La Salle de Flore du Palais des Ducs et des États de Bourgogne a accueilli, lundi 15 juin 2026 en soirée, une réunion publique consacrée au projet de requalification du secteur Jean-Jacques Rousseau, Auguste-Comte et des abords des Halles Champeaux. Autour de Nathalie Koenders, maire de Dijon, et de plusieurs élus municipaux, les riverains ont pu découvrir les grandes lignes d’un chantier appelé à transformer une partie stratégique du nord du centre-ville. Piétonnisation, végétalisation, circulation automobile, stationnement, nuisances nocturnes et équilibre entre qualité de vie et attractivité commerciale ont nourri une réunion dense, parfois vive, mais présentée par la Ville comme une étape de concertation avant toute décision définitive.
Dès l’ouverture de la réunion, Nathalie Koenders a tenu à rappeler le cadre politique du projet. La requalification du secteur Rousseau-Comte-Halles Champeaux figurait parmi les engagements du programme municipal. Elle s’inscrit, selon la maire, dans une continuité déjà engagée depuis plusieurs années dans le centre-ville dijonnais : après la place de la Libération, la place Darcy, la place du Théâtre, la place des Cordeliers, la rue de la Liberté, la rue du Bourg, la rue des Forges, la rue Godrans ou encore l’axe Monge-Bossuet, il s’agit désormais de poursuivre la transformation des espaces publics dans un secteur jugé aujourd’hui moins qualitatif que d’autres entrées du centre historique.
La maire a insisté sur la méthode : « concerter avant de décider ». Elle a rappelé que le projet était encore en construction et que les échanges devaient servir à l’enrichir. Cette réunion, destinée aux habitants, précède celle organisée le mardi 16 juin à destination des commerçants. Une permanence publique est également prévue le mercredi 24 juin, de 17 h à 20 h, à La Ferronnerie, rue Auguste-Comte. Les habitants pourront aussi contribuer en ligne via un QR code présenté à l’issue de la réunion.
Le calendrier n’est pas anodin. La Ville souhaite que les travaux de requalification soient menés avant le chantier de la troisième ligne de tramway, annoncé pour 2028-2029. Nathalie Koenders a expliqué que reporter l’opération reviendrait à repousser la transformation du secteur à 2031, voire 2032. L’objectif affiché est donc de préparer un chantier pour mi-2027, afin d’éviter une accumulation de travaux dans le centre-ville au moment où les flux de circulation seront déjà modifiés par le tramway.

Un projet pour « apaiser » et adapter le centre-ville
Le projet présenté par la Ville répond à plusieurs objectifs : améliorer le cadre de vie, accompagner la transition écologique, renforcer l’attractivité commerciale, favoriser les mobilités douces et adapter l’espace public au changement climatique. La maire a notamment évoqué la nécessité de désimperméabiliser davantage les sols, de végétaliser lorsque les contraintes techniques le permettent et de mieux gérer l’infiltration des eaux de pluie.
L’ambition est aussi urbaine : mieux relier la place de la République au cœur historique, rendre le parcours plus agréable pour les piétons, sécuriser les déplacements à vélo et réduire la place du trafic de transit dans des rues aujourd’hui très sollicitées. La requalification doit permettre de créer une continuité plus lisible entre les Halles, le quartier des antiquaires, la rue Auguste-Comte, la rue Jean-Jacques Rousseau et les rues adjacentes.
Dans l’esprit de la Ville, ce secteur doit devenir plus confortable, plus végétalisé, plus lisible et moins dominé par la circulation automobile. Mais la maire a aussi cherché à rassurer : il ne s’agit pas, selon elle, de couper le quartier de l’automobile. Les accès riverains, les livraisons, les véhicules de secours, les entrées de garages et les besoins des commerçants doivent être maintenus.
Les rues concernées par la requalification
La présentation technique a distingué plusieurs secteurs. La rue Jean-Jacques Rousseau serait requalifiée mais non piétonnisée. La Ville considère qu’elle doit conserver un rôle de desserte du centre-ville. L’objectif est toutefois de revoir son organisation : circulation en sens unique descendant depuis la place de la République, trottoirs élargis, stationnement maintenu d’un côté lorsque cela reste possible, aménagements cyclables et espaces végétalisés.
