Alors que la canicule et la sécheresse accentuent fortement le risque d’incendie, les huit massifs forestiers de la Côte-d’Or sont désormais classés en risque sévère. Dans un communiqué publié ce lundi 13 juillet 2026, la préfète Violaine Démaret appelle les habitants à la plus grande vigilance et rappelle les mesures exceptionnelles prises à l’approche des festivités du 14 juillet.
La situation devient particulièrement préoccupante en Côte-d’Or. Confronté à une période de canicule et de sécheresse intenses, le département connaît depuis le début du mois de juillet une multiplication des feux de forêt, de végétation et de cultures.
Depuis le 6 juillet, les huit massifs forestiers de la Côte-d’Or sont placés en risque sévère d’incendie par décision de Violaine Démaret, préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté et préfète de la Côte-d’Or. La préfecture confirme que les conditions météorologiques et l’assèchement de la végétation imposent une vigilance renforcée sur l’ensemble du territoire.
Près de 90 incendies depuis le début du mois
Les conséquences de cette situation sont déjà importantes. Selon le bilan communiqué par la préfecture, 89 incendies ont été recensés depuis le 1er juillet dans le département. Ils ont entraîné la destruction de 222 hectares de forêts et de champs.
La situation s’est encore intensifiée dimanche 12 juillet. Au cours de cette seule journée, 12 incendies ont détruit 38 hectares de végétation.
Ces nombreux départs de feu mobilisent d’importants moyens humains et matériels. Les sapeurs-pompiers, les forces de sécurité intérieure et les services de l’État interviennent pour protéger les habitants, les exploitations agricoles, les bâtiments et les espaces naturels menacés.
Dans un environnement rendu extrêmement sec par les fortes chaleurs et l’absence d’eau, un incendie peut se propager rapidement. La préfecture insiste donc sur la nécessité d’éviter tout comportement susceptible de produire une flamme, une étincelle ou une source de chaleur à proximité de la végétation.
« Chaque comportement compte »
Face au niveau élevé du danger, Violaine Démaret en appelle à la vigilance et à la responsabilité de chacun.
Jeter un mégot encore incandescent depuis la fenêtre d’un véhicule, fumer en forêt ou allumer un barbecue à proximité d’un espace boisé sont notamment des comportements interdits. Ils peuvent être à l’origine d’incendies dont les conséquences humaines, environnementales et matérielles seraient considérables.
« Une seule étincelle peut suffire à provoquer un incendie », prévient la préfecture.
Un tel départ de feu peut mettre en danger la vie des habitants, des promeneurs, des personnels de secours et des animaux. Il peut également détruire durablement des forêts, des cultures, des milieux naturels et des habitats essentiels à la biodiversité.
Les flammes peuvent enfin menacer des maisons, des bâtiments agricoles, des entreprises et différentes infrastructures situées à proximité des zones touchées.
La préfecture demande donc à chacun d’adapter immédiatement ses comportements, de respecter les mesures de prévention et de signaler sans délai toute fumée suspecte ou tout départ de feu.
Des interdictions renforcées pour les festivités du 14 juillet
À l’approche de la fête nationale et dans le contexte de la Coupe du monde de football, les autorités redoutent une multiplication des rassemblements, des usages d’artifices et des comportements susceptibles de provoquer des incendies.
Des mesures particulières ont ainsi été prises afin que les festivités puissent se dérouler dans les meilleures conditions de sécurité.
La vente, la cession et l’utilisation des artifices de divertissement et des articles pyrotechniques sont interdites sur l’ensemble du département de la Côte-d’Or jusqu’au 20 juillet 2026.
Cette interdiction concerne notamment les pétards, les fusées et les différents dispositifs pyrotechniques susceptibles de produire des flammes, des étincelles ou des projections incandescentes. Les arrêtés préfectoraux encadrant temporairement les artifices et les carburants ont été publiés par les services de l’État.
