqué cette trajectoire, rappelant les débuts modestes du district de 1976, composé de seulement cinq communes.
En un demi-siècle, cette structure s’est transformée en une métropole de 23 communes et 265 000 habitants, fruit d’une vision politique portée par des élus pionniers. Cet héritage, le président l’assume pleinement, tout en appelant à poursuivre cette dynamique de construction collective.
Il a également annoncé des événements commémoratifs, invitant les élus à inscrire dès à présent ces célébrations dans leurs agendas, signe que cette mémoire collective est appelée à nourrir les projets futurs.
Une « métropole d’équilibres » : identité et modèle de développement
Au cœur de son discours, François Rebsamen a développé sa vision de Dijon Métropole comme une « métropole d’équilibres ». Une formule qu’il a détaillée en oppositions complémentaires : urbaine et rurale, dense mais à taille humaine, dynamique et agréable à vivre, ambitieuse tout en restant pragmatique.
Cette identité repose sur une idée forte : l’intercommunalité comme espace de dépassement. Dépassement des frontières administratives, mais aussi des clivages politiques. Selon lui, c’est précisément cette capacité à fédérer qui fait la singularité et la force de l’échelon métropolitain dans l’organisation territoriale française.
Une orientation politique assumée : sociale-écologie et attractivité
François Rebsamen a ensuite posé les bases idéologiques de son action, définissant le projet métropolitain comme celui d’une « gauche européenne ouverte aux progressistes ». Cette ligne politique repose sur un socle clair : sociale-écologie, solidarité, économie mixte et attractivité.
Concrètement, cela se traduit par une série d’objectifs structurants :
- développer le logement et améliorer les conditions de vie,
- garantir la qualité de l’air et de l’alimentation,
- renforcer l’indépendance énergétique,
- soutenir les services publics,
- et favoriser l’implantation d’entreprises.
Le président a également évoqué la possibilité d’un élargissement du périmètre métropolitain, en engageant une réflexion avec les territoires voisins. Une perspective qui témoigne d’une ambition territoriale élargie.
Mobilités : un tournant stratégique pour 2035
La question des mobilités constitue l’un des axes majeurs du mandat. François Rebsamen a confirmé le lancement d’un projet structurant : la création d’une troisième ligne de tramway, en réponse à la saturation progressive du réseau actuel.
L’objectif est d’anticiper les besoins à l’horizon 2035, tout en accompagnant une évolution des comportements vers des modes de transport plus durables. Il a toutefois tenu à préciser que cette transition ne devait pas se traduire par une opposition idéologique à la voiture, mais par la mise en place d’alternatives crédibles et efficaces.
Dans une vision plus large, il a présenté le projet de Service express régional métropolitain (SERM), destiné à structurer les déplacements à l’échelle d’un bassin de vie de plus de 400 000 habitants. À cela s’ajoute la volonté de rétablir certaines liaisons ferroviaires stratégiques, notamment vers Roissy, Lille et Bruxelles.
Transition énergétique : consolider un modèle déjà avancé
Sur le plan écologique, François Rebsamen a mis en avant les avancées déjà réalisées en matière d’énergies renouvelables. Dijon Métropole dispose aujourd’hui d’un écosystème énergétique diversifié, incluant solaire, méthanisation et valorisation des déchets.
Mais pour le président, ces acquis doivent être amplifiés. Il a appelé à accélérer le développement des installations solaires et à renforcer les outils existants, notamment la société d’économie mixte dédiée à l’énergie. L’enjeu est à la fois environnemental et social, notamment en matière de pouvoir d’achat.
Une ambition forte pour l’alimentation durable
La transition alimentaire a également occupé une place importante dans le discours. François Rebsamen a insisté sur la nécessité de construire un système alimentaire durable, conciliant rémunération des producteurs, accessibilité pour les consommateurs et respect de l’environnement.
Dijon Métropole entend jouer un rôle de pionnier dans ce domaine, notamment à travers des initiatives concrètes comme la légumerie métropolitaine. L’accueil prochain d’événements nationaux sur l’agroécologie vient confirmer cette ambition.
