Deux équipes de chercheurs français et suisses convergent actuellement vers Dijon à vélo, à l’occasion de la deuxième édition du projet VéloClimat. Équipés de capteurs micro-météorologiques, les scientifiques étudient l’effet de la surchauffe urbaine sur les déplacements à bicyclette. Une rencontre participative sera proposée aux habitants mardi 7 juillet.
Des scientifiques sur les routes pour mieux comprendre les effets de la chaleur en ville. Depuis le 28 juin, deux équipes de chercheuses et de chercheurs français et suisses parcourent plusieurs centaines de kilomètres à vélo en direction de Dijon, où se tiendra le 39e colloque annuel de l’Association internationale de climatologie.
La première équipe a quitté Redon, en Bretagne, le 28 juin. La seconde doit prendre le départ de Genève ce vendredi 3 juillet. Leur point commun : des vélos équipés de capteurs capables d’enregistrer des données micro-météorologiques tout au long du trajet.
Baptisés « sciencyclistes », ces chercheurs ne se contentent pas de rejoindre leur lieu de colloque par un mode de transport décarboné. Leur parcours constitue aussi un terrain d’étude grandeur nature pour observer les variations de température auxquelles les cyclistes sont confrontés selon les villes, les quartiers et les aménagements traversés.
Mieux prendre en compte la chaleur dans les aménagements cyclables
L’édition 2026 de VéloClimat s’inscrit dans le programme de recherche UMOVE-CC, consacré aux mobilités à vélo dans le contexte du changement climatique. Son objectif est d’intégrer la notion de confort thermique dans l’évaluation des infrastructures cyclables et dans la conception de futurs aménagements.
Avec la multiplication des épisodes de forte chaleur, la qualité d’un itinéraire cyclable ne dépend plus seulement de sa sécurité, de sa continuité ou de son accessibilité. L’exposition au soleil, la présence d’arbres, la nature des revêtements, la circulation automobile ou encore la proximité des bâtiments peuvent fortement modifier la température ressentie par les usagers.
Les données recueillies doivent ainsi permettre de mieux identifier les secteurs où la pratique du vélo devient particulièrement inconfortable lors des périodes chaudes. À terme, les chercheurs espèrent contribuer à la création de parcours plus ombragés et mieux adaptés aux conséquences du dérèglement climatique.
Des mesures réalisées avec les habitants
Le projet repose également sur une démarche participative. À chacune des principales étapes, les chercheurs organisent des ateliers appelés « ThermoParties ». Ces rencontres doivent permettre aux habitants de participer directement à la collecte des données.
Des ateliers sont programmés à Allaire, Nantes, Tours et Nevers pour l’équipe partie de Bretagne. Le groupe venant de Suisse fera quant à lui étape à Genève, Yverdon-les-Bains et Dole avant d’arriver à Dijon.
Lors de ces rendez-vous, des capteurs sont installés sur les vélos des participants. Ces derniers sont ensuite invités à circuler dans différents quartiers afin de mesurer la température de l’air et d’observer les écarts entre plusieurs environnements urbains.
Les résultats sont ensuite reportés sur une carte interactive. Celle-ci sert de support aux échanges sur le rôle de la végétation, de l’ombre, des bâtiments et des aménagements dans la création ou la limitation des îlots de chaleur.
Une ThermoParty organisée le 7 juillet à Dijon
Ville d’arrivée des deux équipes, Dijon accueillera sa ThermoParty mardi 7 juillet. Le rendez-vous est fixé à partir de 18 h 30 à la salle des Chantalistes, située au 26 avenue Eiffel.
Les Dijonnaises et les Dijonnais pourront y rencontrer les chercheurs, découvrir leurs travaux et participer aux relevés de température dans la ville. La soirée doit également permettre de réfléchir collectivement aux solutions susceptibles d’améliorer les conditions de circulation des cyclistes lors des épisodes de chaleur.
L’association locale EVAD – Ensemble à vélo participe à l’organisation de cette étape dijonnaise et à la mobilisation des cyclistes. Son implication doit faciliter la mise en relation entre les équipes scientifiques et les usagers qui parcourent quotidiennement les rues de l’agglomération.
Au-delà du colloque scientifique, VéloClimat entend ainsi rapprocher la recherche du grand public. En faisant des habitants des acteurs de la collecte, le projet cherche à rendre plus visibles des phénomènes parfois difficiles à percevoir à l’échelle d’une ville, mais qui influencent directement les déplacements et la qualité de vie.
Le programme détaillé de l’édition 2026 est disponible sur la page officielle du projet VéloClimat.
