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L’association Transparence Citoyenne, engagée dans la transparence de la vie publique, annonce avoir saisi le procureur de la République de Paris afin de signaler ce qu’elle présente comme une possible prise illégale d’intérêts. En cause : une amende de 210 000 euros infligée en septembre 2025 par la police municipale de Paris après une campagne d’affichage visant les notes de frais de la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Selon le communiqué publié par Transparence Citoyenne, 140 affiches non déclarées avaient été apposées dans la capitale. Elles présentaient des éléments relatifs aux dépenses de la maire de Paris. La sanction, fixée à 210 000 euros, correspondrait au maximum prévu par la réglementation applicable. L’association affirme avoir contesté cette décision en invoquant notamment la liberté d’expression ainsi que son rôle de lanceur d’alerte.

L’affaire a toutefois pris une dimension nouvelle après la découverte, par Transparence Citoyenne, de l’engagement politique de Michel Felkay, alors directeur de la police municipale de Paris. Celui-ci aurait participé à la mise en œuvre et au maintien de l’amende tout en étant, à la même période, candidat aux élections municipales à Dijon sur une liste conduite par Nathalie Koenders selon l’association.

Ce rapprochement est au cœur des soupçons formulés par l’association. Transparence Citoyenne rappelle avoir auparavant publié des informations faisant état de plus de 121 000 euros de dépenses attribuées à François Rebsamen. Elle affirme également que la mairie de Dijon l’avait publiquement prise à partie quelques mois auparavant, à l’occasion d’un discours prononcé le 14 juillet.

Michel Felkay a depuis été élu conseiller municipal à Dijon. Pour Transparence Citoyenne, la concomitance entre son rôle dans l’appareil municipal parisien, le pouvoir de sanction exercé contre l’association et son engagement politique à Dijon justifie qu’une enquête soit menée afin de déterminer s’il a pu exister un conflit d’intérêts.

Dans son communiqué, l’organisation estime que ces éléments constituent un « faisceau d’indices » suffisamment sérieux pour être portés à la connaissance de la justice. Elle précise avoir saisi le procureur de la République de Paris et demande notamment que son traitement soit comparé à celui réservé aux autres acteurs sanctionnés pour affichage irrégulier.

Transparence Citoyenne affirme en effet que l’amende de 210 000 euros représente à elle seule près de six fois le montant moyen des sanctions prononcées par la Ville de Paris depuis 2024 dans des affaires concernant des contenus non commerciaux et non lucratifs. L’association souhaite ainsi que la justice examine si le niveau de la sanction qui lui a été infligée était proportionné et conforme aux pratiques habituelles.

La procédure ne se limite pas au signalement effectué auprès du parquet. Transparence Citoyenne doit également contester l’amende devant le tribunal afin d’en obtenir l’annulation. Elle prévient que le maintien d’une sanction d’un tel montant pourrait mettre directement en péril sa survie financière.

À ce stade, les accusations portées par Transparence Citoyenne constituent des allégations qui devront être examinées par les autorités compétentes. La saisine du parquet ne signifie pas qu’une infraction est établie, ni qu’une enquête judiciaire sera nécessairement ouverte. Il appartiendra au ministère public d’apprécier les faits qui lui ont été transmis et, le cas échéant, de décider des suites à donner au signalement.

L’affaire place néanmoins Michel Felkay au centre d’une controverse mêlant action administrative et engagement politique. Pour Transparence Citoyenne, l’enjeu est désormais de déterminer si la sanction dont elle a fait l’objet relève d’une application normale de la réglementation parisienne ou si des considérations extérieures ont pu intervenir dans le processus de décision.


Communiqué de presse 23 août 2026 :

NOUS SIGNALONS AU PARQUET UNE POSSIBLE PRISE ILLÉGALE D’INTÉRÊTS CONTRE NOTRE ASSOCIATION

En septembre 2025, la police municipale de Paris nous a infligé 210 000 € d’amende pour avoir posé 140 affiches non déclarées sur lesquelles nous exposions les notes de frais de la maire de Paris, Anne Hidalgo. Le montant de cette amende correspond au maximum légal, appliqué sans la moindre modération, malgré nos arguments sur la liberté d’expression et notre statut de lanceur d’alerte.

Nous avons ensuite découvert que durant cette même période, le directeur de la police qui a engagé et maintenu cette amende, Michel Felkay, était candidat aux municipales de Dijon sur la liste de François Rebsamen, dont nous avions révélé plus de 121 000 € de dépenses. Quelques mois plus tôt, la mairie de Dijon nous avait publiquement attaqués lors d’un discours du 14 Juillet. Felkay a depuis été élu conseiller municipal à Dijon.

La concomitance entre ce pouvoir de sanction exercé contre nous et l’ambition politique de son auteur au sein même du réseau que nous mettions en cause nous semble constituer un faisceau d’indices suffisant pour justifier une enquête. Nous avons donc saisi le procureur de la République de Paris.

Nous demandons au parquet de comparer notre traitement à celui des autres afficheurs sanctionnés : notre amende représente à elle seule près de 6 fois la moyenne infligée par la Ville de Paris depuis 2024 pour un contenu non commercial et non lucratif. Nous devrons bientôt plaider la cause de l’association devant le tribunal pour faire annuler cette amende qui, si elle était maintenue, signerait la fin de l’association.

Nous tenons enfin à remercier les nombreuses personnes qui nous ont déjà témoigné leur soutien dans cette histoire.

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