Le Conseil départemental de la Côte-d’Or entend conforter le rôle stratégique de son Laboratoire départemental. À l’occasion de l’inauguration d’une nouvelle installation photovoltaïque et de l’achèvement d’une première phase de travaux dans les locaux du site, François Sauvadet, président du Département, accompagné de Marc Frot, vice-président chargé de l’Agriculture et du Développement durable, a réaffirmé la volonté de la collectivité de préserver, moderniser et pérenniser cet équipement public au service de la santé publique, du monde agricole et de l’environnement.
Créé en 1937, le Laboratoire départemental de la Côte-d’Or s’est progressivement imposé comme un outil de proximité indispensable pour le territoire. Ses missions couvrent plusieurs champs essentiels : la sécurité sanitaire des aliments, la qualité de l’eau, la santé animale, l’accompagnement des professionnels de l’agroalimentaire, ainsi que la surveillance des risques sanitaires pouvant toucher les élevages. Dans un contexte marqué par les crises sanitaires successives, les préoccupations environnementales et les difficultés rencontrées par le monde agricole, le Département souhaite faire de ce laboratoire un pilier durable de son action publique.
François Sauvadet a insisté sur cette dimension stratégique, rappelant que le laboratoire intervient quotidiennement pour garantir un haut niveau de contrôle et de prévention. Là où certaines collectivités ont fait le choix de réduire ou de supprimer leur laboratoire départemental, la Côte-d’Or revendique au contraire une politique de maintien et de renforcement. Pour le président du Département, il s’agit de conserver un outil local capable de répondre rapidement aux besoins des habitants, des agriculteurs, des éleveurs, des collectivités et des services de l’État.
L’activité du laboratoire illustre l’ampleur de ses missions. En 2025, plus de 400 000 analyses ont été réalisées et plus de 80 000 rapports produits. Ces résultats reposent sur le travail de 108 agents, épaulés par 8 apprentis. Le laboratoire dispose également de plus de 200 méthodes d’analyses accréditées Cofrac, réparties sur 13 programmes, ce qui témoigne d’un niveau d’exigence scientifique et technique particulièrement élevé. À travers ces accréditations, l’établissement garantit la fiabilité de ses résultats et sa capacité à intervenir dans des domaines variés et sensibles.
Les analyses liées à l’eau représentent une part majeure de l’activité, avec 282 068 analyses réalisées en 2025. Elles concernent notamment les eaux destinées à la consommation humaine, mais aussi les eaux de loisirs, dans un contexte où la préservation de la ressource et la qualité sanitaire deviennent des enjeux de plus en plus importants. Le laboratoire intervient également dans le domaine vétérinaire, avec 212 019 analyses réalisées, contribuant ainsi à la prévention et au suivi des maladies animales. Dans le secteur alimentaire, il a effectué 8 197 analyses en chimie alimentaire et 55 667 analyses en hygiène alimentaire, au bénéfice des professionnels et des consommateurs.
Pour accompagner cette montée en puissance, le Département a engagé un programme d’investissement conséquent. Une enveloppe de 3,5 millions d’euros a été consacrée à l’extension des locaux dédiés à la chimie des eaux et à la modernisation de plusieurs espaces techniques. Ces travaux doivent permettre de répondre à l’augmentation des demandes d’analyses, mais aussi d’offrir aux équipes des conditions de travail adaptées aux exigences actuelles. L’opération a bénéficié d’un soutien de l’État à hauteur de 1,25 million d’euros, via la Dotation de soutien à l’investissement des Départements.
À ces travaux s’ajoute un effort important en matière d’équipements scientifiques. Entre 2024 et 2026, 1,31 million d’euros sont consacrés au renouvellement et à l’acquisition de matériels technologiques de pointe. L’objectif est clair : maintenir les équipes du laboratoire au meilleur niveau de performance et garantir la qualité des analyses dans un environnement scientifique en constante évolution. Dans les domaines de l’eau, de l’alimentation ou de la santé animale, la rapidité, la précision et la fiabilité des résultats constituent des éléments déterminants pour les décideurs publics comme pour les acteurs économiques.
Le laboratoire occupe aujourd’hui 3 700 m² de locaux, dont 1 700 m² d’espaces analytiques. Cette infrastructure impose cependant des besoins énergétiques importants. Les équipements techniques, les systèmes de ventilation, la climatisation et les chambres froides nécessitent une alimentation électrique continue. À lui seul, le laboratoire représente 25 % de la consommation énergétique de l’ensemble du patrimoine départemental, avec une consommation annuelle estimée à 1,2 million de kWh.
C’est dans ce contexte que le Département a inauguré une centrale photovoltaïque installée sur près de 500 m² de toiture. D’une puissance de 112 kWc, cette installation représente un investissement de 113 000 euros. L’électricité produite sera intégralement autoconsommée par le site et devrait permettre de couvrir environ 10 % des besoins électriques du laboratoire. Pour la collectivité, cette opération répond à un double objectif : réduire l’empreinte carbone du Département et mieux maîtriser les dépenses énergétiques d’un équipement particulièrement consommateur.
Les premiers résultats sont jugés encourageants. Selon le communiqué du Département, les panneaux photovoltaïques ont récemment permis, grâce à des conditions météorologiques favorables, d’alimenter en autoconsommation les chambres froides du laboratoire pendant tout un week-end. Une application permet par ailleurs de suivre en temps réel la production énergétique de l’installation, offrant ainsi un outil de pilotage concret pour mesurer les bénéfices de cette nouvelle centrale.
Au-delà de l’aspect technique, cette installation photovoltaïque traduit une volonté plus large d’inscrire le laboratoire dans une trajectoire de transition énergétique. Pour le Département, l’enjeu n’est pas seulement de moderniser un outil scientifique, mais aussi d’adapter son fonctionnement aux contraintes économiques et environnementales actuelles. Dans un contexte de hausse durable des coûts de l’énergie, l’autoconsommation apparaît comme un levier de maîtrise budgétaire autant que comme un engagement écologique.
Le Laboratoire départemental demeure également un partenaire de confiance pour les acteurs du territoire. Ses interventions concernent aussi bien les collectivités que les agriculteurs, les éleveurs, les professionnels de l’agroalimentaire ou encore les services de l’État. Le Département indique vouloir poursuivre le travail avec ses partenaires, notamment l’Agence régionale de santé, les autres collectivités et les territoires, afin d’adapter en permanence les missions du laboratoire aux nouveaux défis sanitaires, agricoles et environnementaux.
Avec ces investissements, la Côte-d’Or confirme donc son choix de maintenir un service public de proximité dans un domaine où l’expertise scientifique est devenue essentielle. La modernisation des locaux, le renouvellement des équipements et la mise en service de la centrale photovoltaïque s’inscrivent dans une même logique : consolider un laboratoire capable de répondre aux urgences sanitaires, aux besoins du monde agricole et aux attentes croissantes en matière d’environnement.
À travers ses 108 agents, ses milliers d’analyses et ses nouvelles capacités techniques, le Laboratoire départemental de la Côte-d’Or apparaît comme un maillon discret mais essentiel de la sécurité sanitaire locale. En investissant dans son avenir, le Département veut rappeler que la santé publique ne se limite pas aux hôpitaux ou aux cabinets médicaux : elle se joue aussi dans les laboratoires, dans le contrôle quotidien de l’eau, des aliments et des élevages, au plus près du territoire.






