Le conseil municipal de Dijon s’est réuni ce matin pour une séance particulièrement courte, entièrement consacrée à l’élection des délégués supplémentaires et suppléants appelés à participer au scrutin sénatorial de septembre 2026. Trois listes étaient en présence. La majorité municipale a largement dominé le vote.
Le conseil municipal de Dijon s’est tenu ce matin dans un format pour le moins inhabituel : une seule délibération figurait à l’ordre du jour. L’approbation du procès-verbal du conseil municipal du 13 avril ayant été reportée à une prochaine séance, les élus dijonnais étaient réunis exclusivement pour procéder à la désignation des grands électeurs qui participeront, en septembre 2026, au renouvellement sénatorial dans le département de la Côte-d’Or.
Cette séance, qualifiée en conclusion comme l’une des plus rapides de l’histoire municipale dijonnaise, s’inscrivait dans un cadre strictement réglementé. Elle répondait au décret n° 2026-301 du 21 avril 2026 portant convocation des collèges électoraux pour l’élection des sénateurs. Les mandats des sénateurs élus le 27 septembre 2020 en Côte-d’Or arriveront en effet à renouvellement le dimanche 27 septembre 2026.
Un scrutin indirect pour désigner les sénateurs
L’élection sénatoriale repose sur un scrutin dit « au second degré ». Les citoyens n’élisent pas directement les sénateurs : ce sont les grands électeurs, principalement issus des conseils municipaux, mais aussi d’autres assemblées locales, qui sont appelés à voter.
À Dijon, il revenait donc au conseil municipal de désigner une partie de ce collège électoral. Celui-ci sera composé des 59 conseillers municipaux, délégués de droit, auxquels s’ajoutent 164 délégués supplémentaires et 47 délégués suppléants. Ces derniers pourront être appelés à remplacer les délégués titulaires en cas d’empêchement, de cessation de fonction ou d’impossibilité de participer au scrutin sénatorial.
La répartition du nombre de délégués supplémentaires est liée à la population de la commune. Pour les villes de plus de 30 000 habitants, un délégué supplémentaire est désigné par tranche complète de 800 habitants au-delà de ce seuil. Dijon, en raison de son poids démographique, dispose donc d’un nombre important de représentants dans le collège électoral sénatorial.
Des règles électorales très encadrées
La séance a été marquée par un rappel détaillé des règles applicables. Les délégués supplémentaires et les délégués suppléants devaient être élus simultanément, au scrutin secret, sans débat, selon un scrutin de liste à la représentation proportionnelle avec application de la règle de la plus forte moyenne. Le panachage et le vote préférentiel n’étaient pas autorisés.
Chaque liste devait respecter l’alternance entre les femmes et les hommes. Les listes pouvaient comporter un nombre de candidats inférieur au nombre total de sièges à pourvoir, mais devaient être déposées avant l’ouverture du scrutin.
Autre précision rappelée en séance : lorsque le nombre de délégués et de suppléants à élire dépasse le nombre de conseillers municipaux en exercice, les candidats peuvent être choisis parmi les électeurs inscrits sur la liste électorale de la commune. Les conseillers municipaux délégués de droit doivent également indiquer la liste sur laquelle seront désignés les suppléants susceptibles de les remplacer en cas d’empêchement.
Les conseillers municipaux absents pouvaient, comme le prévoit la réglementation, donner un pouvoir écrit à un autre élu. Chaque conseiller ne pouvait toutefois être porteur que d’un seul pouvoir.
Trois listes en présence
Trois listes avaient été déposées pour cette désignation. La première était celle de la majorité municipale, intitulée « Dijon écologique, sociale et attractive ». La deuxième était portée par le groupe Agir pour Dijon – Droite, centre et indépendants. La troisième était celle du groupe Le Rassemblement dijonnais.
Les listes complètes avaient été affichées à l’entrée de la salle de Flore afin que les élus puissent en prendre connaissance avant le vote.
Même si le scrutin s’est déroulé électroniquement, la constitution d’un bureau électoral demeurait obligatoire. Celui-ci était présidé par la maire, entourée des deux conseillers municipaux les plus âgés présents à l’ouverture du scrutin, ainsi que des deux plus jeunes. Ce bureau avait pour mission de garantir le bon déroulement du vote et de signer le procès-verbal à l’issue de la séance.
Un vote électronique rapide
Le vote s’est déroulé à l’aide de boîtiers électroniques. Les élus devaient sélectionner le numéro correspondant à la liste de leur choix, puis valider leur vote. Un vote blanc était également possible.
La procédure a été menée très rapidement. Une fois le scrutin clos, les résultats ont été affichés immédiatement.
La liste « Dijon écologique, sociale et attractive », portée par la majorité municipale, a recueilli 47 voix. La liste « Droite, centre et indépendants » a obtenu 9 voix. La liste « Rassemblement dijonnais » a réuni 3 voix.
Ces résultats ont ensuite été traduits en nombre de sièges selon la règle de la plus forte moyenne.
La majorité municipale obtient l’essentiel des délégués
À l’issue du calcul proportionnel, la liste de la majorité municipale obtient 131 délégués supplémentaires. La liste de droite, du centre et des indépendants obtient 25 délégués supplémentaires, tandis que la liste du Rassemblement dijonnais en obtient 8.
La répartition des suppléants suit la même logique. La majorité municipale disposera de 38 suppléants, contre 7 pour la liste Droite, centre et indépendants, et 2 pour le Rassemblement dijonnais.
Au total, cette désignation confirme donc très largement le poids de la majorité municipale dijonnaise au sein du collège électoral appelé à participer aux prochaines sénatoriales.
Une séance conclue en quelques minutes
Après la proclamation des résultats, la séance a été levée dans la foulée. La maire a souligné le caractère exceptionnellement rapide de ce conseil municipal, estimant qu’il s’agissait probablement de l’un des plus courts de l’histoire de Dijon. S’adressant notamment à de jeunes collégiens présents dans la salle, elle a relevé qu’ils pourraient dire avoir assisté à un conseil municipal historique par sa brièveté.
Avant le départ des élus, il leur a toutefois été rappelé qu’ils devaient signer le procès-verbal de l’élection, formalité indispensable pour valider officiellement la désignation des délégués supplémentaires et des suppléants.
Cette séance, courte mais institutionnellement importante, marque une étape dans la préparation des élections sénatoriales de 2026 en Côte-d’Or. À travers la désignation de ses grands électeurs, Dijon contribuera directement au renouvellement de la représentation sénatoriale du département.
