Face à un assèchement exceptionnel des sols et à des cours d’eau au plus bas, la préfecture de la Côte-d’Or renforce les mesures de restriction de l’usage de l’eau. Onze zones du département sont désormais placées en crise, tandis que trois autres restent en alerte renforcée. Le nouvel arrêté préfectoral entrera en vigueur lundi 3 août 2026.
La situation hydrologique continue de se dégrader en Côte-d’Or. Dans un communiqué publié vendredi 31 juillet, la préfète du département fait état d’une sécheresse « extrêmement marquée », comparable à celle observée dans de nombreuses régions françaises cet été.
Les épisodes de canicule répétés et le déficit de précipitations enregistré depuis le printemps ont provoqué un assèchement particulièrement important des sols. Certains indicateurs atteignent désormais des niveaux historiques. Les débits des cours d’eau sont majoritairement très faibles et plusieurs rivières présentent des portions totalement asséchées sur des distances inédites.
Les quelques orages survenus à la mi-juillet n’ont pas permis d’inverser la tendance. Les pluies, trop localisées et trop irrégulières, n’ont apporté qu’un répit limité aux sols et aux ressources en eau.
Les prévisions météorologiques pour la première quinzaine d’août ne laissent entrevoir aucune amélioration significative. Une nouvelle période de fortes chaleurs est en cours, avec des températures élevées et peu, voire pas, de précipitations attendues. Dans ces conditions, l’assèchement des sols et la diminution des débits des cours d’eau devraient se poursuivre.
Onze zones désormais placées en crise
Le suivi hydrologique effectué en continu par les services de l’État a mis en évidence une nouvelle aggravation de la situation. Sept secteurs supplémentaires franchissent le seuil de crise, portant à onze le nombre total de zones concernées par le niveau de restriction le plus élevé.
Les secteurs placés en crise sont la Saône moyenne, la Tille amont, la Tille aval, le Serein, la Vingeanne, l’Ouche amont, l’Ouche aval, le bassin Vouge-Biètre-Cent-Fonts, la Bouzaise, le Châtillonnais et l’Arroux-Lacanche.
Les secteurs de la Bèze, de la Dheune et de l’Armançon sont maintenus en alerte renforcée.
La préfète de la Côte-d’Or a signé un arrêté constatant le franchissement de ces nouveaux seuils. Les mesures seront applicables à compter du lundi 3 août 2026.
Un incendie mobilise fortement les réserves d’eau
La pression sur la ressource est accentuée par les besoins liés à la lutte contre les incendies. Un important feu de forêt s’est déclaré le 29 juillet dans le secteur situé au sud de Dijon. L’intervention a fortement mobilisé les services de secours, mais aussi les réserves d’eau des communes environnantes.
Or, dans plusieurs de ces communes, l’alimentation en eau potable était déjà fragilisée par la sécheresse. La lutte contre les flammes nécessite des volumes importants, alors même que les réserves disponibles doivent également répondre aux besoins quotidiens de la population.
Cette situation rappelle que l’eau doit rester disponible pour les usages considérés comme prioritaires, notamment la sécurité civile, la santé, l’hygiène, l’alimentation et l’abreuvement des animaux.
Des tensions sur 45 réseaux d’eau potable
Les difficultés concernent également la distribution d’eau potable. Selon la préfecture, 45 unités de distribution présentent actuellement des tensions, sur les 344 que compte le département. Trois d’entre elles ont déjà dû être approvisionnées par des camions-citernes.
Ces réseaux fragilisés font l’objet d’une surveillance accrue de la part des gestionnaires et des services de l’État. Les habitants concernés sont appelés à limiter strictement leur consommation afin de préserver les capacités d’approvisionnement dans les semaines à venir.
La préfecture demande à chacun de faire preuve de responsabilité et de sobriété. L’eau potable doit être réservée en priorité à l’alimentation, à l’hygiène et aux besoins sanitaires.
Les usages considérés comme non essentiels doivent être réduits ou supprimés, en particulier dans les secteurs placés au niveau de crise.
L’abreuvement des animaux reste prioritaire
L’abreuvement des animaux domestiques et d’élevage demeure autorisé, quel que soit le niveau de gravité de la sécheresse. Cette utilisation ne doit toutefois pas provoquer ou aggraver l’assèchement d’un cours d’eau.
