Le Parti radical organisera son université de rentrée et son 126e congrès national les 10 et 11 octobre 2026 à Dijon. Un rendez-vous hautement symbolique pour la formation politique, qui n’avait plus tenu de congrès dans la capitale des ducs de Bourgogne depuis 1908.
Dijon s’apprête à accueillir un rendez-vous politique chargé d’histoire. Le Parti radical a choisi la capitale bourguignonne pour organiser son université de rentrée 2026, associée au 126e congrès national de la formation, les samedi 10 et dimanche 11 octobre.
L’annonce a été accompagnée d’un visuel reprenant les couleurs bleu et magenta du mouvement ainsi que son emblème historique. Le lieu précis des rencontres, le nombre de participants attendus et le programme détaillé des deux journées n’ont pas encore été communiqués.
Une certitude demeure cependant : ce retour à Dijon ne sera pas un congrès comme les autres. Il faudra remonter 118 ans en arrière pour retrouver la trace du précédent grand rassemblement national du Parti radical dans la ville.
Un retour à Dijon plus d’un siècle après le congrès de 1908
Du 8 au 11 octobre 1908, Dijon avait accueilli le huitième congrès du Parti républicain, radical et radical-socialiste, nom officiel porté historiquement par la formation. Les actes de cette réunion, qui comptent plusieurs centaines de pages, témoignent de l’importance des débats organisés alors dans la capitale bourguignonne.
Le Parti radical se trouvait à cette époque au cœur de la vie politique de la Troisième République. Le mouvement participait pleinement aux grandes discussions concernant l’école, la laïcité, la fiscalité, la protection sociale et l’organisation des institutions.
Le congrès dijonnais de 1908 s’était notamment intéressé à l’avenir de l’enseignement. Un vœu avait été adopté à l’unanimité à partir d’un rapport de Ferdinand Buisson, figure républicaine et défenseur de l’école laïque, consacré au prolongement de l’œuvre scolaire de la Troisième République.
Le retour du mouvement à Dijon en octobre 2026 établira ainsi un lien direct entre deux périodes très différentes de l’histoire politique française : celle d’un parti alors dominant sous la Troisième République et celle d’une formation qui cherche aujourd’hui à retrouver une place plus visible dans un paysage politique fragmenté.
Le plus ancien parti politique français
Créé à Paris lors d’un congrès fondateur organisé du 21 au 23 juin 1901, le Parti républicain, radical et radical-socialiste est considéré comme le plus ancien parti politique français encore en activité. Sa création avait permis de réunir dans une même organisation nationale des parlementaires, des élus locaux, des comités républicains et différents courants issus du radicalisme.
Durant une grande partie de la Troisième République, les radicaux ont occupé une position centrale. Ils ont participé à de nombreux gouvernements et accompagné plusieurs transformations majeures du pays. Leur histoire reste étroitement liée à la défense de la République, à la laïcité, à l’école publique, aux libertés individuelles, au progrès social et à l’enracinement territorial.
Le Parti radical revendique aujourd’hui encore les principes de laïcité, de solidarité et d’écologie, ainsi qu’une identité sociale-libérale cherchant à concilier liberté individuelle et responsabilité collective. Il défend également la décentralisation, l’intégration européenne et une action politique reposant largement sur les élus locaux.
Dans son histoire, le mouvement a compté ou accueilli de nombreuses personnalités ayant marqué la vie politique française. Les trajectoires de ces responsables et les divisions successives de la famille radicale témoignent également des transformations des équilibres entre la gauche, le centre et la droite depuis le début du XXe siècle.
Un congrès placé sous la présidence de Nathalie Delattre
Le rendez-vous dijonnais sera le premier grand congrès organisé sous la présidence de Nathalie Delattre, élue à la tête du Parti radical le 19 octobre 2025.
La sénatrice de la Gironde avait remporté l’élection interne avec 65,3 % des suffrages face à Dominique Faure. Elle est devenue à cette occasion la première femme élue à la présidence du mouvement depuis sa fondation en 1901. Son mandat est prévu pour une durée de trois ans.
Lors de son élection, Nathalie Delattre avait affiché sa volonté de préserver l’indépendance du Parti radical et de renforcer son rôle dans le débat public. Elle avait également défendu une ligne fondée sur la laïcité, la liberté, la solidarité, l’ordre républicain et la présence des élus de proximité.
Le congrès de Dijon devrait donc constituer une étape importante dans la mise en œuvre de cette nouvelle orientation. Il permettra à la direction nationale de présenter son bilan, de préciser ses priorités et de mobiliser ses fédérations à l’approche des prochaines échéances nationales.
