Plusieurs associations environnementales appellent à une mobilisation pacifique, samedi 6 juin à 11 heures, à La Bussière-sur-Ouche, pour s’opposer au projet éolien des Grands Communaux. Elles demandent à la préfète de la Côte-d’Or de saisir le Conseil d’État après l’annulation, par la Cour administrative d’appel de Lyon, du refus préfectoral d’autorisation environnementale.
La contestation contre le projet éolien des Grands Communaux se poursuit en Côte-d’Or. La Ligue pour la Protection des Oiseaux Bourgogne-Franche-Comté, les Amis de la Terre Côte-d’Or, la Levée des Semis et la Plus Belle Vallée appellent à un rassemblement pacifique samedi 6 juin 2026, à 11 heures, à La Bussière-sur-Ouche, près du canal.
À travers cette mobilisation, les associations entendent réaffirmer leur opposition à un projet qu’elles jugent incompatible avec les enjeux de protection de la biodiversité, du patrimoine naturel et paysager de la vallée de l’Ouche. Elles demandent également à la préfète de la Côte-d’Or de former un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État, après une décision récente de la Cour administrative d’appel de Lyon favorable au porteur du projet.
Treize éoliennes de 180 mètres en zone sensible
Porté depuis neuf ans par Q Energy, le projet des Grands Communaux prévoit l’implantation de treize éoliennes de 180 mètres de hauteur en bout de pales sur les communes d’Antheuil et de Saint-Jean-de-Bœuf, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Beaune.
Le projet implique également, selon les associations, le défrichement de dix hectares de forêt. Un point particulièrement sensible pour les opposants, qui rappellent que le site se trouve en pleine zone Natura 2000 « Arrière Côte de Dijon et de Beaune ». Cette zone est identifiée pour la richesse de ses habitats naturels et la présence d’espèces à forts enjeux de conservation, notamment des oiseaux et des chauves-souris.
Pour les organisations mobilisées, le développement des énergies renouvelables ne peut se faire au prix d’une dégradation d’espaces naturels déjà fragilisés. Elles estiment que ce secteur doit faire l’objet d’une vigilance renforcée, en raison de son intérêt écologique et de sa proximité avec des sites patrimoniaux majeurs.
Des inquiétudes pour la biodiversité et les paysages
Les associations pointent notamment les risques que ferait peser le projet sur l’avifaune et les chiroptères, deux groupes d’espèces particulièrement concernés par l’implantation d’éoliennes. Elles affirment que de nouvelles données ornithologiques viennent confirmer les enjeux liés à la préservation du site et renforcer leurs positions.
Au-delà des questions de biodiversité, les opposants mettent aussi en avant l’impact paysager potentiel du parc. Le site se situe dans la vallée de l’Ouche, à proximité du canal de Bourgogne, et non loin du périmètre des Climats du vignoble de Bourgogne, inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Les associations redoutent une atteinte à ce paysage emblématique et à l’image patrimoniale du territoire.
Elles rappellent également qu’un autre parc, celui des Portes de la Côte-d’Or, composé de 27 éoliennes, a déjà été implanté il y a une dizaine d’années sur six communes de cette même zone Natura 2000. Pour elles, ce précédent ne doit pas ouvrir la voie à de nouveaux projets dans un secteur qu’elles considèrent comme trop sensible.
Un dossier ancien, relancé par la justice administrative
La demande d’autorisation environnementale du projet des Grands Communaux avait été déposée en juillet 2020. Une enquête publique s’est tenue fin 2023. À l’issue de l’instruction, plusieurs avis défavorables ou critiques avaient été rendus, selon le communiqué des associations.
Celles-ci citent notamment l’avis très critique de la Mission régionale d’autorité environnementale sur la qualité de l’étude d’impact, ainsi que les avis négatifs du Comité de pilotage Natura 2000 et du Conseil national de la protection de la nature.
En novembre 2024, le préfet de la Côte-d’Or avait refusé l’autorisation environnementale. Mais Q Energy a contesté cette décision. En avril 2026, la Cour administrative d’appel de Lyon a annulé ce refus et enjoint au préfet de délivrer rapidement l’autorisation.
C’est cette décision que les associations souhaitent aujourd’hui voir contestée devant le Conseil d’État. Elles demandent à la préfète de confirmer, selon leurs termes, « le choix de bon sens » de son prédécesseur en formant un pourvoi en cassation.
« La transition énergétique ne doit pas se faire au détriment du patrimoine naturel »
Dans leur appel à mobilisation, les associations affirment ne pas remettre en cause la nécessité de la transition énergétique. Elles estiment cependant que celle-ci doit être conduite sans sacrifier les milieux naturels les plus sensibles.
« La nécessaire transition énergétique ne doit pas se faire au détriment de notre patrimoine naturel lui aussi en difficulté », écrivent-elles dans leur communiqué. Elles insistent également sur la nécessité de préserver la zone Natura 2000, riche en avifaune et en chauves-souris remarquables, ainsi que le statut Unesco des Climats de Bourgogne.
Le rassemblement de samedi se veut pacifique et ouvert au public. Les organisateurs invitent les habitants, riverains, défenseurs de l’environnement et personnes attachées aux paysages de la vallée de l’Ouche à venir nombreux pour exprimer leur opposition au parc éolien des Grands Communaux, mais aussi à tout autre projet éolien dans cette zone Natura 2000.
Le rendez-vous est fixé samedi 6 juin 2026 à 11 heures, à La Bussière-sur-Ouche, près du canal.