La distribution, l’achat et la vente à emporter de carburants et de combustibles sont également interdits pendant cette période. Ces mesures visent à limiter les risques d’incendie, mais aussi les usages dangereux de produits inflammables pendant les rassemblements et les festivités.
Les autorités appellent les habitants à respecter strictement ces interdictions, compte tenu du niveau de sécheresse de la végétation et du nombre déjà élevé d’incendies constatés depuis le début du mois.
La canicule représente également un risque sanitaire
Au risque d’incendie s’ajoutent les conséquences sanitaires des fortes chaleurs. La préfecture rappelle que les températures élevées peuvent rapidement fragiliser l’organisme, notamment celui des personnes âgées, des jeunes enfants, des personnes malades, isolées ou en situation de vulnérabilité.
Il est recommandé de boire régulièrement de l’eau, même en l’absence de sensation de soif. Les efforts physiques et les sorties doivent être limités pendant les heures les plus chaudes de la journée.
Pour conserver un logement aussi frais que possible, les volets et les fenêtres doivent être fermés pendant la journée, particulièrement lorsque la température extérieure devient supérieure à celle de l’habitation.
Les habitants sont également invités à prendre régulièrement des nouvelles de leurs proches, de leurs voisins âgés ou des personnes vivant seules. Les communes peuvent mettre à disposition des lieux ou des îlots de fraîcheur, dont les emplacements peuvent être obtenus auprès des mairies.
En cas de malaise ou de situation jugée préoccupante, la préfecture rappelle qu’il convient d’appeler immédiatement le 15.
Trois secteurs placés au niveau de crise sécheresse
La sécheresse entraîne également un renforcement des restrictions concernant l’utilisation de l’eau. Des mesures sont en vigueur dans le département depuis le 6 juillet.
Le suivi de la situation hydrologique a mis en évidence une nouvelle aggravation. Trois secteurs ont désormais franchi le seuil de crise, qui correspond au niveau le plus élevé. Neuf zones sont placées en alerte renforcée et deux autres secteurs se trouvent en alerte.
Les services de l’État précisent que tous les usagers de l’eau sont concernés par les mesures en vigueur. Un arrêté préfectoral fixe les pratiques temporairement limitées ou suspendues selon les secteurs et les niveaux d’alerte.
Les restrictions peuvent concerner les particuliers, les collectivités, les agriculteurs et les acteurs économiques. Il appartient donc à chaque usager de consulter l’arrêté préfectoral afin de connaître précisément les règles applicables dans sa commune et à son activité.
La protection de la ressource en eau devient une priorité alors que les cours d’eau et les milieux naturels subissent directement les effets de la sécheresse prolongée.
Une mobilisation totale des services de secours
La préfète de la Côte-d’Or assure que la mobilisation des services de l’État, des forces de sécurité intérieure et des sapeurs-pompiers est totale pour protéger la population, les habitations, les activités professionnelles, les espaces naturels et la biodiversité.
Violaine Démaret a tenu à saluer l’engagement, le professionnalisme et la disponibilité de l’ensemble des personnels mobilisés face aux incendies et aux conséquences de la canicule.
La préfecture rappelle cependant que l’action des services de secours ne peut suffire sans la participation de la population. Dans les conditions actuelles, chaque imprudence peut provoquer un nouveau départ de feu et mobiliser des moyens qui pourraient être nécessaires sur une autre intervention.
À l’inverse, le respect des interdictions, l’économie de la ressource en eau, l’attention portée aux personnes vulnérables et le signalement rapide des fumées peuvent contribuer directement à limiter les risques.
« Notre territoire est un bien commun, sa protection relève de notre responsabilité collective », souligne la préfecture.
Face à une situation qui associe canicule, sécheresse et risque élevé d’incendie, les autorités résument leur appel à la mobilisation en trois principes : « Tous unis, tous vigilants, tous responsables. »
