Un véhicule a de nouveau été incendié, tôt ce matin, rue George-Sand à Chenôve. Face à la succession d’actes criminels enregistrés ces dernières semaines, l’inquiétude et le mécontentement grandissent parmi les habitants.
Les incidents se poursuivent à Chenôve, au plus grand désarroi des habitants. Ce vendredi matin, vers 5 heures, un véhicule a été incendié rue George-Sand. Un nouvel acte qui vient s’ajouter à une série de dégradations et d’incendies volontaires survenus récemment dans la commune.
Comment expliquer cette multiplication des incidents ? Il est difficile d’apporter une réponse simple. Une chose est certaine : leur répétition dans certains quartiers nourrit un profond sentiment de lassitude. Au fil des jours, l’inquiétude et le ras-le-bol gagnent une partie de la population, qui réclame davantage de tranquillité et de sécurité.
Des équipements publics pris pour cible
Le 6 juillet 2026, le maire de Chenôve, Thierry Falconnet, avait dénoncé des actes qu’il qualifiait d’« inadmissibles », après les incendies ayant touché une école et une bibliothèque.
« Jusqu’à présent, les incendies visaient essentiellement des véhicules, des conteneurs ou du mobilier urbain. Ces faits étaient déjà inacceptables. Cette fois, ce sont deux équipements publics essentiels qui ont été pris pour cible : une école et une bibliothèque. Deux établissements qui incarnent ce que la République offre de plus fondamental : l’instruction, l’accès au savoir, la culture, l’égalité des chances et le service public », déclarait-il.
L’élu ajoutait qu’« en l’espace d’une semaine, notre commune a connu autant d’incendies volontaires que durant les six derniers mois ».
Face à une telle succession d’actes, Thierry Falconnet estimait également qu’« une commune ne peut pas, seule, faire face durablement à une telle succession d’actes criminels ».
L’État sommé d’agir davantage
La municipalité ne peut effectivement répondre seule à cette situation. Le maintien de l’ordre public, les enquêtes judiciaires et l’application des lois relèvent avant tout de la responsabilité de l’État. Or, pour de nombreux habitants, les moyens actuellement déployés sur le terrain apparaissent largement insuffisants face à l’ampleur et à la répétition des faits. Cette insuffisance nourrit un sentiment d’abandon et d’incompréhension au sein de la population.
Il faut le dire clairement : l’État est aujourd’hui appelé à prendre pleinement ses responsabilités à Chenôve. Sans une présence renforcée des forces de l’ordre, sans moyens judiciaires adaptés et sans une stratégie durable, les actes criminels continueront de se multiplier. Dans ces conditions, les habitants ont le sentiment que les dés sont déjà jetés, que la situation ne peut que se dégrader si rien n’est fait rapidement et efficacement.
Le principe selon lequel « force doit rester à la loi » semble aujourd’hui fragilisé à Chenôve, comme dans d’autres communes de la métropole dijonnaise confrontées à des problématiques similaires. Restaurer l’autorité de la loi ne peut se faire sans une volonté politique forte et des moyens concrets sur le terrain.
L’enjeu est désormais majeur. L’État se trouve face à une responsabilité claire : investir durablement pour rétablir la sécurité et la confiance, ou laisser s’installer un climat d’insécurité qui pèse chaque jour davantage sur la vie des habitants. Sans engagement réel et sans moyens à la hauteur, le risque est grand de voir la situation s’enliser durablement.