Les particuliers comme les éleveurs peuvent donc continuer à fournir de l’eau aux animaux. La préfète appelle néanmoins au civisme et à la solidarité locale afin que cet usage prioritaire soit respecté et préservé.
Dans un contexte de fortes tensions, il est demandé aux différents usagers de ne pas compromettre les ressources nécessaires aux élevages et aux animaux domestiques par des consommations qui ne seraient pas indispensables.
Protéger la vie aquatique en maintenant un débit minimum
Les propriétaires de seuils, de moulins, de biefs, de plans d’eau ou d’ouvrages de prélèvement sont également invités à une vigilance particulière.
Ils doivent veiller au respect du débit minimum biologique, c’est-à-dire la quantité minimale d’eau qui doit continuer à circuler en aval d’un ouvrage. Ce débit est indispensable au maintien de la faune et de la flore aquatiques ainsi qu’à la préservation des zones humides reliées aux cours d’eau.
Lorsque le niveau des rivières baisse fortement, une captation excessive peut interrompre l’écoulement naturel et entraîner des conséquences irréversibles pour les écosystèmes. Le respect du débit minimum biologique devient donc impératif pendant les périodes de sécheresse sévère.
Arrosage des jardins et espaces verts interdit en zone de crise
Le placement d’un territoire au niveau de crise entraîne l’interdiction de nombreux usages de l’eau. Ces restrictions concernent les particuliers, les collectivités, les entreprises, les industriels et les exploitants agricoles.
Dans les onze zones concernées, l’arrosage des pelouses, des massifs fleuris, des plantes en pot et des espaces verts est interdit.
Les prélèvements destinés à l’irrigation agricole sont également interdits, à l’exception d’une liste limitée de cultures considérées comme stratégiques. Ces dérogations doivent permettre de préserver certaines productions agricoles, les capacités fourragères et d’éviter des pertes économiques ou alimentaires irréversibles.
L’arrosage et l’irrigation restent toutefois possibles lorsque l’eau utilisée provient exclusivement de réserves d’eau de pluie récupérée sur des toitures ou des surfaces imperméables.
Le niveau de crise vise avant tout à garantir les usages essentiels : alimentation en eau potable, santé, salubrité publique, sécurité civile, sécurité des installations industrielles, abreuvement des animaux et maintien des fonctions biologiques des cours d’eau.
Des restrictions renforcées dans trois autres secteurs
Dans les zones de la Bèze, de la Dheune et de l’Armançon, maintenues en alerte renforcée, les prélèvements doivent également être réduits.
À ce niveau, les besoins de l’ensemble des usagers ne peuvent plus être satisfaits simultanément. Des limitations progressives sont donc mises en place afin d’éviter une nouvelle dégradation et le passage au niveau de crise.
L’utilisation de réserves d’eau de pluie récupérée sur des toitures ou des plateformes imperméables reste exclue du champ des restrictions.
Les habitants doivent cependant vérifier précisément les règles applicables dans leur commune, celles-ci pouvant varier en fonction des usages, des horaires et des secteurs géographiques.
Des contrôles réguliers et des sanctions possibles
La préfecture annonce la poursuite des contrôles sur le terrain afin de vérifier le respect des restrictions. Ces opérations concernent l’ensemble des usagers : particuliers, collectivités, agriculteurs, industriels, commerçants et autres acteurs économiques. Elles doivent garantir une application équitable des règles dans un contexte où la ressource devient insuffisante pour satisfaire tous les besoins.
Tout manquement caractérisé pourra faire l’objet d’une verbalisation ou de poursuites conformément à la réglementation en vigueur.
Comment connaître les restrictions dans sa commune ?
L’arrêté préfectoral, la carte des secteurs concernés, la liste des communes classées par zone d’alerte et plusieurs documents d’information sont disponibles sur le site internet des services de l’État en Côte-d’Or, dans la rubrique consacrée aux épisodes de sécheresse.
Le site national VigiEau permet également aux particuliers de consulter les restrictions applicables à leur adresse. Il détaille notamment les règles relatives à l’arrosage des jardins, au remplissage des piscines, au lavage des véhicules et aux autres usages domestiques.
La plateforme propose aussi des conseils permettant de réduire la consommation d’eau à la maison.
Alors que les fortes chaleurs devraient se poursuivre au début du mois d’août, les autorités appellent chaque habitant à renforcer immédiatement ses efforts. La préservation de l’eau potable et des milieux naturels dépend désormais de la mobilisation de tous.
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