Logement : une priorité sociale et politique
La crise du logement a été présentée comme un enjeu majeur du mandat. François Rebsamen a dressé un constat préoccupant : une demande en forte hausse, des difficultés d’accès pour de nombreux ménages et un déséquilibre structurel du marché.
Face à cette situation, il a réaffirmé la nécessité de construire davantage, assumant pleinement son positionnement de « maire bâtisseur ». Pour lui, construire n’est pas un choix idéologique mais une réponse indispensable aux évolutions démographiques et sociales.
Il a également insisté sur l’importance du logement social et des dispositifs permettant l’accession à la propriété, dans une logique de parcours résidentiel complet.
Attractivité, démographie et identité territoriale
Dijon Métropole bénéficie d’une dynamique démographique positive, signe de son attractivité. François Rebsamen a souligné que cette croissance repose sur un équilibre entre plusieurs facteurs : offre de formation, dynamisme économique, qualité des services publics et cadre de vie.
Il a également mis en avant l’identité gastronomique et viticole du territoire, évoquant notamment l’objectif d’obtenir la dénomination « Bourgogne Dijon », symbole fort de la renaissance du vignoble local.
Des moyens solides pour agir
Le président a tenu à rassurer sur les capacités d’action de la métropole. Il a salué l’engagement des agents publics et mis en avant la solidité financière de l’institution, capable de maintenir un haut niveau d’investissement.
Il a également évoqué la nécessité de former les élus, notamment les nouveaux, aux spécificités de la gestion intercommunale, afin de garantir une gouvernance efficace.
Une conclusion tournée vers l’avenir
En conclusion, François Rebsamen a replacé l’action métropolitaine dans un contexte global marqué par les incertitudes. Face à ces défis, il a appelé à l’unité et à la solidarité, affirmant que ces valeurs sont indispensables pour construire l’avenir.
Ce discours d’installation apparaît ainsi comme un véritable texte fondateur pour le mandat à venir : à la fois bilan, projection et déclaration d’intention, il fixe un cap clair pour une métropole qui entend conjuguer développement, justice sociale et transition écologique.
Dijon le 16 avril 2026 :
ALLOCUTION DE FRANÇOIS REBSAMEN, PRÉSIDENT DE DIJON MÉTROPOLE, ANCIEN MINISTRE
Mesdames, Messieurs les maires,
Mesdames, Messieurs les élus métropolitains, chers collègues,
Je vous remercie pour la confiance que vous me témoignez une nouvelle fois. Conduire cet exécutif métropolitain est tout à la fois une profonde fierté et un immense plaisir. J’entends continuer à exercer la responsabilité comme je l’ai toujours fait : animé par la force de conviction et la volonté de rassembler qui me guidaient déjà lorsqu’en 2001, j’ai pris la présidence de cette belle intercommunalité encore en devenir.
J’adresse mes chaleureuses mes félicitations aux 23 maires nouvellement élus – vous êtes 11 – ou réélus à l’issue de ce scrutin municipal.
Chers nouveaux maires, chers nouveaux élus, à vous tous qui rejoignez aujourd’hui notre Conseil métropolitain : soyez les bienvenus. Vous en ferez bien vite le constat : si notre Dijon métropole est « petite » par le nombre de ses habitants, elle est grande par la qualité de ses relations humaines et intercommunales. L’esprit de cohésion, la solidarité et la convivialité qui animent notre assemblée et son équipe de maires sont des atouts considérables que bien des métropoles peuvent nous envier, et que nous devrons cultiver, – y compris au prix de la convivialité, vous verrez qu’elle ne manque pas.
C’est une assemblée renouvelée à près de 40 % qui s’installe aujourd’hui. Parmi les corollaires de ce renouvellement, je souhaite souligner un progrès qui est aussi source de fierté : avec désormais 9 maires sur 23 s’accordant au féminin – soit 39 % – notre métropole avance significativement sur le chemin de l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux. En tout cas plus vite que l’ensemble du pays. Puisque je rappelle qu’à l’issue des élections municipales tout juste achevées, les femmes demeurent largement sous-représentées parmi les maires de France : en l’occurrence 22,8 %. Le défi de l’égal accès aux fonctions électives doit continuer de nous mobiliser. C’est un travail de longue haleine, qui implique d’agir sur des représentations profondément ancrées et de combattre les stéréotypes qui – encore trop souvent – étouffent les aspirations des jeunes filles et des femmes, les bridant dans la poursuite de leurs ambitions.
