Depuis l’annonce de la disparition de François Patriat, les réactions se multiplient dans le paysage politique et institutionnel bourguignon. Responsables politiques, élus régionaux, groupes d’opposition comme anciens soutiens et monde universitaire saluent, au-delà des divergences partisanes, la mémoire d’un homme profondément attaché à la Bourgogne, à la Côte-d’Or et à la vie publique.
Les hommages continuent d’affluer après la disparition de François Patriat. Figure majeure de la vie politique bourguignonne et nationale, l’ancien ministre, député, président du Conseil régional de Bourgogne et sénateur de la Côte-d’Or laisse derrière lui près d’un demi-siècle d’engagement public.
Au fil des communiqués publiés ces dernières heures, un même portrait se dessine : celui d’un élu de terrain, profondément enraciné dans son territoire, dont la personnalité et le parcours ont dépassé les frontières partisanes.
« Son engagement constant ne peut être mis en doute »
Le groupe municipal conduit par Thierry Coudert, Mélanie Fortier et Antoine Camus a ainsi tenu à rendre hommage à François Patriat malgré les différences politiques qui pouvaient les opposer.
« Nous n’avions certes pas toujours la même vision politique, ni les mêmes convictions, mais son engagement constant au service de l’État, de la Bourgogne et de la Côte-d’Or ne peut être mis en doute », écrivent les trois élus.
Ils retiennent notamment le souvenir « d’un homme de terrain, profondément attaché à notre département et reconnu pour sa proximité avec ses habitants et ses élus ». Sa longue carrière, ajoutent-ils, témoigne « d’un engagement sans relâche au service de la vie publique et de nos institutions ».
Un hommage qui illustre la tonalité générale des réactions : au moment de saluer sa mémoire, les désaccords politiques s’effacent derrière la reconnaissance d’un parcours public exceptionnel.
Notre Région par Cœur salue « un homme passionné par la chose publique »
Même tonalité du côté du groupe Notre Région par Cœur, présidé par Hicham Boujlilat. Dans un communiqué, le groupe évoque « une figure majeure de la vie politique nationale » et « un homme profondément attaché à la Bourgogne et à ses territoires ».
Député, sénateur, ministre puis président de la Région Bourgogne sous les couleurs du Parti socialiste, François Patriat avait ensuite joué un rôle important dans la majorité présidentielle.
Mais le groupe veut surtout retenir, au-delà de ces responsabilités successives, « un homme passionné par la chose publique », « un homme de terrain, profondément attaché à sa région, à son monde agricole et à celles et ceux qui font vivre les territoires ».
Notre Région par Cœur souligne également « le goût du débat, le pragmatisme et une volonté constante d’agir » qui ont marqué son parcours.
Le communiqué ne masque pas les divergences qui ont pu exister au fil des années. « Les parcours politiques connaissent des évolutions, les convictions peuvent conduire à des chemins différents et les désaccords font partie de la vie démocratique », rappelle le groupe, estimant qu’ils ne doivent jamais faire oublier « le respect de l’engagement, du service de la République et de celles et ceux qui ont consacré leur vie à l’intérêt général ».
Les Élus progressistes perdent « un pilier »
Pour le Groupe des Élus progressistes du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, dont François Patriat était politiquement proche, l’émotion est particulièrement forte.
Le groupe évoque une « figure incontournable de la vie politique nationale et régionale », qui aura « marqué de manière indélébile l’histoire de notre territoire et contribué à servir la France ».
Dans son hommage, Denis Thuriot, président du groupe, rappelle l’étendue du parcours de François Patriat : maire, conseiller général de la Côte-d’Or, président du Conseil régional de Bourgogne, député, sénateur, président du groupe RDPI au Sénat, secrétaire d’État et ministre. Les élus progressistes estiment qu’il a « incarné la République avec vision, pragmatisme et humanisme » et décrivent « un infatigable homme de terrain, profondément attaché au monde rural et provincial ».
Le communiqué insiste aussi sur une facette plus personnelle de l’ancien élu. Derrière le responsable politique et le stratège, ses proches politiques disent vouloir se souvenir « d’un bon vivant authentique, amoureux de la terre, du vin et de ses traditions ». Sa formule « bon appétit et large soif ! » est citée comme le symbole de cette personnalité chaleureuse et de son attachement au patrimoine viticole bourguignon.
Le texte se conclut par un message particulièrement personnel : « Notre famille politique perd l’un de ses plus Grands et un pilier », avant un dernier « Au revoir Fanfan ».
L’Université Bourgogne Europe rappelle son action pour l’enseignement supérieur
Les hommages dépassent également le seul cadre politique. L’Université Bourgogne Europe a fait part de sa « profonde tristesse » et rappelle le rôle joué par François Patriat lorsqu’il présidait le Conseil régional de Bourgogne, de 2004 à 2015.
L’établissement souligne que, sous ses deux mandats, la Région avait renforcé son engagement en faveur de l’enseignement supérieur et de la recherche, notamment par le soutien au développement des sites universitaires bourguignons et à plusieurs transformations du paysage académique et scientifique régional.
L’université rappelle elle aussi qu’ancien ministre et sénateur de la Côte-d’Or, François Patriat avait consacré « près d’un demi-siècle à la vie publique », avec un attachement constant à la Bourgogne et à ses habitants.
Dans son communiqué, l’UBE adresse ses condoléances à sa famille et à ses proches, ainsi qu’à tous ceux qui l’ont accompagné au cours de son parcours. Un message particulier est adressé à son frère, Claude Patriat, professeur émérite de science politique et membre du CREDESPO.
Au-delà des clivages, la reconnaissance d’un homme de territoire
Des groupes politiquement éloignés aux anciens compagnons de route, jusqu’au monde universitaire, les réactions convergent ainsi sur plusieurs traits de François Patriat : son ancrage bourguignon, son goût du terrain, sa proximité avec le monde rural, son pragmatisme et la longévité exceptionnelle de son engagement public.
Les communiqués ne gomment pas les désaccords ni les évolutions politiques qui ont jalonné sa carrière. Ils témoignent cependant d’une reconnaissance largement partagée pour celui qui aura occupé, pendant plusieurs décennies, une place centrale dans la vie politique de la Côte-d’Or et de la Bourgogne.
À mesure que les réactions se succèdent, c’est autant le responsable politique que l’homme qui est salué : un élu familier de plusieurs générations de Bourguignons, attaché à sa terre, à ses institutions et à une certaine idée du service public.
À sa famille, à ses proches et à ceux qui ont partagé son parcours, les messages de condoléances continuent désormais d’affluer.
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