Pouvoir d’achat en baisse, salaires jugés insuffisants, conditions de travail fragilisées, épisodes de fortes chaleurs : la CGT des territoriaux de Dijon organise mardi 23 juin 2026 un temps d’échange avec les agents de la Ville, du CCAS et de Dijon Métropole. Cette initiative s’inscrit dans une semaine nationale de mobilisation de la fonction publique territoriale, couverte en Côte-d’Or par un préavis de grève déposé du 22 au 26 juin.
À Dijon, la CGT des territoriaux veut replacer les agents publics au centre du débat. Mardi 23 juin 2026, de 11 h 30 à 13 h 30, le syndicat ira à la rencontre des personnels sur le parking du restaurant municipal La Petite Folie, site Sainte-Anne/Dumay. Le rendez-vous se veut à la fois convivial et revendicatif : autour d’un café ou d’une boisson fraîche, les représentants syndicaux souhaitent ouvrir un espace d’échange direct avec les agents de la Ville de Dijon, du CCAS et de Dijon Métropole.
Derrière cette initiative locale, la CGT entend mettre en lumière une situation qu’elle juge de plus en plus difficile pour les agents territoriaux. Dans son communiqué, l’organisation rappelle que ces personnels assurent quotidiennement des missions essentielles au fonctionnement du service public de proximité. Accueil des habitants, entretien des écoles et des espaces publics, restauration scolaire, petite enfance, culture, sport, action sociale, accompagnement des personnes fragiles : autant de secteurs dans lesquels les agents territoriaux sont présents, souvent en première ligne, et dont dépend une partie importante de la vie quotidienne des habitants.
À Dijon, la CGT évoque plus de 3 500 fonctionnaires territoriaux répartis dans différentes filières, notamment techniques, administratives, sociales ou encore d’animation. Ces métiers, parfois peu visibles, constituent pourtant l’ossature des services publics locaux. Pour le syndicat, le paradoxe est là : alors que ces agents font vivre concrètement le service public, ils subiraient une perte de pouvoir d’achat, une dégradation de leurs conditions de travail et une perte d’attractivité de leurs métiers.
La mobilisation dijonnaise s’inscrit dans un cadre plus large. Elle intervient pendant une semaine nationale d’action portée par la Fédération CGT des Services publics. En Côte-d’Or, cette séquence est couverte par un préavis de grève déposé par la Coordination syndicale départementale CGT des Services publics de Côte-d’Or, pour la période du 22 au 26 juin 2026. Le préavis concerne l’ensemble des agents de la fonction publique territoriale du département, de 0 h à 24 h sur toute la période.
Dans le courrier adressé à la préfète de Côte-d’Or, la CGT place la question salariale au cœur de son argumentaire. Le syndicat affirme que l’augmentation du Smic au 1er juin 2026, portée selon le document à 1 477,93 euros net par mois après une hausse de 2,4 %, met en évidence le décrochage des rémunérations dans la fonction publique. Selon la CGT, les prix de l’énergie, des carburants et de l’alimentation continuent d’augmenter, tandis que les rémunérations des agents publics ne suivraient pas au même rythme.
Le point d’indice, qui sert de base au calcul du traitement des fonctionnaires, cristallise particulièrement les critiques. La CGT reproche au gouvernement de refuser sa revalorisation, ainsi que celle des grilles indiciaires. Selon l’organisation syndicale, ce blocage provoquerait un tassement des carrières et conduirait de nombreux agents à se retrouver rémunérés à des niveaux très proches du Smic, malgré leur ancienneté, leur expérience ou leurs qualifications.
Dans son préavis, la CGT affirme que 862 000 agents publics se retrouveraient payés sous le montant du Smic et devraient percevoir une indemnité différentielle pour atteindre le minimum légal. Pour le syndicat, ce mécanisme ne résout pas le problème de fond. Il permettrait seulement de compenser ponctuellement un écart, sans reconnaître réellement les qualifications ni l’évolution des carrières. La CGT estime également que cette indemnité ne serait pas prise en compte dans le calcul de la retraite, ce qui accentuerait les pertes à long terme pour les agents concernés.
La revendication centrale du syndicat porte donc sur une hausse immédiate de la valeur du point d’indice. La CGT demande qu’il soit porté à 6,50 euros, contre 4,92 euros aujourd’hui selon son courrier. L’organisation affirme que si le point d’indice avait suivi l’inflation depuis 2000, il atteindrait précisément ce niveau. Cette revalorisation serait, selon elle, indispensable pour rattraper les pertes de pouvoir d’achat accumulées depuis plusieurs années et redonner du sens aux déroulements de carrière.
Au-delà du point d’indice, la CGT réclame une refonte complète des grilles indiciaires. Le syndicat estime que les grilles actuelles ne permettent plus de reconnaître correctement les qualifications, l’expérience professionnelle et les responsabilités assumées par les agents. Cette critique vise notamment la perte de différenciation entre les débuts de carrière et les agents expérimentés. Pour la CGT, lorsque les premiers niveaux de rémunération sont rattrapés par le Smic sans revalorisation générale, c’est toute la progression salariale qui se trouve comprimée.
