Deux ans après son lancement, le 4ᵉ Plan régional santé environnement de Bourgogne-Franche-Comté affiche déjà plusieurs avancées concrètes. Présenté comme un outil structurant pour mieux prendre en compte les liens entre santé humaine, santé animale et environnement, ce plan régional s’inscrit dans l’approche dite « Une seule santé ». La Préfecture de région, à travers la DREAL, l’Agence régionale de santé et la Région Bourgogne-Franche-Comté dressent aujourd’hui un premier bilan à mi-parcours, marqué par la mise en œuvre de nombreuses actions sur le territoire.
Lancé pour répondre aux grands enjeux sanitaires et environnementaux, ce quatrième PRSE vise à réduire les expositions aux risques liés à l’environnement, à accompagner les collectivités et à renforcer la prévention face à des phénomènes en progression, comme les maladies vectorielles ou les zoonoses. Au total, 36 actions ont été engagées depuis le début du plan, avec une ambition commune : faire de la santé environnementale un levier concret des politiques publiques régionales.
Parmi les priorités identifiées figure la protection des plus jeunes face aux perturbateurs endocriniens. Dix collectivités ont fait l’objet d’un audit destiné à mieux repérer les risques d’exposition dans les structures d’accueil de la petite enfance. Cette démarche a permis à l’ARS, à la Région et à l’Assurance Maladie d’élaborer une stratégie régionale de lutte contre ces substances, suspectées d’avoir des effets sur le développement et la santé. Dans les prochains mois, un réseau régional dédié doit voir le jour. Il proposera notamment des formations, des webinaires, des journées d’échanges et des retours d’expériences aux professionnels concernés.
Le plan régional met également l’accent sur la prévention des maladies transmises par les insectes, dans un contexte de progression du moustique tigre. Trente collectivités de Bourgogne-Franche-Comté ont été ou seront formées d’ici la fin de l’année 2026 afin de mieux sensibiliser les habitants, les agents techniques et les acteurs locaux aux bons gestes de prévention. L’objectif est double : limiter les risques sanitaires liés à la présence de ce moustique et renforcer la mobilisation citoyenne sur l’ensemble du territoire.
Autre axe important : la transition écologique du système de santé. À travers le programme RESET, pour Réseau des établissements de santé en transition, la région connaît une forte mobilisation. Près de 1 000 établissements et services sanitaires et médico-sociaux, sur les 1 200 que compte la Bourgogne-Franche-Comté, sont désormais engagés dans cette démarche. Les actions portent sur des sujets variés, comme la performance énergétique des bâtiments, la qualité de l’air intérieur, la gestion de l’eau, les achats durables, l’alimentation responsable, les soins écoresponsables, la gestion des déchets, les mobilités durables ou encore la réduction de l’empreinte environnementale du numérique.
Le PRSE accompagne aussi les collectivités dans l’intégration des enjeux de santé environnement au sein de leurs projets de territoire. La question de l’eau potable fait partie des sujets majeurs. Cinq collectivités sont déjà engagées dans la démarche « Eau d’ici », qui vise à renforcer la protection durable des ressources en eau et à garantir une alimentation en eau potable de qualité. Dans un contexte de tensions croissantes sur la ressource, cette action illustre la volonté des partenaires régionaux de relier santé publique, aménagement du territoire et préservation de l’environnement.
Le bilan à mi-parcours met également en avant le développement des connaissances autour des zoonoses, ces maladies transmissibles entre l’animal et l’être humain. Un premier état des lieux a été réalisé sur les zoonoses présentes en Bourgogne-Franche-Comté au cours des cinq dernières années. Plusieurs maladies sont concernées, parmi lesquelles l’échinococcose alvéolaire, la borréliose de Lyme, la dengue ou encore la leptospirose. Neuf zoonoses jugées prioritaires font désormais l’objet d’un approfondissement, dans le cadre du réseau régional RéZOH-BFC.
Sur ce sujet, une première expérimentation territoriale est déjà engagée dans le Pays Graylois. Le territoire s’est saisi de la démarche à travers un projet de prévention de la leptospirose, associant professionnels de santé, agriculteurs, chasseurs, naturalistes et élus locaux. Cette initiative illustre l’esprit du plan régional : faire travailler ensemble des acteurs issus de secteurs différents pour mieux prévenir les risques sanitaires liés à l’environnement et aux interactions entre humains, animaux et milieux naturels.
À mi-parcours, les partenaires du 4ᵉ Plan régional santé environnement estiment que la dynamique engagée confirme la pertinence de l’approche « Une seule santé ». En reliant les enjeux de santé humaine, de santé animale et de préservation des écosystèmes, le PRSE entend contribuer à une transformation durable des pratiques. Pour la Bourgogne-Franche-Comté, l’enjeu est désormais de poursuivre cette mobilisation collective afin de construire des territoires plus résilients face aux défis sanitaires et environnementaux.