Pour lever certains des freins les plus concrets et encourager les femmes, à s’engager sur la noble voie de la politique locale, je compte sur les effets de la récente loi portant création d’un statut de l’élu local, que j’avais défendue avec beaucoup de détermination en tant que ministre. Quasi 50% exécutif paritaire. C’est cela la nouvelle métropole !
Mesdames, Messieurs, ce nouveau mandat s’ouvre dans une année particulière, une année symbolique : celle du 50ème anniversaire de l’engagement sur la voie d’un avenir intercommunal partagé. En 1976, le district de l’agglomération dijonnaise regroupait 5 communes : Ahuy, Chenôve, Dijon, Plombières-lès-Dijon et Saint-Apollinaire. Cette construction intercommunale, nous la devons à des élus visionnaires, Roland Carraz et Jean Royer, Maurice Lombard auxquels je rends ici une nouvelle fois hommage. Le district des débuts s’est mué en communauté d’agglomération puis en communauté urbaine, avant de devenir la métropole forte et ambitieuse dans laquelle nous vivons aujourd’hui, forte de ses 23 communes et de ses 265 000 habitants. Je vous invite, d’ores et déjà à noter dans vos agendas la journée métropolitaine des vendredi 4 septembre et samedi 5 septembre (matin) prochain, qui sera placée sous le signe de ce 50ème anniversaire.
Ensemble, nous préparons l’avenir de notre belle métropole. Une métropole d’équilibres, comme j’aime à dire : tout à la fois urbaine et rurale ; peu dense et à taille humaine ; diversifiée et portée par un remarquable esprit de cohésion ; dynamique et douce à vivre ; audacieuse et pragmatique ; ancrée dans la réalité de la vie quotidienne et locomotive de grands projets ; fière de son histoire et tournée vers l’avenir. Densité : 1 050 h / km2, 240 km2.
Riche des bénéfices mutuels qu’elle emporte, des complémentarités qu’elle développe, des synergies qu’elle impulse et des solidarités qu’elle nourrit, notre communauté de destin s’affirme avec toujours plus d’évidence comme l’échelon du dépassement. Dépassement des limites géographiques, comme des sensibilités et des clivages politiques et partisans. C’est bien là que réside, je le crois, la singularité qui fait la force de l’échelon intercommunal dans le paysage territorial français. Que l’on se nomme communauté de communes, communauté d’agglomération, communauté urbaine ou métropole, l’intercommunalité est toujours une promesse de solidarité territoriale, d’infrastructures qu’elle seule peut porter au nom de l’intérêt général, c’est le pilier d’une République qui puise sa force dans une action publique décentralisée.
Le temps d’une allocution ne saurait suffire à embrasser l’ensemble des enjeux qui font la richesse et la pertinence de l’action publique métropolitaine. J’aimerais néanmoins évoquer, à l’occasion de ce conseil d’installation, un certain nombre de projets qui mobiliseront notre attention pour le mandat qui s’ouvre.
D’abord un projet …, le projet politique que porte notre métropole je le définis comme celui d’une gauche européenne ouverte aux progressistes, basé sur la sociale-écologie, la solidarité, l’économie mixte et l’attractivité. On y retrouve pêle-mêle la nécessité de continuer à construire et à réhabiliter des logements, de se préoccuper de la santé de tous à travers par exemple la qualité de l’air, la qualité de l’alimentation ; à développer une indépendance énergétique la plus large possible, la production d’énergie renouvelable pour alimenter un réseau de chaleur favorable au pouvoir d’achat des locataires ; le développement des mobilités du quotidien pour lutter contre le dérèglement climatique, d’encourager l’implantation d’entreprises privées, de services publics, qu’ils soient en régie ou en délégation, assurant qualité de l’eau et traitement des déchets de 500 000 personnes ; de garantir la solidarité entre les 23 communes de la métropole et enfin de promouvoir l’attractivité de notre territoire, principal pôle de développement de notre département et de notre région.