La question des carrières est ainsi au cœur du mouvement. Le préavis de grève demande une reconnaissance réelle des qualifications, de l’expérience et des déroulements de carrière. Il réclame aussi le doublement du traitement entre le début et la fin de carrière complète. Cette revendication traduit une volonté de restaurer une perspective professionnelle dans la fonction publique territoriale, à un moment où les collectivités rencontrent des difficultés croissantes pour recruter et fidéliser leurs personnels.
La CGT lie directement ces difficultés de recrutement à la baisse d’attractivité des métiers territoriaux. Selon le syndicat, les collectivités ne pourront pas maintenir un service public de qualité si les agents ne bénéficient pas d’une rémunération correcte, d’une reconnaissance professionnelle et de conditions de travail respectueuses de leur santé. Le communiqué dijonnais insiste sur ce point : les missions publiques locales ne peuvent être assurées durablement sans agents reconnus et protégés.
La mobilisation du 23 juin doit aussi permettre d’aborder la question des arrêts maladie. La CGT des territoriaux de Dijon revendique le maintien de la rémunération à 100 % en cas d’arrêt. Dans le préavis départemental, le syndicat demande également la suppression du jour de carence. Pour l’organisation, les agents ne doivent pas être pénalisés financièrement lorsqu’ils sont malades, d’autant plus dans des métiers parfois physiquement exigeants, exposés aux contraintes de terrain ou aux risques professionnels.
Autre sujet mis en avant dans le communiqué dijonnais : les fortes chaleurs. À l’approche de l’été, la CGT réclame la mise en place de mesures de protection adaptées lors des épisodes de chaleur intense. Cette revendication concerne directement de nombreux agents territoriaux, notamment ceux qui travaillent en extérieur, dans les écoles, les équipements publics, les services techniques, la restauration ou encore l’accompagnement des publics vulnérables. Pour le syndicat, l’adaptation du travail aux conditions climatiques devient un enjeu de santé au travail à part entière.
La défense du droit de grève figure également parmi les revendications présentées aux agents. En organisant cette rencontre dans le cadre d’un préavis couvrant toute la semaine du 22 au 26 juin, la CGT entend rappeler l’importance de ce droit pour les personnels territoriaux. Le temps d’échange prévu à Dijon ne se limite donc pas à une information syndicale classique : il s’inscrit dans une séquence revendicative plus large, destinée à permettre aux agents de discuter de leurs droits, de leurs conditions de travail et des moyens d’action possibles.
Le syndicat met aussi l’accent sur les métiers féminisés, notamment ceux des ATSEM et de la petite enfance. Ces professions, souvent essentielles au fonctionnement quotidien des services aux familles et aux enfants, restent selon la CGT insuffisamment reconnues. La revendication d’une revalorisation des métiers féminisés rejoint celle d’une égalité salariale réelle entre les femmes et les hommes, également mentionnée dans le préavis de grève. Pour l’organisation syndicale, la reconnaissance de ces métiers passe à la fois par les salaires, les carrières et les conditions de travail.
La défense des retraites fait également partie du socle revendicatif. La CGT établit un lien entre rémunérations actuelles, déroulement de carrière et niveau futur des pensions. Lorsque les carrières sont tassées, lorsque certaines primes ou indemnités ne sont pas prises en compte, ou lorsque le pouvoir d’achat décroche durablement, les conséquences peuvent se prolonger jusqu’à la retraite. Le syndicat inscrit donc sa mobilisation dans une défense globale du statut, des droits sociaux et du service public.
À travers cette action, la CGT des territoriaux de Dijon cherche surtout à créer un moment de parole avec les agents. Le format choisi, sur le temps de midi, sur un lieu de passage identifié, traduit la volonté de toucher largement les personnels, au plus près de leur quotidien. Le syndicat veut entendre les difficultés concrètes rencontrées dans les services, mais aussi porter des revendications nationales à partir des réalités locales.
Cette mobilisation intervient dans un contexte de tension pour la fonction publique territoriale. Les collectivités doivent maintenir des services attendus par la population, tout en faisant face à des contraintes budgétaires, à des besoins croissants et à des difficultés de recrutement. Pour la CGT, la réponse ne peut pas reposer sur l’épuisement des agents ni sur la banalisation des bas salaires. Le syndicat défend au contraire l’idée qu’un service public local solide suppose des personnels mieux rémunérés, mieux protégés et davantage considérés.
Mardi 23 juin, à Dijon, la CGT veut donc faire de ce temps d’échange un point d’appui pour la mobilisation. Entre revendications salariales, défense des conditions de travail, protection face aux fortes chaleurs, reconnaissance des métiers féminisés et défense du droit de grève, l’organisation syndicale entend rappeler que les agents territoriaux ne sont pas seulement des exécutants du service public : ils en sont les piliers quotidiens.
Pour la CGT, la question posée dépasse le seul cadre salarial. Elle touche à la capacité des collectivités à continuer d’assurer des services publics de proximité accessibles, fiables et humains. À Dijon comme ailleurs, le syndicat affirme qu’il ne peut y avoir de service public de qualité sans agents respectés dans leurs droits, leur santé, leur rémunération et leur carrière.
