Ce jeudi 23 avril en début de soirée, environ 150 personnes ont défilé dans les rues de Dijon pour dénoncer la hausse du coût de la vie et réclamer des mesures d’urgence en faveur du pouvoir d’achat. À l’appel de plusieurs organisations syndicales, dont l’Union départementale de la CGT de Côte-d’Or, Solidaires 21 et la FSU, ainsi que de l’association ATTAC 21, les manifestants se sont rassemblés à 18 heures place Darcy avant de parcourir le centre-ville.
Le cortège, parti peu après le rassemblement initial, a emprunté plusieurs axes emblématiques du centre dijonnais. Les participants ont ainsi traversé la rue de la Liberté, poursuivi par la rue des Godrans, avant de rejoindre la rue Quentin en passant par la rue Bannelier. Ils ont ensuite remonté la rue Musette pour atteindre la place du Théâtre, point d’arrivée de la manifestation. Dans une ambiance déterminée mais sans incident notable, les manifestants ont fait entendre leurs revendications à travers slogans, pancartes et prises de parole.
Une mobilisation ancrée dans un contexte social tendu
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte marqué par une inflation persistante et une hausse notable des prix de l’énergie, en particulier des carburants. Les organisations syndicales dénoncent une dégradation continue du pouvoir d’achat, qui affecte à la fois les salariés, les retraités et plus largement l’ensemble de la population.
Dans un communiqué publié quelques jours avant la manifestation, la CGT de Côte-d’Or appelait à « vivre de son travail » et pointait du doigt des politiques jugées insuffisantes face à la flambée des prix. Les syndicats estiment que les dispositifs actuels, notamment les primes ponctuelles non cotisées, ne répondent pas durablement aux difficultés rencontrées par les ménages.
Des revendications centrées sur les salaires et les prix
Au cœur des revendications figure la demande d’augmentations générales de salaires, incluant le Smic, les pensions de retraite et le point d’indice des fonctionnaires. Les organisations appellent également à une indexation automatique des salaires sur l’inflation, afin d’éviter toute perte de pouvoir d’achat, en rétablissant un mécanisme proche de l’ancienne échelle mobile des salaires.
Autre exigence majeure : le blocage des prix des carburants. Les syndicats accusent les grands groupes pétroliers de profiter d’un contexte international instable pour accroître leurs marges. Ils dénoncent une logique spéculative incompatible avec les besoins essentiels de la population, notamment pour les déplacements domicile-travail.

La question de l’égalité professionnelle a également été largement mise en avant. Les manifestants réclament l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, la revalorisation des métiers féminisés et la suppression des temps partiels subis, souvent imposés dans certains secteurs.
Dénonciation de la précarité et des aides aux entreprises
Au-delà des salaires, les organisations syndicales ont insisté sur la nécessité de lutter contre la précarité de l’emploi. Elles dénoncent la multiplication des contrats courts — CDD, intérim, stages — ainsi que la persistance de bas salaires et du chômage.
Les syndicats pointent également le montant des aides publiques versées aux entreprises, estimé à 211 milliards d’euros par an. Ils demandent que ces aides soient conditionnées et réorientées vers le financement des services publics et de la protection sociale, jugeant inacceptable qu’elles soient attribuées sans contrepartie suffisante.
Une mobilisation appelée à se poursuivre
Cette manifestation fait suite à un premier rassemblement organisé le 14 avril devant la préfecture, qui avait réuni une trentaine de participants. Avec une mobilisation plus importante ce jeudi, les organisateurs affichent leur volonté de maintenir la pression sur les pouvoirs publics.
Dans un contexte international tendu, marqué notamment par des conflits ayant des répercussions sur les marchés de l’énergie, les syndicats estiment que la situation exige des réponses politiques rapides et ambitieuses. Ils appellent à une amplification du mouvement pour obtenir des mesures concrètes.
Le message adressé par les organisateurs se veut clair : face à la hausse continue des prix et aux inégalités croissantes, la mobilisation collective reste, selon eux, un levier essentiel pour faire évoluer les politiques économiques et sociales.




















