Élue le 7 mai à la présidence de l’Union sociale pour l’habitat de Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Hélène Ivol succède à François-Xavier Dugourd pour un mandat de trois ans. Dans un contexte international incertain et face à des enjeux économiques, sociaux, énergétiques et démographiques de plus en plus complexes, la nouvelle présidente entend poursuivre l’engagement du mouvement HLM en faveur d’un logement social adapté aux besoins des territoires et des habitants.
Le logement social se trouve aujourd’hui à la croisée de plusieurs défis. Pression sur le pouvoir d’achat, adaptation au changement climatique, vieillissement de la population, évolution des compositions familiales, rénovation énergétique du parc, incertitudes sur les financements nationaux et européens : les organismes HLM doivent répondre à des attentes de plus en plus nombreuses, dans un cadre budgétaire contraint.
C’est dans ce contexte que Marie-Hélène Ivol a pris, le 7 mai dernier, la présidence de l’Union sociale pour l’habitat de Bourgogne-Franche-Comté. Elle succède à François-Xavier Dugourd pour les trois prochaines années. Une prise de fonction qu’elle dit assumer avec « détermination et responsabilité », consciente des enjeux qui attendent le secteur dans les mois et les années à venir.
Maintenir l’effort malgré un contexte économique contraint
Dans son premier message en tant que présidente, Marie-Hélène Ivol rappelle que l’habitat social évolue dans un environnement incertain. Les organismes HLM doivent composer avec la baisse des contributions de l’État, mais aussi avec les effets de la Réduction du loyer de solidarité, plus connue sous le sigle RLS.
Malgré ces contraintes, la présidente de l’USH Bourgogne-Franche-Comté affirme que les bailleurs sociaux restent en capacité de maintenir leurs efforts, notamment en matière de rénovation énergétique, de décarbonation du parc de logements et d’adaptation au vieillissement de la population.
L’enjeu est double : continuer à produire du logement social là où les besoins existent, tout en transformant progressivement le parc existant pour le rendre plus sobre, plus confortable et plus adapté aux réalités sociales actuelles.
Des besoins sociaux qui ont profondément changé
Le logement social ne répond plus seulement aux mêmes besoins qu’hier. Les profils des demandeurs ont évolué, tout comme les attentes des ménages. Pour Marie-Hélène Ivol, les organismes HLM doivent aujourd’hui être capables de mieux accompagner plusieurs publics : les familles monoparentales, les seniors, les jeunes, les étudiants, les jeunes actifs, mais aussi les ménages en difficulté ou les femmes victimes de violences conjugales.
Cette évolution traduit une réalité sociale forte. Dans de nombreux territoires, le logement constitue le premier poste de dépenses des ménages. En proposant des loyers accessibles, le logement social joue donc un rôle direct dans la préservation du pouvoir d’achat des locataires.
Pour les organismes HLM, il ne s’agit pas seulement de construire ou de gérer des logements. Il s’agit aussi d’apporter une réponse concrète à des situations de fragilité, de sécuriser des parcours résidentiels et de maintenir un haut niveau de qualité de service.
Rénovation énergétique : la nécessité d’une transition réaliste
La transition énergétique du parc social constitue l’un des grands chantiers du secteur. Les bailleurs sociaux sont attentifs aux consignes nationales en matière de consommation énergétique, mais l’USH Bourgogne-Franche-Comté appelle à la prudence et au pragmatisme.
Marie-Hélène Ivol souligne notamment qu’il sera difficile de sortir totalement du gaz à court terme. Dans certains territoires, une part importante du parc social reste équipée de chaudières gaz. La transition ne peut donc pas reposer sur une solution unique.
Le mouvement HLM et les associations régionales défendent depuis longtemps une approche fondée sur la pluralité des solutions. Géothermie, réseaux de chaleur urbains, biomasse, biométhane, développement de l’autoconsommation collective : autant de pistes qui doivent être mobilisées en fonction des réalités locales.
Cette diversité est jugée indispensable pour tenir compte de la configuration des territoires, de l’état du parc existant, de la capacité réelle des réseaux électriques à absorber les pics de demande et des capacités d’investissement des organismes HLM. Pour l’USH BFC, la décarbonation doit être ambitieuse, mais elle doit rester techniquement et financièrement soutenable.
L’ANRU 3 attendu comme un levier pour les territoires
Autre sujet majeur : le renouvellement urbain. Le 23 avril dernier, le gouvernement a présenté un projet de loi intitulé « Relance du logement ». Son article 1er porte l’ambition d’un ANRU 3, qui s’inscrirait dans la continuité des précédents programmes de renouvellement urbain.
Pour l’USH Bourgogne-Franche-Comté, cette perspective est importante. Les deux premières générations de programmes de renouvellement urbain ont profondément transformé de nombreux territoires. Elles ont permis de rénover des quartiers, de repenser les espaces publics, d’améliorer la qualité résidentielle et de réinscrire certains secteurs dans une dynamique urbaine plus globale.
