L’Opéra de Dijon a officiellement lancé sa saison 2026-2027, mercredi 20 mai, lors d’une soirée de présentation organisée dans la grande salle de l’Auditorium. Un rendez-vous très attendu par les amateurs d’art lyrique, de musique classique, de danse et de spectacles vivants. Devant un public venu nombreux, l’institution dijonnaise a dévoilé une programmation ambitieuse, pensée comme un véritable parcours à travers les styles, les époques et les imaginaires.
Cette nouvelle saison a été présentée en présence de plusieurs représentants institutionnels, parmi lesquels Nathalie Koenders, maire de Dijon et première vice-présidente de Dijon métropole, Jérôme Durain, président de la région Bourgogne-Franche-Comté, Jonathan Truillet, directeur régional adjoint des affaires culturelles, ainsi qu’Antonella Zedda, directrice générale et artistique de l’Opéra de Dijon. L’équipe de l’Opéra était également réunie pour accompagner ce moment de lancement, ponctué par la participation du Quatuor Zaïde et du violoniste Raphaël Maillet.
Pour cette saison 2026-2027, l’Opéra de Dijon ne se contente pas d’aligner les grands noms du répertoire. Il propose une programmation pensée comme une traversée artistique complète. Le public pourra y retrouver des opéras majeurs, des concerts symphoniques, des récitals, de la musique de chambre, mais aussi des propositions plus hybrides mêlant danse, cirque, théâtre, jazz, musiques du monde et ciné-concerts. Au total, la saison réunira dix opéras et spectacles lyriques, vingt rendez-vous musicaux, quatre concerts de jazz et de musiques du monde, dix spectacles chorégraphiques ou scéniques, ainsi que deux ciné-concerts. Une manière d’affirmer la volonté de l’Opéra de Dijon de s’adresser à des publics variés, des mélomanes confirmés aux spectateurs curieux de découvertes.
Le lyrique au cœur de la saison
Le répertoire lyrique occupera une place centrale dans cette nouvelle programmation. L’un des premiers grands rendez-vous sera La Cenerentola, de Gioachino Rossini, présentée du 4 au 10 novembre. Cette nouvelle production de l’Opéra de Dijon, réalisée en partenariat avec l’Opéra national du Rhin, revisitera le conte de Cendrillon dans une version éloignée des clichés les plus connus. Ici, pas de citrouille ni de marâtre traditionnelle : l’œuvre de Rossini met davantage l’accent sur les apparences, l’identité et la transformation intérieure.
La direction musicale sera confiée à la jeune cheffe italo-turque Nil Venditti, qui dirigera l’Orchestre Dijon Bourgogne et le Chœur de l’Opéra de Dijon. La mise en scène de Mirabelle Ordinaire puisera dans l’univers de Lewis Carroll pour créer un monde poétique, étrange et merveilleux. La Dijonnaise Marine Chagnon incarnera Angelina, personnage principal de cette œuvre à la fois drôle, brillante et profondément humaine.
Autre moment fort de l’automne, María de Buenos Aires, d’Ástor Piazzolla, sera présentée le 18 novembre. Cette œuvre singulière, composée en 1968, plonge dans l’atmosphère du tango argentin. À travers dix-huit tableaux, elle raconte le destin de María, mais aussi celui de Buenos Aires, ville sensuelle, mystérieuse et musicale. La direction artistique sera assurée par William Sabatier, tandis qu’Amélie Parias signera la mise en espace.
La saison fera aussi une place importante au jeune public avec Carrousel, imaginé par Anna Bernreitner. Les 19 et 20 décembre, ce spectacle prendra la forme d’un “opéra-manège” destiné aux enfants de 4 à 10 ans. Installés dans le foyer, six musiciens de l’École supérieure de musique de Bourgogne-Franche-Comté, deux chanteuses et un acrobate proposeront une découverte ludique de l’univers de Jacques Offenbach. Une manière originale d’ouvrir les portes de l’opéra aux plus jeunes.
En février, l’Opéra de Dijon accueillera Ariane à Naxos, de Richard Strauss. Présentée les 7 et 9 février, cette production de l’Opéra national du Rhin sera dirigée par Joseph Bastian. La mise en scène de Myriam Marzouki déplacera le mythe d’Ariane dans la Grèce des années 1960. L’œuvre mêle le rire et le tragique, la légèreté de la commedia dell’arte et la douleur d’un abandon mythologique. Cette tension entre comédie et drame donne à l’opéra toute sa richesse.
Le 15 mars, la saison prendra un tournant plus contemporain avec The Carmen Case, de Diana Soh, inspiré de l’œuvre de Georges Bizet. Cette relecture ne racontera pas simplement l’histoire de Carmen : elle s’intéressera au jugement de Don José, qui a reconnu avoir tué la jeune femme. Sous la direction musicale de Lucie Leguay, avec l’ensemble Ars Nova, et dans une mise en scène d’Alexandra Lacroix, le spectacle interrogera le regard porté sur Carmen, son destin tragique et la violence qui l’entoure.