La rue Auguste-Comte et l’espace situé devant les Halles Champeaux seraient, eux, appelés à devenir piétons. Il s’agirait d’une piétonnisation « de mur à mur », avec des matériaux qualitatifs, des plantations, une requalification de l’espace public et un accès limité par bornes ou dispositif automatisé pour les riverains, les livraisons du matin, les secours et les besoins techniques.
Une partie de la rue Chaudronnerie et de la rue Verrerie serait également intégrée au projet afin de créer une continuité piétonne entre les secteurs déjà apaisés du centre historique et les nouveaux espaces piétonnisés. Le haut de la rue Lamonnoye serait aussi concerné, avec une attention particulière à la dimension patrimoniale des lieux.
Les rues d’Assas et du Champ-de-Mars ont, elles aussi, été évoquées. La Ville souhaite y améliorer les cheminements piétons, aujourd’hui jugés trop étroits et peu confortables. L’idée serait de créer un espace davantage partagé, probablement sous forme de zone de rencontre, avec une voirie mise à niveau, une vitesse réduite et des aménagements destinés à empêcher le stationnement sauvage.

Deux scénarios de circulation soumis aux habitants
Le point le plus structurant de la réunion a concerné la circulation automobile. La Ville a présenté deux scénarios. Le premier maintient la possibilité de traverser le centre-ville du nord vers le sud. Dans ce scénario, les voitures entrant par le haut de la rue Jean-Jacques Rousseau pourraient continuer à rejoindre le secteur Saint-Michel puis la place Wilson. La circulation serait toutefois modifiée : la rue Jean-Jacques Rousseau deviendrait descendante, la rue Auguste-Comte étant piétonnisée. Le flux serait alors réorganisé par la deuxième partie de Jean-Jacques Rousseau et la rue Guyton-de-Morveau, avec certains changements de sens de circulation.
Ce scénario permettrait donc de conserver un transit automobile, même s’il serait réduit et rendu moins direct par les aménagements. Pour plusieurs habitants, il présente l’avantage de maintenir une certaine facilité d’accès, notamment pour ceux qui utilisent ponctuellement leur voiture pour sortir du quartier ou rejoindre le sud de Dijon.
Le second scénario supprime, lui, la traversée complète du centre-ville par cet axe. Les automobilistes pourraient toujours entrer dans le secteur depuis la place de la République, mais ils devraient ressortir dans le même grand périmètre, notamment par la rue Vannerie ou les rues proches. La liaison directe République–Wilson ne serait plus possible par Jean-Jacques Rousseau.

Ce scénario est plus contraignant pour les automobilistes de transit, mais aussi pour certains riverains. Nathalie Koenders l’a reconnu : il serait impossible d’autoriser uniquement les habitants à poursuivre leur trajet tout en l’interdisant aux autres automobilistes, les rues étant publiques. C’est précisément pour cette raison, a-t-elle expliqué, que les deux hypothèses sont soumises à discussion.
La maire a toutefois insisté sur un point : le choix d’un scénario ne figerait pas définitivement l’avenir. Selon elle, passer du premier au second scénario pourrait se faire ultérieurement par des changements de signalisation, sans modifier profondément les aménagements réalisés. La Ville pourrait donc, dans un premier temps, conserver un transit partiellement apaisé, puis évoluer plus tard vers une suppression plus nette du transit si les usages et les retours des habitants le justifient.
Un trafic de transit au cœur des débats
La présentation a rappelé les flux actuels observés dans l’est du centre-ville. Environ 800 véhicules par jour emprunteraient l’axe Jean-Jacques Rousseau pour traverser le secteur sans s’y arrêter. D’autres axes de transit sont beaucoup plus importants, comme l’axe Diderot–Berlier, avec environ 4 000 véhicules par jour. Dans l’autre sens, la rue Buffon, le secteur Saint-Michel et la rue Vannerie jouent aussi un rôle dans les circulations sud-nord.
La Ville distingue ainsi deux usages : la desserte locale, nécessaire aux riverains, commerçants, livraisons, services et clients ; et le transit, c’est-à-dire le passage d’automobilistes qui traversent le centre sans s’y arrêter. L’enjeu du projet est de réduire cette seconde catégorie sans empêcher la vie quotidienne du quartier.
Cette nuance a été discutée par plusieurs habitants. Certains estiment que la priorité doit être de préserver l’accès automobile pour les riverains, les personnes âgées, les familles, les livraisons et les besoins ponctuels. D’autres insistent au contraire sur la nécessité de réduire les passages inutiles, notamment la nuit, lorsque voitures et motos peuvent générer des nuisances importantes.