La future troisième génération suscite donc des attentes. Marie-Hélène Ivol espère qu’elle permettra d’aller plus loin encore, même si ses contours, notamment financiers, restent à préciser. L’USH BFC se dit pleinement mobilisée aux côtés de ses adhérents pour accompagner cette nouvelle étape.

En Bourgogne-Franche-Comté, la situation présente toutefois certaines spécificités. Le territoire n’est pas, globalement, considéré comme une région en forte tension immobilière. Mais il se distingue par sa capacité à innover, notamment en matière de réhabilitation architecturale. Pour l’Union sociale pour l’habitat régionale, cette particularité constitue une force à valoriser.
Casser les idées reçues sur le logement social
Au-delà des enjeux techniques et financiers, Marie-Hélène Ivol insiste sur la nécessité de continuer à changer le regard porté sur le logement social. L’objectif est clair : casser les idées reçues et montrer que le parc social peut offrir des logements confortables, bien conçus et agréables à vivre.
La rénovation du patrimoine, l’amélioration de la performance énergétique, l’adaptation des logements aux nouveaux besoins et la qualité de service participent de cette ambition. Le logement social ne doit pas être seulement perçu comme une réponse d’urgence ou de dernier recours. Il est aussi un outil d’aménagement du territoire, de cohésion sociale et de transition écologique.
En Bourgogne-Franche-Comté, cette vision s’inscrit dans une logique de proximité avec les collectivités territoriales. La nouvelle présidente de l’USH BFC se dit convaincue que les élus locaux continueront à être des partenaires essentiels pour apporter les réponses les plus adaptées aux demandeurs de logement social.
Les financements européens au cœur des inquiétudes
L’avenir du logement social se joue aussi à l’échelle européenne. L’Union européenne négocie actuellement son futur cadre financier pour la période 2028-2034. Pour l’USH Bourgogne-Franche-Comté, cette séquence est stratégique, car elle déterminera la place accordée au logement social dans les priorités européennes de demain.
Aujourd’hui, le FEDER, géré par la Région Bourgogne-Franche-Comté en tant qu’autorité de gestion des fonds européens, constitue un levier important pour la rénovation énergétique des logements sociaux dans la région. Ces financements permettent d’accompagner les organismes dans leurs projets de transformation du parc.
Mais la Commission européenne propose désormais une nouvelle architecture plus intégrée. Dans ce schéma, le logement resterait éligible, mais sans garantie de fléchage ni de visibilité équivalente. Pour les acteurs du logement social, le risque est réel : l’accès aux financements pourrait dépendre davantage d’arbitrages nationaux et territoriaux, devenant ainsi plus incertain.
Face à cette perspective, Marie-Hélène Ivol appelle à une mobilisation claire. Le logement social doit rester un objectif prioritaire. L’USH BFC entend demander des garanties de programmation, défendre le maintien des subventions, plaider pour des financements complémentaires aux dispositifs de droit commun, soutenir une place formalisée des Régions et porter une exigence de simplification.
Faire entendre la voix du logement social
Pour la nouvelle présidente de l’USH Bourgogne-Franche-Comté, la négociation européenne ne se joue pas seulement à Bruxelles. Elle se joue aussi dans chaque État, dans chaque territoire et auprès de l’ensemble des décideurs publics.
Le message est donc politique autant que technique : le logement social doit être défendu partout où se prennent les décisions qui engageront les années à venir. Les enjeux de rénovation énergétique, de cohésion sociale, d’accès au logement, de transition écologique et de pouvoir d’achat nécessitent une visibilité financière et une volonté publique forte.
Dans un contexte où les besoins évoluent rapidement, l’USH BFC souhaite continuer à porter la parole des organismes HLM et à accompagner ses adhérents face aux transformations du secteur.
Trois années pour répondre à de nouveaux défis
En prenant la présidence de l’USH Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Hélène Ivol hérite d’un secteur confronté à de nombreuses incertitudes, mais aussi riche de savoir-faire et d’expériences. Pour les trois années à venir, elle entend poursuivre le travail engagé, aux côtés des organismes HLM, des collectivités territoriales et des partenaires institutionnels.
Les défis ne manqueront pas : maintenir la production de logements sociaux, adapter le parc au vieillissement, accélérer la rénovation énergétique, réussir la décarbonation, accompagner les publics fragiles, défendre les financements européens et nationaux, tout en conservant un haut niveau de qualité de service.
Mais l’ambition affichée reste la même : proposer des logements accessibles, confortables et adaptés aux besoins des habitants de Bourgogne-Franche-Comté.
Dans une période où le logement demeure au cœur des préoccupations sociales, l’USH BFC veut rappeler que le logement social constitue un pilier essentiel du pouvoir d’achat, de la solidarité et de l’aménagement équilibré des territoires.
