La collégiale Notre-Dame de Semur-en-Auxois accueillera ce mardi 25 août, à 10 heures, les obsèques de François Patriat, sénateur de la Côte-d’Or et figure majeure de la vie politique bourguignonne et nationale. L’ancien ministre est décédé le 19 août à Dijon, à l’âge de 83 ans, après les conséquences d’un grave accident de vélo survenu le 17 juillet.
La cérémonie religieuse devrait réunir la famille de François Patriat, de nombreux habitants, des élus locaux ainsi que plusieurs personnalités politiques nationales. Emmanuel Macron, dont François Patriat fut l’un des soutiens les plus précoces et les plus fidèles, est notamment annoncé parmi les personnalités attendues. Selon la presse locale, jusqu’à près de 1 500 personnes pourraient converger vers Semur-en-Auxois pour ce dernier hommage.
Face à cette affluence exceptionnelle, les autorités ont prévu d’importantes restrictions de circulation et de stationnement autour du centre historique de Semur-en-Auxois. Les mesures ont commencé à être mises en place dès lundi afin de permettre le déroulement de la cérémonie dans de bonnes conditions.
Une vie politique étroitement liée à la Bourgogne
François Patriat aura traversé plusieurs décennies de vie publique sans jamais véritablement s’éloigner de son territoire. Docteur vétérinaire de formation, il avait commencé son engagement politique dans les années 1970. Il fut notamment conseiller général de la Côte-d’Or pendant trente-deux ans, député, maire, président du conseil régional de Bourgogne et ministre sous la présidence de Jacques Chirac, au sein du gouvernement de Lionel Jospin.
Il avait présidé la Région Bourgogne de 2004 à 2015 avant de poursuivre son parcours au Sénat, où il siégeait depuis 2008 pour représenter la Côte-d’Or. Jusqu’à sa disparition, il présidait le groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants, le RDPI, regroupant les sénateurs proches de la majorité présidentielle.
Longtemps membre du Parti socialiste, François Patriat avait été l’un des premiers responsables politiques expérimentés à croire à l’aventure portée par Emmanuel Macron. Dès les débuts du mouvement qui allait conduire ce dernier à l’Élysée en 2017, le Bourguignon avait choisi de le soutenir, devenant au fil des années l’un de ses relais essentiels au Sénat.
Des hommages venus de tous les horizons
Depuis l’annonce de sa mort, les témoignages se sont multipliés bien au-delà de sa famille politique. Le président du Sénat Gérard Larcher a salué un élu « chaleureux, engagé, amical » et rappelé son investissement constant dans le travail parlementaire ainsi qu’au service de son département et de sa région. Pour le président de la Haute Assemblée, « la République et le Sénat perdent un élu particulièrement investi ».
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a également rendu hommage à une personnalité qui, selon lui, considérait que « la force des convictions » n’empêchait ni la bienveillance ni le respect de l’adversaire politique. Dans son communiqué, il a évoqué un homme ayant servi pendant plus de trente-cinq ans la Bourgogne, le Parlement et la République.
À Dijon, François Rebsamen a quant à lui réagi de manière très personnelle à la disparition de celui qu’il connaissait depuis des décennies : « Aujourd’hui, je perds un ami », a déclaré l’ancien maire de Dijon.
Les institutions bourguignonnes ont elles aussi tenu à saluer sa mémoire. Le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté a ouvert des registres de condoléances au public à Dijon et à Besançon. Le Département de la Côte-d’Or a rappelé de son côté les trente-deux années pendant lesquelles François Patriat avait siégé comme conseiller général du canton de Pouilly-en-Auxois, de 1976 à 2008.
Un dernier hommage dans une collégiale chargée d’histoire
Le choix de Semur-en-Auxois pour cette cérémonie symbolise l’attachement profond de François Patriat à l’Auxois et à la Côte-d’Or. Sa famille a annoncé que la cérémonie religieuse serait suivie d’une crémation. Elle propose également aux personnes souhaitant manifester leur sympathie d’effectuer un don à la Fondation du Patrimoine pour contribuer à la restauration de la collégiale Notre-Dame.
François Patriat laisse derrière lui son épouse Élisabeth, ses enfants, petits-enfants, beaux-enfants et une nombreuse famille. Dans l’avis de décès publié par ses proches, apparaît également le surnom sous lequel beaucoup le connaissaient dans son cercle intime : « Fanfan ».
À 10 heures ce mardi matin, les cloches de Notre-Dame accompagneront donc les adieux à un homme dont la trajectoire aura mêlé pendant un demi-siècle politique nationale et fidélité à la Bourgogne. Pour Semur-en-Auxois comme pour la Côte-d’Or, la cérémonie aura la dimension d’un hommage à l’un des derniers grands représentants d’une génération d’élus profondément enracinés dans leur territoire.
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