Stationnement : l’inquiétude la plus sensible
Le stationnement a constitué l’un des sujets les plus sensibles de la soirée. La Ville a annoncé que l’offre actuelle, évaluée à environ 320 places dans le secteur étudié, pourrait passer à environ 240 ou 250 places après requalification, hors parkings en ouvrage. La majorité des suppressions concernerait les zones appelées à devenir piétonnes, notamment les abords des Halles Champeaux, où se trouve aujourd’hui une poche d’une trentaine de places.
Nathalie Koenders a reconnu qu’il n’était pas possible de végétaliser, élargir les trottoirs, créer des cheminements cyclables, maintenir la circulation et conserver toutes les places existantes. Elle a assuré que la Ville chercherait à supprimer le minimum de stationnement possible dans les secteurs non piétonnisés. Sur la rue Jean-Jacques Rousseau, une rangée de stationnement serait maintenue d’un côté de la voie.
Mais plusieurs habitants ont exprimé leur lassitude. Pour certains résidents du centre-ville, trouver une place est déjà difficile, notamment les soirs de fin de semaine. La perspective de perdre environ 80 places supplémentaires suscite donc une réelle inquiétude. Une riveraine a rappelé que le stationnement résident en zone orange représente un coût plus élevé que dans d’autres quartiers et que les abonnements en parking souterrain, comme à Trémouille, sont jugés trop chers par certains habitants.
La maire a indiqué qu’il faudrait peut-être retravailler le découpage des zones résidentielles et les tarifs pour éviter une inégalité entre habitants de secteurs proches. Elle a assuré qu’elle ferait remonter le sujet à la Métropole afin d’étudier un alignement ou une adaptation des tarifs.
Pendant les travaux, la Ville promet également un accompagnement au cas par cas. Si l’accès à certains parkings privés devait être temporairement impossible, des abonnements dans un parking souterrain pourraient être pris en charge pendant la durée de l’empêchement.
Riverains, garages privés et accès aux immeubles
Plusieurs habitants ont interrogé la Ville sur les accès privés, en particulier rue Auguste-Comte. Un riverain disposant d’un parking intérieur accessible par une porte cochère a demandé ce qu’il adviendrait de son accès dans une rue piétonnisée. La réponse de la Ville se veut rassurante : comme dans les autres zones piétonnes de Dijon, les riverains disposant d’un accès privé bénéficieraient d’un dispositif d’ouverture, par badge, carte, lecture de plaque ou système équivalent.
Les habitants ne disposant pas de parking privé pourraient également accéder ponctuellement à la rue piétonne pour décharger des courses ou déposer des objets, avec un temps limité, évoqué autour d’une quinzaine de minutes. Pour la Ville, cette organisation pourrait même faciliter certains usages par rapport à la situation actuelle, où l’absence de place disponible rend parfois l’arrêt temporaire difficile.
Les terrasses commerciales, si elles sont autorisées, devront donc être pensées de manière à ne pas empêcher les entrées d’immeubles, les portes cochères, les circulations de secours et les besoins des riverains.
La rue d’Assas et le Champ-de-Mars au centre des questions de sécurité piétonne
La rue d’Assas a suscité plusieurs interventions. Des riverains ont décrit une rue étroite, où les trottoirs sont peu confortables et où la cohabitation entre piétons, vélos et voitures est parfois difficile. Une habitante a notamment évoqué la dangerosité ressentie pour les enfants et petits-enfants, ainsi que des situations où des piétons se retrouvent contraints par la présence des vélos ou la configuration des lieux.
La maire a rappelé que la bande cyclable actuelle avait été mise en place à la demande de riverains pour empêcher le stationnement anarchique, qui gênait notamment le passage des véhicules. Mais elle a reconnu que le trottoir restait étroit. La requalification envisagée doit donc aller plus loin, avec une mise à niveau de la voirie, une logique de zone de rencontre et une réduction de la vitesse.
Le technicien chargé de la présentation a évoqué plusieurs pistes : une voirie qui pourrait « serpenter » légèrement grâce à du mobilier urbain ou des plantations, des matériaux différenciés, une réglementation apaisée et un traitement global de l’espace pour empêcher les vitesses excessives. L’objectif est d’éviter que ces rues restent de simples couloirs automobiles dans lesquels les piétons se sentent vulnérables.
