Alors que l’examen de la loi sur la fin de vie débute cette semaine à l’Assemblée nationale, Jean-François Dodet, membre du Collectif démocratie, éthique et solidarité, prend publiquement position contre le texte relatif à l’aide à mourir. Dans un communiqué daté du lundi 22 juin 2026, il appelle les parlementaires et le gouvernement à suspendre l’examen d’une réforme qu’il juge insuffisamment aboutie et porteuse de nombreuses questions éthiques, sociales et médicales.
À l’approche du vote annoncé sur la proposition de loi, prévu le 15 juillet 2026, le Collectif démocratie, éthique et solidarité interpelle les principales instances éthiques nationales. Le CDES dit s’inquiéter des évolutions du texte et de leurs conséquences sur les principes du soin, les droits fondamentaux et la protection des personnes vulnérables. Pour le collectif, cette réforme ne constitue pas une simple adaptation du droit existant, mais une rupture majeure dans la manière dont la société envisage l’accompagnement de la fin de vie.
Jean-François Dodet relaie notamment les dix questions formulées par le CDES. Celles-ci portent sur plusieurs points sensibles : les critères d’éligibilité à l’aide à mourir, la vérification du consentement, la place des familles, la collégialité des décisions, mais aussi la qualification de la mort provoquée comme « mort naturelle ». Le collectif regrette, dans ce contexte, le silence des instances éthiques face aux dernières modifications du texte et demande une prise de position publique avant le 30 juin 2026.
Le communiqué insiste également sur plusieurs chiffres destinés à alerter les élus. Jean-François Dodet rappelle d’abord que le Sénat a majoritairement rejeté ce texte et affirme qu’« à peine 53 % des députés » auraient pris part aux votes. Pour le CDES, ces éléments interrogent la solidité démocratique du processus engagé sur un sujet aussi sensible.
Autre chiffre mis en avant : selon le communiqué, seuls 12 pays sur les 195 que compte le monde ont légalisé une aide active à mourir. Le collectif estime que cette réalité doit inviter à la prudence, d’autant qu’il affirme que des doutes persistent sur les conséquences sociétales observées dans les pays ayant adopté ce type de législation depuis plus longtemps.
Jean-François Dodet met aussi au centre du débat la question des soins palliatifs. Le communiqué avance que 500 personnes mourraient chaque jour en France sans bénéficier des soins palliatifs dont elles auraient besoin, faute de moyens financiers suffisants. Pour lui, cette situation devrait constituer une priorité nationale avant toute légalisation d’une aide active à mourir.
Dans son argumentaire, le CDES estime que le pays est déjà confronté à plusieurs urgences majeures, évoquant notamment l’envolée des déficits en 2026, les critiques visant le fonctionnement de la justice ou encore le narcotrafic. Dans ce contexte, Jean-François Dodet considère que le gouvernement et les députés seraient « bien inspirés » de suspendre un texte qu’il qualifie de « mal ficelé ».
Le communiqué affirme par ailleurs que la majorité des soignants directement concernés n’approuverait pas cette réforme. Pour le collectif, le débat ne peut donc pas se limiter à une approche législative ou philosophique : il doit aussi prendre en compte la réalité du terrain médical, les conditions de travail des professionnels de santé et les moyens effectivement accordés à l’accompagnement des personnes en fin de vie.
Cette prise de position s’inscrit dans une mobilisation plus large contre la proposition de loi. Le communiqué annonce ainsi qu’une manifestation doit se tenir le 23 juin aux Invalides, à l’initiative de l’association « Les éligibles et leurs aidants », qui rassemble des personnes handicapées, des soignants et des familles opposés au texte.
À travers cette intervention, Jean-François Dodet demande donc un temps d’arrêt dans le calendrier parlementaire. Pour le CDES, une loi sur la fin de vie ne peut être adoptée sans un éclairage éthique indépendant, un débat démocratique approfondi et un renforcement préalable des soins palliatifs. Le collectif appelle ainsi à replacer la protection des plus vulnérables et les principes du soin au cœur de la discussion nationale.