Le printemps sera ensuite marqué par Ercole amante, de Francesco Cavalli, présenté du 11 au 14 mai. Cette nouvelle production de l’Opéra de Dijon, en partenariat avec Cappella Mediterranea, réunira musique baroque, danse et cirque. Leonardo García-Alarcón dirigera Cappella Mediterranea, le Chœur de chambre de Namur et le Chœur de l’Opéra de Dijon. La mise en scène et la chorégraphie seront confiées à Raphaëlle Boitel, qui fera dialoguer chanteurs, danseurs et circassiens. Créée en 1662, cette œuvre liée au mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d’Autriche sera aussi l’occasion de célébrer les 350 ans de la mort de Cavalli.
Enfin, le 20 mai, l’Opéra de Dijon proposera une version mise en espace des Indes galantes, de Jean-Philippe Rameau. Sous la direction de Christophe Rousset, l’ensemble Les Talens Lyriques et le Chœur de chambre de Namur feront entendre une sélection de cette œuvre emblématique du répertoire baroque français.
Des concerts prestigieux et des invités de premier plan
La saison musicale s’annonce tout aussi riche. Le 1er décembre, le concert Thrace réunira Jean-Guihen Queyras, Bijan et Keyvan Chemirani ainsi que Sokratis Sinopoulos dans le cadre du festival Nuits d’Orient et d’ailleurs. Ce programme fera dialoguer musiques traditionnelles méditerranéennes, improvisation et recherche contemporaine.
Le 15 décembre, le public retrouvera Beethoven avec un premier récital consacré à ses sonates pour violon. La violoniste Viktoria Mullova et le pianiste Alasdair Beatson, au fortepiano, ouvriront ce cycle imaginé autour du bicentenaire de la mort du compositeur. Deux autres rendez-vous permettront ensuite d’entendre l’intégrale de ces sonates.
À quelques jours de Noël, le concert Lumières, le 22 décembre, réunira l’Orchestre Victor Hugo et le Chœur de l’Opéra de Dijon sous la direction de Jean-François Verdier. Mozart, Poulenc et Fauré seront au programme, avec la soprano Yun Jung Choi.
Le 7 janvier, changement d’ambiance avec Nouvel An à Broadway. L’Orchestre national de France, dirigé par Enrique Mazzola, proposera un programme consacré aux grandes pages de la comédie musicale. Une soirée festive pour ouvrir l’année en musique.
L’Orchestre Dijon Bourgogne sera également mis à l’honneur le 13 février avec Ruptures, sous la direction de Joseph Bastian. Ce concert fera notamment entendre l’ouverture du Loup-garou, opéra-comique de la compositrice Louise Bertin dont l’action se déroule en Bourgogne. Des œuvres de Mendelssohn, Berlioz et Haydn compléteront cette soirée, avec la participation d’Isabelle Druet.
Plusieurs grandes formations nationales feront également étape à Dijon. Le 20 mars, l’Orchestre philharmonique de Radio France sera dirigé par Xian Zhang, avec Hilary Hahn au violon dans un concerto de Beethoven, suivi d’une symphonie de Prokofiev. Le 24 mai, l’Orchestre national du Capitole de Toulouse viendra pour la première fois à Dijon, sous la direction de Tarmo Peltokoski, avec le violoniste Daniel Lozakovich. Enfin, le 3 juin, l’Orchestre philharmonique de Radio France reviendra sous la baguette de Daniel Harding, avec un programme réunissant Schumann, Richard Strauss et Ravel, et la pianiste Beatrice Rana.
La danse entre énergie collective et écritures contemporaines
La danse occupera elle aussi une place importante dans la saison. Le 9 décembre, le Ballet de l’Opéra de Lyon présentera deux œuvres majeures : House, de Sharon Eyal, et Le Sacre du printemps, de Mats Ek. Ces deux pièces feront résonner la puissance du groupe, le vertige du mouvement collectif et l’écho de rituels anciens.
Les 15 et 16 janvier, le Ballet Preljocaj viendra à Dijon avec Soulèvement, une création d’Angelin Preljocaj portée par la musique d’Irène Drésel et les lumières d’Éric Soyer. Conçue pour douze danseurs, cette pièce explorera l’énergie des élans collectifs et des mouvements d’émancipation.
En fin de saison, les 5 et 6 juin, le Ballet national de Marseille et le collectif La Horde présenteront Crossover. Ce programme en trois pièces cherchera à faire dialoguer différentes générations, esthétiques et écritures chorégraphiques. Une proposition fidèle à l’esprit de La Horde, qui aime faire se rencontrer les formes, les langages et les influences.
Avec cette saison 2026-2027, l’Opéra de Dijon affirme une ligne artistique à la fois exigeante et ouverte. Des grands classiques de Rossini, Strauss, Cavalli ou Rameau aux créations contemporaines, des concerts symphoniques aux spectacles chorégraphiques, l’institution dijonnaise entend proposer bien plus qu’une succession de rendez-vous : une saison construite comme une invitation au voyage, à la découverte et à l’émotion.
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