Trois semaines après le passage du Tour de France Femmes, Dijon peut déjà tirer un premier bilan de l’événement. Près de 40 000 spectateurs ont assisté au contre-la-montre entre Gevrey-Chambertin et la capitale bourguignonne. Une journée populaire, une forte exposition médiatique et une vitrine touristique importante pour le territoire, même si les retombées économiques précises restent encore à mesurer.
Le 4 août dernier, Dijon et plusieurs communes de la Côte de Nuits ont vécu au rythme du Tour de France Femmes. À l’occasion de la quatrième étape de l’édition 2026, les meilleures cyclistes mondiales se sont affrontées sur un contre-la-montre individuel de 21 kilomètres entre Gevrey-Chambertin et Dijon.
Le parcours traversait notamment Brochon, Fixin et Couchey avant de rejoindre la capitale régionale. Une configuration idéale pour mettre en valeur à la fois les paysages viticoles de la Côte-d’Or et le patrimoine dijonnais.
Selon Dijon Métropole, près de 40 000 spectateurs se sont rassemblés tout au long du parcours, dont environ 20 000 entre la place Wilson et les allées du Parc, où était jugée l’arrivée.
Une étape prestigieuse remportée par Marlen Reusser
Sportivement, l’étape dijonnaise a tenu toutes ses promesses. La Suissesse Marlen Reusser, championne du monde du contre-la-montre, s’est imposée en 27 minutes et 30 secondes. Elle a devancé la Néerlandaise Lieke Nooijen de seulement quatre secondes et Demi Vollering de 18 secondes.
Une victoire qui lui a également permis de s’emparer du maillot jaune et de devenir la première Suissesse à prendre la tête du classement général du Tour de France Femmes.
La championne avait d’ailleurs fait de cette étape un objectif majeur de sa saison, parlant elle-même de son « Dijon Project ». Une réussite sportive qui a offert à l’arrivée dijonnaise une visibilité supplémentaire.
Une vitrine touristique pour Dijon et les vignobles
Au-delà de la compétition, l’intérêt d’accueillir une telle épreuve se joue aussi sur l’image. Entre les vignobles de Gevrey-Chambertin, les villages de la Côte de Nuits et l’arrivée au cœur de Dijon, les images diffusées pendant l’étape ont permis de mettre en avant plusieurs marqueurs touristiques majeurs du territoire.
Pour Dijon Métropole, ce type d’événement constitue une vitrine à grande échelle. La couverture télévisée et médiatique permet de montrer la ville et ses environs à un public bien plus large que celui présent le long des routes.
Ce passage du Tour de France Femmes intervient par ailleurs deux ans après l’arrivée du Tour de France masculin à Dijon, le 4 juillet 2024.
Cette étape avait elle aussi attiré environ 40 000 spectateurs aux allées du Parc. Selon le rapport d’activité de Dijon Métropole, la retransmission de l’après-midi avait rassemblé en moyenne 2,16 millions de téléspectateurs sur France 2, avec un pic à 3,57 millions lors de la victoire de Dylan Groenewegen.
Une répétition qui montre la volonté de Dijon de s’inscrire durablement parmi les villes capables d’accueillir de grands événements cyclistes.
Quelles retombées pour les hôtels, restaurants et commerces ?
Reste toutefois une question essentielle : quelles ont été les retombées économiques réelles du Tour de France Femmes pour la métropole ?
La présence de dizaines de milliers de spectateurs, des équipes, des membres de l’organisation, des médias et des partenaires a forcément généré de l’activité dans plusieurs secteurs : hébergement, restauration, transports ou encore commerces.
Mais, à ce jour, aucun bilan économique complet ne permet de déterminer précisément combien l’événement a rapporté au territoire.
L’affluence ne suffit d’ailleurs pas à mesurer seule l’impact économique. Tous les visiteurs ne restent pas forcément plusieurs jours dans la métropole et tous les commerces ne profitent pas de la même manière d’un événement de cette ampleur.
À l’inverse, certaines restrictions de circulation ou de stationnement peuvent ponctuellement compliquer l’accès à certains établissements.
Pour établir un bilan précis, il faudrait notamment comparer le taux de remplissage des hôtels, la fréquentation des restaurants et commerces ou encore les dépenses touristiques avec une période estivale habituelle.
Une enveloppe de 200 000 euros prévue par Dijon Métropole
Accueillir le Tour représente également un investissement pour la collectivité. Dans son budget primitif 2026, Dijon Métropole avait prévu une enveloppe exceptionnelle de 200 000 euros destinée à couvrir les dépenses liées à l’accueil de l’étape du Tour de France Femmes.
Ce montant correspond toutefois à une prévision budgétaire et ne doit pas être présenté comme le coût définitif de l’événement.
À cette organisation s’ajoutent également la mobilisation des services, la gestion de la circulation, la sécurité, l’installation du parcours ou encore le nettoyage.
La question du rapport entre l’investissement consenti et les retombées générées reste donc légitime.
Mais l’intérêt d’un événement comme le Tour ne se mesure pas uniquement aux dépenses et recettes enregistrées sur une seule journée. La visibilité médiatique offerte à Dijon et aux communes traversées peut également produire des effets sur l’attractivité touristique à plus long terme.
Dijon veut s’installer dans le calendrier des grands événements sportifs
Après le Tour de France masculin en 2024 et le Tour de France Femmes en 2026, Dijon confirme son ambition d’accueillir régulièrement des manifestations sportives de premier plan.
La forte affluence constatée le 4 août constitue en tout cas un signal positif. Avec près de 40 000 spectateurs annoncés sur l’ensemble du parcours, le public a répondu présent.
L’événement permet également de renforcer la visibilité du cyclisme féminin, dont l’exposition médiatique progresse depuis le retour du Tour de France Femmes sous sa forme actuelle en 2022.
Pour Dijon, l’héritage peut donc être multiple : sportif, touristique, économique mais aussi en termes d’image.
Un bilan qui devra être mesuré dans les prochains mois
Trois semaines après l’épreuve, il reste encore trop tôt pour mesurer précisément l’impact financier du Tour de France Femmes sur Dijon et sa métropole.
En revanche, plusieurs éléments sont déjà établis : une forte fréquentation, une exposition médiatique importante, la mise en valeur du patrimoine local et une nouvelle journée populaire autour du cyclisme.
Le véritable bilan pourra être dressé lorsque les chiffres de fréquentation touristique, d’activité économique et de dépenses engagées seront disponibles.
Au-delà de la victoire de Marlen Reusser et des milliers de spectateurs massés au bord des routes, l’enjeu est désormais de savoir si Dijon parviendra à transformer cette journée de visibilité exceptionnelle en bénéfices durables pour le territoire.
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