Initialement annoncé place Darcy, le départ de la Marche des Fiertés s’est finalement tenu place de la République, après le refus de la préfecture d’autoriser le point de départ prévu. Selon les services de police, 1 700 personnes ont participé au rassemblement ce samedi 13 juin.
Ce samedi après-midi, les couleurs arc-en-ciel ont parcouru les rues de Dijon. À l’occasion de la Marche des Fiertés, 1 700 personnes, selon les services de police, se sont rassemblées pour défendre les droits des personnes LGBTI+ et dénoncer la montée des discriminations. Le cortège devait initialement partir de la place Darcy, comme annoncé en amont de la mobilisation, mais le départ a finalement été donné depuis la place de la République, la préfecture n’ayant pas autorisé le point de départ prévu.
Cette marche s’inscrivait dans un contexte national et international que les organisations syndicales jugent particulièrement préoccupant. Dans leur appel à mobilisation, elles alertaient sur la multiplication des attaques visant les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, intersexes, ainsi que l’ensemble des minorités de genre et d’orientation sexuelle. Elles dénonçaient notamment une intensification des discours de haine, des agressions, des campagnes de harcèlement contre des militant·es et des remises en cause de droits fondamentaux.
Dans les rues dijonnaises, le rassemblement a pris la forme d’un moment à la fois revendicatif, festif et solidaire. Les participant·es entendaient rappeler que la visibilité reste un enjeu central pour les personnes LGBTI+, alors que les discriminations persistent dans de nombreux domaines de la vie quotidienne. Les organisations appelaient notamment à une mobilisation du monde du travail, estimant que les violences LGBTIphobes ne s’arrêtent pas aux portes des entreprises, des administrations ou des services publics.
Les syndicats et organisations professionnelles à l’origine de l’appel ont particulièrement insisté sur les discriminations subies dans le cadre professionnel. S’appuyant sur le rapport 2026 de SOS Homophobie, ils rappellent que le travail demeure l’un des principaux lieux où s’expriment les LGBTIphobies. Les actes signalés peuvent prendre la forme de remarques, d’insultes, de mise à l’écart, de harcèlement ou encore de freins dans les parcours de carrière. Pour les signataires, ces violences ont des conséquences directes sur la santé, la stabilité professionnelle et la dignité des personnes concernées.
Au-delà du monde du travail, les organisations dénoncent également les attaques visant plus spécifiquement les personnes trans. Elles pointent notamment les débats parlementaires récents et l’adoption en première lecture, le 5 mai dernier, de la loi Rodwell, qu’elles considèrent comme une menace supplémentaire pour les personnes trans et étrangères. Selon elles, ce texte pourrait accentuer les obstacles administratifs et renforcer la précarité de personnes déjà exposées aux discriminations.
La mobilisation dijonnaise entendait aussi s’inscrire dans une dynamique plus large. Partout en France, la période des Marches des Fiertés donne lieu à des rassemblements destinés à défendre l’égalité des droits et à rappeler que les avancées obtenues restent fragiles. Les organisations signataires de l’appel estiment que la progression des discours réactionnaires et de l’extrême droite constitue une menace directe pour les droits des personnes LGBTI+, mais aussi pour l’ensemble des libertés publiques.
À Dijon, le cortège de ce samedi a donc voulu porter un message clair : la lutte contre les LGBTIphobies reste d’actualité. Les participant·es ont réaffirmé la nécessité de protéger les personnes discriminées, de garantir le respect des identités de genre et des orientations sexuelles, et de mettre en place des mesures concrètes dans les entreprises comme dans les administrations.
Les organisations demandent notamment la formation obligatoire des salarié·es, des agent·es publics, de l’encadrement et des directions, le respect immédiat des prénoms et pronoms d’usage, ainsi que la mise en œuvre de dispositifs de prévention et de suivi du harcèlement. Elles réclament également une meilleure protection des victimes, y compris dans la fonction publique, et un droit d’asile effectif pour les personnes LGBTI+ migrantes.
Avec 1 700 participant·es recensé·es par les services de police, la Marche des Fiertés dijonnaise a rassemblé bien au-delà d’un simple rendez-vous militant. Elle a permis de rappeler que, face aux violences et aux discriminations, la visibilité demeure un acte politique. Les signataires de l’appel — parmi lesquels la CGT, la FSU, le Syndicat des avocats de France, le Syndicat de la magistrature et l’Union syndicale Solidaires — entendent continuer à faire de cette mobilisation un temps fort de solidarité et de revendication.
