Le cinéma Cinéma Eldorado accueillera ce samedi à 16h15 une projection suivie d’un débat autour de la situation politique en Kanaky–Nouvelle-Calédonie. L’événement réunira trois militant·es kanak·es récemment libéré·es et déporté·es en France.
Au programme, le film « Un caillou dans la chaussure » du réalisateur Mehdi Lallaoui, qui aborde les luttes et les réalités du peuple kanak. La projection sera suivie d’un échange avec Brenda Wanabo Ipeze, membre du Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste, ainsi que Yewa Waethane et Steve Üne, tous deux engagés au sein de l’Union Calédonienne.
Une situation politique toujours sous tension
Inscrite depuis 1986 sur la liste des territoires non autonomes à décoloniser de l’Organisation des Nations unies, la Kanaky–Nouvelle-Calédonie reste au cœur de tensions politiques persistantes. Le troisième référendum organisé en 2021 par l’État français est contesté par les indépendantistes, qui en rejettent la légitimité, un point également soulevé dans les débats internationaux.
En juillet 2025, le projet d’accord dit « de Bougival » a ravivé les critiques. Négocié sans la participation de représentants kanaks indépendantistes, il est dénoncé comme contraire aux engagements historiques issus des accords de Matignon (1988) et de Nouméa (1998).
Répression et exil forcé
Les intervenants reviendront également sur les événements de 2024, marqués par une révolte liée au projet de réforme du corps électoral porté par le président Emmanuel Macron. La répression qui a suivi a conduit à l’arrestation et au transfert de plusieurs militant·es vers la France métropolitaine, à plus de 17 000 kilomètres de leur territoire.
Parmi eux, Brenda Wanabo Ipeze, incarcérée en juin 2024 à la maison d’arrêt de Dijon après plusieurs jours de garde à vue, avant d’être transférée de manière immédiate. Les familles des jeunes Kanaks tués lors des affrontements attendent toujours des réponses judiciaires, tandis que la situation sociale sur l’archipel continue de se dégrader.
Les organisateurs invitent le public à venir nombreux pour s’informer, échanger et témoigner de leur solidarité avec le peuple kanak et les militant·es concernés. Cet événement se veut à la fois un moment de sensibilisation et un espace de débat sur les enjeux de décolonisation, de justice et de droits humains.