Végétalisation, bancs et nouveaux usages de l’espace public
La transformation de l’espace devant les Halles Champeaux a aussi été discutée. Plusieurs habitants ont demandé si la piétonnisation s’accompagnerait de bancs, d’arbres, d’espaces de pause et d’une vraie requalification de place.
La Ville a confirmé son intention de végétaliser davantage, de planter des arbres lorsque les réseaux souterrains le permettront, d’installer du mobilier et de rendre l’espace plus agréable. Les WC publics seraient conservés. Les conteneurs de déchets, nécessaires à certains habitants qui ne disposent pas de solution dans leur immeuble, devraient aussi être maintenus, même s’ils pourraient être déplacés selon le futur plan d’aménagement.
Les habitants ont toutefois exprimé une inquiétude : comment cet espace vivra-t-il le soir ? Des bancs et des espaces de rassemblement peuvent améliorer le cadre de vie en journée, mais certains craignent qu’ils deviennent des lieux de nuisances nocturnes. Nathalie Koenders a répondu qu’il ne fallait pas préjuger des difficultés, tout en reconnaissant que la question devait être entendue. Elle a cité l’exemple de l’axe Monge-Bossuet, où des inquiétudes similaires avaient été formulées mais où, selon elle, les usages restent aujourd’hui globalement maîtrisés.
La maire a ajouté qu’en cas de problème avéré, la Ville pourrait adapter les aménagements, voire retirer certains mobiliers. L’objectif reste de créer une place vivante, pas un espace générateur de tensions.
Bars, terrasses et nuisances nocturnes : une préoccupation majeure
Au-delà du stationnement, les nuisances nocturnes ont été l’autre grand sujet de préoccupation. Plusieurs riverains ont dénoncé les bars ouverts tard, les clients bruyants, les personnes alcoolisées dans la rue, les discussions jusqu’à une heure avancée de la nuit et le sentiment que la piétonnisation pourrait renforcer les problèmes existants.
Un habitant a résumé une inquiétude partagée : la piétonnisation ne doit pas se faire uniquement au bénéfice des bars au détriment des résidents. Plusieurs interventions ont rappelé que le quartier, historiquement associé aux antiquaires, a beaucoup changé avec la reprise de certains locaux par des établissements de nuit ou de restauration.
Nathalie Koenders a répondu que le problème ne dépendait pas seulement de l’aménagement de l’espace public, mais surtout de la manière dont les établissements sont tenus. Selon elle, certains bars sans grande terrasse peuvent générer beaucoup de nuisances, tandis que d’autres établissements avec terrasse fonctionnent correctement. La Ville entend poursuivre le travail engagé avec le comité de la nuit, la police municipale et la préfecture.
La maire a également rappelé que les terrasses sont des autorisations précaires : elles peuvent être accordées, encadrées, réduites ou retirées. Elle a expliqué que, paradoxalement, l’existence d’une terrasse autorisée peut donner à la Ville un levier plus direct en cas de nuisances répétées. Lorsqu’un établissement n’a pas de terrasse mais que ses clients occupent malgré tout l’espace public pour fumer, boire ou discuter, les moyens d’action sont plus longs et reposent davantage sur les constats de police, les rapports successifs et d’éventuelles sanctions administratives.
La Ville promet donc de rester vigilante sur les futures terrasses, en particulier rue Auguste-Comte, où leur implantation devra être compatible avec les accès riverains et la tranquillité du quartier.
Rodéos urbains et bruit de la nuit
Un autre riverain a alerté sur les rodéos urbains et les passages nocturnes de motos ou de voitures bruyantes. Selon lui, maintenir un axe de transit dans le scénario 1 pourrait créer une ligne droite propice aux excès de vitesse pendant la nuit.
La Ville a reconnu l’enjeu. Le scénario 2 présente, sur ce point, un avantage : en supprimant la traversée complète, il rendrait les rodéos plus difficiles sur cet axe. Mais il impose aussi davantage de contraintes aux habitants eux-mêmes. La maire a donc replacé cette question au cœur du choix entre les scénarios : plus de continuité automobile signifie plus de simplicité pour certains usages, mais aussi davantage de risques de transit indésirable ; moins de continuité signifie plus d’apaisement potentiel, mais aussi plus de détours pour les riverains.
