Le 10 avril 2026 au soir, une publication Facebook d’Emmanuel Bichot, président d’Agir pour Dijon, a suscité une vive réaction en ligne. Partagée plus de 650 fois et commentée à plus de 400 reprises, elle évoquait l’agression d’une habitante du quartier Jouvence, survenue la veille en début d’après-midi. Un fait divers qui, au-delà de l’émotion, met en lumière une recrudescence des vols à l’arraché dans la capitale bourguignonne.
Dans son message, l’élu rapportait les faits en ces termes : « Une Dijonnaise a été agressée ici-même dans le quartier Jouvence, hier jeudi vers 14h, par un individu relativement jeune, tout de noir vêtu, portant une casquette. Cet agresseur lui a soudainement arraché deux chaînes en or qu’elle portait autour du cou, la projetant ensuite face contre terre sur la chaussée avec de nombreuses contusions. Je lui ai témoigné tout mon soutien, avec mes meilleurs vœux de rétablissement. La police est rapidement arrivée sur place et s’est montrée très attentionnée pour la victime. Je m’associe aux remerciements qu’elle a pu leur adresser. Nous assistons actuellement à une recrudescence de vols à l’arraché à Dijon : un monsieur agressé pour une chaîne en or dans le secteur Arquebuse hier, un autre tout récemment pour une montre de valeur. En conclusion, et c’est le message qu’elle m’a demandé de porter, soyez prudents, ne portez pas de bijoux en or ou d’objets de valeur en évidence sur vous, en espérant que les auteurs soient rapidement confondus. »
Le témoignage de la victime
Contactée par Dijon Actualités, la victime, âgée de 65 ans, a accepté de revenir en détail sur l’agression qu’elle a subie le jeudi 9 avril 2026. Son récit, précis et marqué par l’émotion, permet de mieux comprendre la violence de la scène. « Je marchais dans la rue de Jouvence avec une amie. On venait de traverser la rue Petitot, je ne sais pas si vous connaissez, qui est en face de l’église. Et le gars, si vous voulez, moi je tenais mon sac à droite et puis tout, et il m’a frôlée en passant. J’ai eu une prémonition parce qu’il faisait semblant d’être au téléphone. Mais c’était trop tard : il s’est retourné d’une force, il m’a tiré mes deux chaînes, il m’a poussée, il m’a fait tomber par terre, je suis retombée à plat ventre. »
La chute est brutale. Les blessures sont immédiates : « J’avais mes lunettes sur le nez, donc j’ai eu le nez abîmé, la bouche… la lèvre au-dessus s’est abîmée. Puis à l’intérieur aussi, j’ai eu un hématome dessus et à l’intérieur de la bouche. Et puis j’avais des bleus partout. »
Au sol, choquée, elle est secourue par des passants : des personnes présentes dans la rue accourent pour l’aider à se relever. Dans les instants qui suivent, la confusion domine. « J’ai eu peur pour mon sac », confie-t-elle. Interrogée sur ce point, elle précise : « Oui, mais je ne savais pas, moi, qu’il en avait en fait après mes bijoux. »
Des objets à forte valeur sentimentale
Au-delà du préjudice physique, la victime insiste sur la dimension affective des bijoux volés : « C’était deux chaînes en or. Alors je vous dis, il y en a une, c’était ma médaille, ma chaîne de communion. Je l’ai eue quand j’avais 13 ans. Et le petit diamant, mon papa me l’avait acheté quand je suis née et il me l’a donné pour mes 30 ans. Donc c’est vrai que ce sont des choses sentimentales. »
Encore profondément marquée, elle se dit aujourd’hui « tétanisée » et explique vivre désormais avec une appréhension constante lors de ses déplacements. Une incapacité temporaire de travail (ITT) de sept jours lui a été prescrite. Elle a déposé plainte le jour même.
Un appel à la vigilance
Depuis cette agression, son rapport aux objets de valeur a radicalement changé : « Maintenant, je ne veux plus mettre mes bijoux. J’ai encore une chaîne en or de mon papa, mais c’est fini, je ne veux pas la remettre. Et les femmes, quand je les vois en décolleté… elles ont toutes des bijoux. Je dis : mais ce n’est pas possible. Il faut vraiment qu’elles fassent attention. »
Un message de prudence qui rejoint celui relayé par l’élu local et qui trouve un écho dans les données nationales. Les vols à l’arraché de bijoux connaissent en effet une hausse ces derniers mois. Selon le ministère de l’Intérieur, 49 300 agressions de ce type ont été recensées en 2025, soit environ 1 000 de plus qu’en 2024. Cette augmentation est en partie liée à la flambée du prix de l’or. Au 22 avril 2026, le gramme atteignait 130,23 euros à 4h23, renforçant l’attrait de ces objets pour les délinquants.
Dans ce contexte, l’agression survenue à Dijon illustre une tendance plus large et rappelle la nécessité d’une vigilance accrue dans l’espace public. Comme l’a également relayé Emmanuel Bichot dans sa publication largement partagée, ce type de faits n’est malheureusement pas isolé : il ne s’agit ni d’un premier cas, ni sans doute du dernier. Face à cette réalité, la prudence reste de mise pour chacun, en particulier concernant le port d’objets de valeur visibles, afin de limiter les risques dans un contexte où ces actes tendent à se multiplier.
