Un an après son lancement opérationnel, le Club des ETI Bourgogne-Franche-Comté a tenu sa première assemblée générale annuelle, mardi 30 juin, au Domaine de la Pinte à Arbois. L’occasion pour ce collectif de dirigeants de dresser un premier bilan et d’affirmer son ambition : faire entendre plus fortement la voix des entreprises de taille intermédiaire dans la région.
Créé en mars 2025 et véritablement lancé en septembre de la même année, le Club des ETI Bourgogne-Franche-Comté revendique déjà une place singulière dans le paysage économique régional. En moins d’un an, il est parvenu à réunir 20 dirigeants d’entreprises de taille intermédiaire, soit près d’un quart du potentiel régional estimé. Une progression rapide pour une structure qui s’est donnée pour mission de fédérer ces entreprises souvent discrètes, mais essentielles à l’économie locale.
En Bourgogne-Franche-Comté, les ETI représentent un poids considérable. Le territoire en compte environ 90, pour un chiffre d’affaires cumulé évalué à 17 milliards d’euros et près de 50 000 collaborateurs. À lui seul, le Club ETI BFC rassemble aujourd’hui des entreprises représentant 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 13 000 salariés. Ces chiffres traduisent l’importance de ces acteurs économiques, à la fois ancrés dans les territoires, porteurs de savoir-faire industriels et engagés dans les enjeux de réindustrialisation.
Cette première assemblée générale annuelle, organisée à Arbois, a donc constitué un moment symbolique. Elle a permis de revenir sur les actions menées depuis le lancement du Club, mais aussi de tracer les perspectives des mois à venir. Depuis septembre 2025, le collectif a multiplié les rendez-vous : réunions plénières, rencontres physiques, webinaires et ateliers thématiques. Les sujets abordés reflètent les préoccupations majeures des dirigeants d’ETI : compétitivité industrielle, fiscalité, financement, énergie, cybersécurité, ressources humaines, transmission d’entreprise et attractivité des talents.
Pour Vincent Martin, président du Club ETI Bourgogne-Franche-Comté, la dynamique engagée confirme la pertinence de cette initiative. Le dirigeant estime que le pari lancé il y a un an est « en partie gagné », puisque les ETI régionales disposent désormais d’un espace commun pour échanger, construire des positions collectives et dialoguer directement avec les pouvoirs publics.
L’influence est précisément l’un des axes majeurs du Club. Depuis sa création, celui-ci a déjà rencontré à plusieurs reprises le préfet de région ainsi que le président du Conseil régional. Ces échanges traduisent la volonté du collectif de devenir un interlocuteur régulier des décideurs publics et économiques. L’objectif est clair : faire reconnaître le rôle stratégique des ETI dans le développement régional et dans la transformation industrielle du pays.
La présence de plusieurs personnalités lors de cette assemblée générale a renforcé cette dimension. Renaud Dutreil, ancien ministre et figure associée aux politiques de soutien aux PME et ETI, est notamment intervenu sur le thème de la transmission d’entreprise. Un sujet particulièrement sensible pour de nombreuses entreprises familiales ou patrimoniales, confrontées dans les prochaines années à des enjeux de succession, de continuité du capital et de maintien de l’emploi.
Frédéric Coirier, co-président du METI et président-directeur général de Poujoulat, a pour sa part rappelé les combats portés au niveau national par le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire. Fiscalité de production, simplification administrative, reconnaissance européenne de la catégorie ETI, souveraineté industrielle et réindustrialisation figurent parmi les priorités défendues par l’organisation. Autant de sujets qui résonnent fortement dans une région marquée par une tradition industrielle importante.
Arnaud Marthey, conseiller régional et président de l’Agence économique régionale, a également souligné le rôle déterminant des ETI dans la résilience économique des territoires. Leur capacité à investir, à former, à innover et à maintenir des emplois locaux en fait des acteurs structurants pour l’avenir de la Bourgogne-Franche-Comté. Des actions communes entre le Club et les acteurs régionaux devraient d’ailleurs être lancées dans les prochains mois.
Au-delà des rencontres institutionnelles, le Club entend aussi renforcer la visibilité publique des ETI. Sa communication s’est structurée autour de prises de parole régulières, notamment sur les réseaux sociaux et auprès de la presse quotidienne régionale. L’enjeu est double : valoriser les entreprises du territoire, mais aussi les défendre lorsque leurs intérêts ou leurs contraintes sont insuffisamment pris en compte dans le débat public.
Pour le Club des ETI Bourgogne-Franche-Comté, cette première année marque donc moins un aboutissement qu’un point de départ. Le collectif veut désormais élargir son cercle, attirer de nouveaux dirigeants et consolider son rôle de porte-voix régional. Dans un contexte économique marqué par les tensions sur l’énergie, les difficultés de recrutement, les mutations industrielles et les enjeux de transmission, les ETI entendent peser davantage.
« Chaque ETI qui rejoint notre collectif renforce notre capacité à être entendus », résume Vincent Martin. Le message est clair : les entreprises de taille intermédiaire veulent sortir de l’ombre et prendre toute leur place dans les discussions sur l’avenir économique de la Bourgogne-Franche-Comté.