Les aménagements physiques doivent contribuer à réduire les vitesses : rétrécissement des voies, revêtements qualitatifs, espaces partagés, plantations et organisation moins rectiligne de certaines rues. La Ville envisage aussi de profiter des travaux pour installer la fibre nécessaire à de nouvelles caméras dans certains secteurs, afin de renforcer la surveillance et la réponse aux incivilités.
Les commerçants attendus dans la concertation
La réunion du lundi soir était consacrée aux habitants, mais les commerçants sont au cœur du projet. Une seconde réunion leur est dédiée le mardi 16 juin à 19 h 30. La Ville avait choisi de séparer les deux temps, comme elle l’avait fait pour l’axe Monge-Bossuet, afin de mieux recueillir les attentes spécifiques de chaque public.
La maire a rappelé que la requalification devait aussi soutenir la vitalité économique. La piétonnisation d’Auguste-Comte et des abords des Halles Champeaux pourrait améliorer les parcours piétons, renforcer l’attractivité commerciale et permettre de nouvelles animations. L’union commerciale souhaiterait notamment développer davantage d’événements le samedi. La Ville envisage donc d’intégrer des équipements techniques, comme des arrivées électriques, pour faciliter de petites animations de quartier.
Cette ambition économique devra toutefois s’équilibrer avec les attentes des résidents. La question des bars, des terrasses, des horaires, des livraisons, de la propreté, des déchets et du bruit restera centrale dans les prochains échanges.
Un chantier annoncé comme accompagné
Nathalie Koenders a longuement insisté sur la manière dont les travaux seront conduits. Selon elle, la qualité du chantier est aussi importante que la qualité du projet final. La Ville promet un accompagnement des habitants et commerçants, une attention aux horaires, aux livraisons, aux déménagements, aux accès aux immeubles et aux commerces.
Des médiateurs commerce et des interlocuteurs dédiés devraient être mobilisés. L’objectif affiché est de maintenir les accès riverains et commerçants pendant toute la durée du chantier, en traitant les situations particulières au cas par cas.
La maire a aussi profité de la réunion pour annoncer un autre chantier proche mais distinct : des travaux d’ODIVEA rue de la Préfecture, prévus du 6 juillet au 28 août 2026, sur les canalisations. Ces travaux ne concernent pas directement la rue Jean-Jacques Rousseau mais pourraient avoir un impact sur certains commerces et circulations du secteur durant l’été.
Une concertation encore ouverte
La réunion a parfois donné lieu à des échanges francs. Certains habitants ont défendu la nécessité d’un projet ambitieux pour végétaliser, sécuriser et moderniser le quartier. D’autres ont rappelé que le centre-ville reste un lieu habité, avec des contraintes quotidiennes très concrètes : se garer, rentrer chez soi, dormir la nuit, accéder à son garage, faire ses courses, accueillir des enfants ou des personnes âgées.
Nathalie Koenders a reconnu ces tensions. Elle a même indiqué que la consultation restait ouverte non seulement entre les deux scénarios proposés, mais aussi à l’idée de ne rien changer si tel devait être le choix majoritaire exprimé. La Ville affiche toutefois clairement sa volonté de poursuivre la transformation du centre-ville en conciliant trois dimensions : attractivité, qualité de vie et transition écologique.
Le 24 juin, à La Ferronnerie, les habitants pourront de nouveau venir consulter les panneaux, poser des questions et formuler des avis. D’ici là, la réunion des commerçants apportera une autre lecture du projet. C’est à partir de l’ensemble de ces contributions que la Ville devra arbitrer.
À ce stade, une chose est certaine : la requalification du secteur Jean-Jacques Rousseau–Auguste-Comte–Halles Champeaux ne se résume pas à un simple chantier de voirie. Elle concentre plusieurs débats urbains très contemporains : comment adapter un centre ancien au changement climatique ? Comment donner plus de place aux piétons sans exclure les habitants motorisés ? Comment soutenir les commerces sans aggraver les nuisances nocturnes ? Comment végétaliser un quartier dense sans sacrifier des usages quotidiens ? Et comment transformer l’espace public sans perdre l’équilibre fragile entre animation et tranquillité ?
La Ville veut faire de ce projet une nouvelle étape de l’apaisement du centre-ville dijonnais. Les riverains, eux, ont clairement rappelé que l’apaisement ne se décrète pas seulement sur les plans : il devra aussi se vérifier, chaque jour et chaque nuit, dans la vie réelle du quartier.