Ce projet sera au cours de ce mandat présenté aux communes et com.com limitrophes pour les inviter à réfléchir avec nous à d’éventuels élargissements.
Vous le savez toutes et tous, les derniers mois furent marqués par les prémices de la création d’une 3ème ligne de tramway. Ce projet, conjugué à l’adaptation du réseau de bus, fera bien entendu partie des grands chantiers du mandat car nous devons nous projeter à l’horizon 2035, 2035 c’est demain ! Il nous permettra d’apporter une réponse adaptée à la fréquentation croissante – pour ne pas dire la quasi saturation aux heures de pointe malgré CAPATRAM – de nos deux lignes actuelles. Cette augmentation continue de l’usage du tramway est le signal d’habitudes qui évoluent au profit des modes de déplacement décarbonés. Il faut s’en réjouir et accompagner le mouvement. J’ai le souhait que ce projet, nous le portions tous ensemble, pas seulement les élus des communes traversées par l’infrastructure elle-même, mais parce que tous, nous sommes concernés par la qualité de notre réseau de mobilité reconnu comme l’un des tous meilleurs de France, que nous devons toujours faire progresser.
Si la lutte contre l’autosolisme est une priorité, je précise qu’en aucun cas, il ne s’agit d’ignorer les réalités et les besoins en menant une guerre dogmatique contre la voiture ou en stigmatisant les automobilistes. Toutefois, nous devons continuer à développer partout où cela est possible les alternatives efficaces et convaincantes à l’usage individuel de la voiture. C’est tout à la fois une nécessité environnementale, un enjeu de pouvoir d’achat – l’actualité marquée par la flambée des prix du pétrole nous en apporte une nouvelle fois la preuve –, une condition de la qualité de vie de nos habitants, et un important levier d’attractivité et de développement économique.
Sur cette question stratégique des mobilités du quotidien – comme sur bien d’autres sujets –, notre métropole doit demeurer ouverte sur son environnement et voir au-delà de ses limites géographiques. En l’occurrence, c’est tout un bassin de vie, une aire urbaine de plus de 400 000 habitants qu’il convient de prendre en compte. C’est pourquoi nous travaillons avec la Région et l’Etat pour créer un Service express régional métropolitain. Le projet de SERM du Dijonnais est – si je puis dire – sur les rails. Il concerne potentiellement 17 EPCI, autour de Dijon métropole, soit une coopération inédite à cette échelle. Cet ambitieux projet du SERM changera, à n’en pas douter, le visage de la mobilité au sein de notre aire d’attraction et contribuera à rapprocher encore davantage le rural et l’urbain. C’est une absolue nécessité si l’on veut un développement harmonieux de notre département.
A cet instant, je vous indique que la métropole ne se soucie pas seulement de la modernisation de l’étoile ferroviaire de Dijon. J’entends aussi poursuivre nos efforts pour rétablir la liaison TGV avec Roissy pour permettre une meilleure connexion de notre région avec un aéroport international ainsi qu’avec Lilles et Bruxelles.
C’est notre « bataille du rail » et je sais pouvoir compter sur le soutien du Président du Conseil régional comme sur celui des acteurs économiques et des habitants de la métropole.
La transition écologique et la décarbonation, – que notre volontarisme en matière de mobilités durables sert sans conteste – ne serait rien sans notre haute ambition sur le volet de la transition énergétique. Aujourd’hui, grâce à des choix audacieux, notre métropole – qui accueillera en juin les 27èmes Assises européennes de la transition énergétique – est dotée d’un solide écosystème de production d’énergies renouvelables. Je pense à nos centrales solaires, à l’usine de méthanisation, ou encore à l’unité de valorisation énergétique qui nous permet d’injecter dans notre réseau de chaleur urbain l’énergie générée par la combustion des déchets. L’UVE par exemple apporte 35% de la chaleur utilisée par les réseaux. Cet écosystème, il nous faut le développer encore davantage, notamment en accélérant sur la voie de la solarisation. Le mandat achevé fut marqué par le déploiement du projet européen Response et la création de la Société d’économie mixte énergies, vouée à favoriser l’émergence de projets énergétiques. Continuons en ce sens, réaffirmons sans relâche Dijon métropole comme une force tout à la fois motrice et facilitatrice de la décarbonation et de la transition énergétique.