Un rendez-vous déjà tourné vers 2027
Au-delà de sa dimension historique, la tenue de ce congrès en octobre 2026 possédera une portée politique évidente. Le Parti radical a annoncé en décembre 2025 son intention de participer pleinement au débat précédant l’élection présidentielle de 2027 et d’œuvrer à la présentation d’une candidature issue de ses rangs.
Le rendez-vous dijonnais pourrait ainsi servir de cadre à l’élaboration ou à la présentation des propositions que la formation entend défendre durant la campagne présidentielle. Les orientations arrêtées lors des travaux pourraient concerner la justice sociale, la laïcité, l’éducation, la sécurité, la santé, le logement, l’écologie, la décentralisation, la réforme des institutions ou encore la construction européenne.
Une publication du mouvement relative au congrès des 10 et 11 octobre indique d’ailleurs que les propositions présentées à Dijon doivent contribuer au débat présidentiel et aux échéances électorales à venir.
Le rassemblement sera donc observé pour savoir si le Parti radical choisit de défendre une candidature autonome, de favoriser une coalition plus large ou de se positionner comme force de propositions au sein d’un rassemblement central et républicain.
À ce stade, aucune liste complète d’intervenants ni aucun ordre du jour officiel n’ont été dévoilés.
Une université de rentrée associée au congrès
L’événement est présenté à la fois comme une université de rentrée et comme le 126e congrès du Parti radical. Cette double appellation laisse entrevoir deux dimensions complémentaires.
L’université de rentrée devrait offrir un espace de réflexion et d’échanges entre militants, élus, parlementaires, experts et responsables des fédérations départementales. Des tables rondes, ateliers et débats pourraient accompagner les réunions statutaires du mouvement, sous réserve de confirmation lors de la publication du programme.
Le congrès sera, pour sa part, consacré aux orientations politiques et à l’organisation interne. Il pourrait permettre l’adoption de résolutions, la définition d’une stratégie nationale et la présentation des travaux conduits par les différentes commissions thématiques du parti.
La direction affirme vouloir renforcer sa capacité de proposition et préparer les futures échéances nationales en maintenant une ligne indépendante. Elle revendique une République exigeante, une action publique responsable et un positionnement capable de dépasser les affrontements traditionnels entre les grands blocs politiques.
Dijon, capitale politique le temps d’un week-end
En accueillant ce rassemblement, Dijon recevra des responsables et militants venus de différentes régions françaises. Cette présence devrait donner à la ville une visibilité nationale pendant les deux journées du congrès.
Le choix d’une grande ville située en dehors de Paris correspond aussi à l’importance accordée par le Parti radical aux territoires et aux collectivités locales. Historiquement, le mouvement s’est largement développé autour de ses maires, conseillers municipaux, parlementaires et responsables départementaux.
La capitale bourguignonne possède également une forte dimension symbolique pour la famille radicale. Le retour dans une ville déjà choisie en 1908 permettra au mouvement de mettre en scène la continuité de son histoire, tout en cherchant à ouvrir une nouvelle séquence politique.
Les organisateurs devraient ainsi pouvoir s’appuyer sur cette filiation historique : le huitième congrès de 1908 avait réuni les radicaux dans une France dominée par les débats sur l’école, la laïcité et les réformes sociales ; le 126e congrès de 2026 devra définir la manière dont ces mêmes principes peuvent être adaptés aux bouleversements du XXIe siècle.
Entre héritage et volonté de reconquête
Le congrès de Dijon interviendra à un moment décisif pour le Parti radical. La formation bénéficie d’un héritage politique exceptionnel, mais doit désormais convaincre qu’elle possède encore une voix particulière et des propositions capables de répondre aux préoccupations contemporaines.
Pendant deux jours, ses responsables chercheront vraisemblablement à démontrer que le radicalisme ne constitue pas seulement une référence historique. La direction veut en faire une pensée politique actuelle, fondée sur la recherche du compromis, la défense des libertés, l’autorité républicaine, la solidarité et la proximité territoriale.
Le choix de Dijon illustre parfaitement cette volonté de conjuguer mémoire et avenir. En revenant dans la capitale bourguignonne 118 ans après le congrès de 1908, le Parti radical entend rappeler la profondeur de ses racines tout en préparant les débats politiques de 2027.
Les 10 et 11 octobre 2026, Dijon deviendra ainsi, le temps d’un week-end, le point de rencontre des héritiers du plus ancien parti politique français. Reste désormais à connaître le programme complet, les personnalités présentes et les décisions qui sortiront de ce 126e congrès placé sous le signe de l’histoire et de la relance.

