Le secteur des mobilités représente plus de 6 600 entreprises et 64 000 emplois en Bourgogne-Franche-Comté. Le « Focus régional 2026 » publié par OPCO Mobilités met en lumière le poids des transports routiers et des services de l’automobile, mais aussi le vieillissement des effectifs et les bons résultats de l’alternance en matière d’insertion professionnelle.
Les métiers de la mobilité occupent une place importante dans l’économie de Bourgogne-Franche-Comté. Selon l’édition 2026 du « Focus régional » d’OPCO Mobilités, la région compte 6 621 entreprises, 9 310 établissements et 64 290 salariés relevant des différentes branches du transport, de l’automobile et des services associés. Ces chiffres représentent environ 4 % du total national.
Derrière ces données globales se dessine un secteur très diversifié, allant du transport routier aux services automobiles, en passant par le ferroviaire, les transports publics urbains, le tourisme, la navigation fluviale ou encore la distribution de boissons. Deux activités concentrent cependant l’essentiel des emplois : les transports routiers et les services de l’automobile.
Le transport routier, premier employeur du secteur
Avec 32 133 salariés, le transport routier et les activités auxiliaires du transport constituent la principale branche des mobilités dans la région. Celle-ci rassemble 1 746 entreprises et 2 500 établissements. Les femmes n’y représentent que 23 % des effectifs, ce qui confirme le caractère encore très masculin de nombreux métiers liés au transport de marchandises, à la logistique et à la conduite.
Les services de l’automobile occupent également une place centrale dans le tissu économique régional. Ils réunissent 4 520 entreprises, 5 947 établissements et 21 532 salariés. Cette branche comprend notamment les activités de réparation et d’entretien, le commerce automobile et différents services liés aux véhicules. Les femmes y représentent 26 % des salariés.
À elles seules, ces deux grandes branches regroupent plus de 53 000 emplois. Elles témoignent de l’importance des activités de transport et de maintenance automobile dans une région étendue, où les déplacements routiers restent essentiels à la vie économique comme aux mobilités quotidiennes.
Le ferroviaire compte plus de 7 500 salariés
Le ferroviaire constitue le troisième grand pôle d’emploi présenté dans l’étude. Avec 332 établissements et 7 568 salariés, il représente un effectif significatif à l’échelle régionale. Cette branche reste toutefois l’une des moins féminisées du secteur : les femmes ne représentent que 15 % des salariés.
Les transports publics urbains de voyageurs emploient pour leur part 2 022 personnes au sein de 26 établissements. Là encore, la proportion de femmes demeure minoritaire, puisqu’elle s’établit à 26 %.
D’autres activités affichent des volumes d’emploi plus réduits, mais des profils très différents. Les opérateurs de voyages et les guides emploient ainsi 529 personnes, dont 81 % de femmes. À l’inverse, plusieurs branches techniques et industrielles restent largement masculines.
Un tissu économique composé principalement de petites entreprises
La structure du secteur repose très largement sur les très petites entreprises. En Bourgogne-Franche-Comté, 85,9 % des entreprises comptent moins de 11 salariés, une proportion proche de la moyenne nationale, établie à 85,6 %. Les structures de 11 à 49 salariés représentent 11 % des entreprises, tandis que celles employant au moins 50 salariés restent très minoritaires.
Cette domination numérique des petites entreprises ne signifie toutefois pas qu’elles concentrent la majorité des emplois. Les entreprises de moins de 11 salariés regroupent 19,7 % des effectifs régionaux. À l’autre extrémité, les entreprises de 300 salariés ou plus emploient 28 % des salariés, contre 33 % à l’échelle nationale. Les structures intermédiaires, comptant entre 50 et 299 salariés, représentent elles aussi 28 % de l’emploi régional.
Le secteur repose donc sur un double modèle : un grand nombre de petites entreprises réparties sur l’ensemble du territoire et quelques employeurs de taille importante concentrant une part élevée des effectifs.
Des salariés plus âgés que la moyenne nationale
Le document fait également apparaître un enjeu démographique. En Bourgogne-Franche-Comté, 45 % des salariés des métiers de la mobilité ont 45 ans ou plus, contre 42 % au niveau national. La tranche des 30 à 44 ans représente 34 % des effectifs régionaux, tandis que les moins de 30 ans n’en constituent que 21 %.
Cette répartition souligne les besoins futurs de renouvellement de la main-d’œuvre. Les départs à la retraite pourraient accentuer les difficultés de recrutement déjà rencontrées dans certains métiers de la conduite, de la maintenance, de la logistique ou du transport de voyageurs. Dans ce contexte, la formation professionnelle et l’alternance apparaissent comme des leviers déterminants pour attirer de nouveaux candidats et transmettre les compétences.
Plus de 25 000 bénéficiaires de formations en 2025
En 2025, OPCO Mobilités a pris en charge 25 146 parcours de formation dans la région, en comptabilisant 22 074 bénéficiaires de formation continue et 3 072 personnes en alternance. Le volume global progresse de 7 % par rapport à 2024, avec une hausse de 8 % pour la formation continue et de 3 % pour l’alternance.
Les actions de formation continue représentent l’essentiel des prises en charge, avec 21 975 parcours, soit une progression annuelle de 13,1 %. Les ouvriers constituent 32 % des personnes formées, devant les employés, qui en représentent 29 %. Les techniciens et agents de maîtrise comptent pour 23 % des effectifs, contre 16 % pour les ingénieurs et les cadres.
Les entreprises de 11 à 299 salariés regroupent la majorité des stagiaires de la formation continue. Les très petites entreprises représentent seulement 15 % des bénéficiaires de ces formations, mais elles accueillent 45 % des alternants. Cette différence montre le rôle majeur joué par les petites structures dans l’apprentissage et la transmission des métiers.
L’apprentissage débouche largement sur l’emploi
L’alternance affiche des résultats particulièrement encourageants en Bourgogne-Franche-Comté. Le document recense 2 708 contrats d’apprentissage, en progression de 1 % sur un an. Les contrats de professionnalisation sont moins nombreux, avec 170 bénéficiaires, et enregistrent une baisse annuelle de 15 %. Parallèlement, 171 tuteurs et maîtres d’apprentissage ont été formés, soit une augmentation de 83 % en un an.
Surtout, 90 % des bénéficiaires d’un contrat en alternance occupent un emploi ou poursuivent une alternance six mois après leur sortie de formation. Ce taux dépasse de dix points la moyenne nationale, qui s’établit à 80 %. Pour les seuls contrats d’apprentissage, le taux d’insertion régional atteint même 91 %, contre 79 % en France.
Ces résultats confirment que l’alternance constitue une voie d’accès efficace aux métiers de la mobilité. Dans une région où près d’un salarié sur deux a au moins 45 ans, elle représente également un outil essentiel pour préparer la relève, répondre aux besoins de recrutement et accompagner les transformations technologiques et environnementales du secteur.
Le « Focus régional 2026 » s’appuie notamment sur les données d’OPCO Mobilités, de France Compétences et de l’Insee. OPCO Mobilités accompagne les politiques de formation et de gestion des emplois de 17 branches professionnelles liées aux métiers de la mobilité.