En parallèle de la transition énergétique, il y a bien sûr la transition alimentaire, elle aussi au carrefour des différents enjeux environnementaux, sociaux et économiques de notre temps. Nous la menons en fédérant les acteurs locaux – publics comme privés – autour d’une ambition claire : parvenir à un système alimentaire durable qui bénéficie à chacun. Au producteur, qui doit être justement rétribué ; au consommateur qui, quelles que soient ses ressources et sa situation, doit pouvoir avoir accès à une alimentation saine et de qualité ; et à la planète dont la biodiversité, le climat et les ressources doivent être préservés. À Dijon métropole, l’alimentation fait partie intégrante de notre identité. Une identité qui s’accompagne d’une responsabilité : conduire la transition alimentaire qui s’impose avec la plus haute exigence. Nous avons déjà bien avancé – je pense par exemple à la légumerie métropolitaine qui a vu le jour lors du précédent mandat – mais beaucoup reste à faire pour accélérer la transition. En tant que métropole hôte, en septembre prochain, des 3èmes Assises territoriales de l’agroécologie et de l’alimentation, Dijon, à n’en pas douter, continuera de s’affirmer comme un territoire précurseur de l’alimentation durable.
Chers élus métropolitains, vous oeuvrez au service d’une métropole qui a la question de l’accès à un logement décent chevillée au corps. Habiter dans un logement décent, adapté à ses besoins, ce n’est rien de moins qu’un droit fondamental. Je salue à cet instant la mémoire de Louis Besson qui s’est éteint le 2 avril dernier à l’âge de 88 ans. Ardent défenseur du logement social, artisan de la loi du 31 mai 1990 qui consacre le droit au logement, puis avec Jean-Claude Gayssot de la loi du 13 décembre 2000, dite « SRU », Louis Besson nous laisse un héritage politique majeur et le souvenir d’une figure morale inspirante et humaniste, mue par la plus noble des conceptions de l’engagement politique.
C’est pleinement conscient de la gravité du contexte et de la crise que nous traversons, que je réitère cette conviction : la promesse républicaine ne peut être tenue qu’à condition de garantir à chacun un toit digne. Comment ne pas s’émouvoir du fait que 2 jeunes Français sur 3 ont déjà dû renoncer à des études, à un emploi, à une installation en centre-ville, à s’émanciper du foyer familial ou à fonder une famille faute d’un logement adapté. [« Le marché immobilier français est devenu le contraceptif le plus efficace du pays » : telle est la formule – quelque peu provocatrice, je vous l’accorde, mais non moins juste – que nous pouvions lire dans les colonnes du journal Les Échos en février.]
Alors que l’accès à un logement décent est la première des dignités, un socle qui conditionne la possibilité de se projeter professionnellement et personnellement vers l’avenir, le déséquilibre entre l’offre et la demande suspend les trajectoires de vie. Cette crise du logement fragilise encore davantage les ménages les plus modestes, en même temps qu’elle mine notre cohésion sociale et altère la confiance en l’avenir.
Dijon métropole n’est hélas pas épargnée. Pour 11 796 demandes de logement social en cours – soit une augmentation de 25 % par rapport à 2021 – 2 532 logements ont été attribués en 2025, soit 1 attribution pour 4,6 demandes. On ne peut décemment pas se résoudre à accepter une telle situation.
Aujourd’hui, avec 28 856 logements inscrits à l’inventaire SRU, Dijon métropole affiche un taux SRU de 22,7 %. Mais le développement de notre parc de logement social, c’est bien plus qu’une simple question de seuil réglementaire. C’est avant tout l’humanité et la dignité que nous devons à toutes celles et tous ceux qui, économiquement et socialement fragilisés, ont le plus de mal à trouver un logement décent et adapté : étudiants, actifs, demandeurs d’emploi, retraités, familles – pour beaucoup monoparentales. Ce sont nos enfants, nos parents, nos amis, nos voisins, nos collègues…
[Et parce qu’une politique sociale du logement à la hauteur des enjeux doit envisager le parcours résidentiel dans son ensemble, nous allons continuer le travail engagé pour développer le Bail réel solidaire à Dijon métropole. En novembre dernier, notre Établissement public foncier local a obtenu l’agrément permettant d’exercer l’activité d’Organisme foncier solidaire. Voilà une avancée structurante :
chaque ménage doit pouvoir, le moment venu, se lancer dans un achat et vivre dans un logement qui lui appartient.]
Cette action visant à relever le défi de l’accès au logement pour toutes et tous n’est rien sans une politique d’urbanisme tournée vers la construction. S’il y a bien un combat que je n’ai eu de cesse de mener ces 25 dernières années – je ne vous l’apprends pas –, c’est celui-ci. Un combat qui m’a valu l’étiquette de « maire bâtisseur ». Ce qualificatif, je n’ai jamais eu peur de le revendiquer. Certains – sans doute par facilité, mauvaise foi ou ignorance des réalités sociales et écologiques – aiment à dire « maire bétonneur ». Mais sous-estimer voire dénigrer l’acte de construire, c’est méconnaître les besoins et les enjeux du présent. La construction est rendue nécessaire avant tout par l’évolution des modes de vie et des structures familiales – le desserrement des foyers – et dans une moindre mesure, par notre croissance démographique locale, de l’ordre de 0,5 % par an soit environ 1 300 h / an.
Cette dynamique démographique est à ce propos une excellente nouvelle à l’heure où, à l’échelle nationale, la courbe de la natalité croise celle de la mortalité. Elle est l’expression de notre capacité à attirer. Une attractivité que les résultats issus du baromètre Arthur Loyd confirment année après année puisque nous nous maintenons sur le podium – en l’occurrence à la deuxième place – des métropoles françaises de taille intermédiaire les plus attractives. Nous devons consolider ce cercle vertueux parce que l’attractivité d’un territoire repose sur un ensemble de facteurs qui s’entretiennent mutuellement : une population en augmentation, une offre large de formations, des activités économiques diversifiées, des équipements et services adaptés, une offre de soins de qualité, un tourisme dynamique et raisonné. Voilà ce qu’est, au fond, un territoire où il fait bon vivre et se projeter. Voilà ce que les décisions prises au sein de cette assemblée continueront de servir.
J’ajouterai que cette attractivité repose également sur la force de notre identité gastronomique et vitivinicole. Le passé vitivinicole avec lequel nous avons su renouer ces dernières années est une richesse que nous devons sans relâche cultiver. Le mandat qui s’amorce devrait d’ailleurs être celui de l’obtention de la dénomination géographique complémentaire « Bourgogne Dijon ». Outre l’immense fierté, il s’agira d’une étape clé dans la renaissance du vignoble métropolitain.
Cher élus métropolitains, tous ces défis colossaux que je viens d’énoncer, nous avons les moyens de les relever :
Déjà parce que nous pouvons compter sur l’engagement indéfectible et l’expertise fine des agents de notre intercommunalité – et de nos délégataires – qui, quotidiennement, font fonctionner nos services publics métropolitains. Ils concrétisent les projets votés au sein de notre assemblée et portent les valeurs de notre République. Qu’ils en soient aussi sincèrement que chaleureusement remerciés.
La question des moyens est aussi celle, bien sûr, des finances. Vous le savez comme moi, les finances, pour toutes les collectivités, pour tous les EPCI, constituent en quelque sorte le nerf de la guerre. Le fait est que notre métropole jouit d’une excellente santé financière. Année après année, nous parvenons à construire des budgets solides tout en maintenant de très hauts niveaux d’investissement. La construction du budget métropolitain est un exercice particulier, qui fait partie des singularités de l’échelon intercommunal. C’est pourquoi des temps de formation vous seront proposés, à vous nouveaux élus, mais aussi à tous les élus qui souhaiteraient rafraîchir leurs connaissances.
Mesdames, Messieurs, dans un monde pour le moins troublé, où les interdépendances s’imposent à nous, où l’union n’est ni un luxe, ni une option, nos habitants peuvent compter sur une métropole dijonnaise qui mise avec conviction sur la solidarité et l’audace pour relever les défis du présent et du futur. Aujourd’hui, nous ouvrons un nouveau chapitre de la métropole dijonnaise et poursuivons cette belle histoire commune.
Je vous remercie.
