À l’occasion de la conférence de presse organisée ce samedi après-midi au Golden Coast, la maire de Dijon Nathalie Koenders, le directeur de Live Affair et co-associé du festival Stéphane Wehrlé, le président de la Région Bourgogne-Franche-Comté Jérôme Durain et le cofondateur du festival Christian Allex ont dressé un premier bilan de cette troisième édition. Tous ont salué la réussite du rendez-vous, tout en insistant sur les enjeux économiques, logistiques et institutionnels qui conditionneront son avenir.
Pour Nathalie Koenders, Golden Coast a désormais trouvé sa place dans le paysage culturel local. « Le Golden Coast, dans sa troisième édition, est bien ancré dans le paysage culturel dijonnais », a déclaré la maire de Dijon et vice-présidente de Dijon Métropole.
Elle est également revenue sur le contexte particulier de cette édition, organisée après un été marqué par la canicule, la sécheresse et les incendies. Des conditions qui ont suscité de nombreuses interrogations sur la tenue du festival dans le parc de la Combe à la Serpent.
Nathalie Koenders a rappelé que les décisions concernant la sécurité de l’événement avaient été prises en concertation avec les organisateurs, la préfecture et le SDIS. « Ce n’est pas la maire toute seule qui prend sa décision de dire oui pour telle manifestation et non pour l’autre, c’est très carré », a-t-elle insisté.

La maire a aussi mis en avant le renforcement des navettes Divia, destinées à faciliter les déplacements des festivaliers et à sécuriser leur venue sur le site.
Au-delà de l’organisation, Nathalie Koenders a souligné les retombées économiques du festival pour les acteurs locaux. Elle a notamment remercié les organisateurs de faire travailler les restaurateurs, les traiteurs et plus largement le tissu économique local.
Mais elle a surtout insisté sur la dimension sociale et culturelle de l’événement. La moyenne d’âge du public est annoncée autour de 23 ans, et Golden Coast attire de nombreux jeunes venus de Dijon, de la région, mais aussi d’autres territoires.
« Dans une société anxiogène, avec une jeunesse qui parfois souffre, c’est important aussi de leur apporter cette bulle d’air », a-t-elle expliqué.
Nathalie Koenders s’est enfin félicitée du rayonnement grandissant du festival, racontant avoir rencontré des festivaliers belges venus découvrir Dijon. Elle a conclu en affirmant être « fière que la ville et la métropole soient la capitale du rap ».
Stéphane Wehrlé : « Chaque année, on construit une ville éphémère »
Stéphane Wehrlé, directeur de Live Affair et co-associé de Golden Coast, a choisi de mettre l’accent sur l’envers du décor. Il a rappelé que l’organisation du festival représente quatre semaines de montage, plus de 1 350 salariés et prestataires et plus de 2 700 personnes accréditées intervenant directement ou indirectement.

« Chaque année, on construit une ville éphémère », a-t-il résumé. Selon lui, cette dimension montre à quel point l’organisation d’un festival de plein air est lourde, mais aussi économiquement fragile.
Stéphane Wehrlé a expliqué que le point d’équilibre des festivals se situe en moyenne autour de 90 % de remplissage. Certains événements, a-t-il rappelé, peuvent même rester déficitaires en affichant complet.
Il a aussi évoqué la hausse des coûts de production depuis la crise sanitaire, estimée à environ 20 % sur certaines tournées, ainsi que les dépenses supplémentaires liées aux aléas climatiques.
Pour Stéphane Wehrlé, le mot qui résume actuellement l’économie des festivals est donc celui de « fragilité ».
Il a néanmoins salué le site de la Combe à la Serpent, qu’il juge particulièrement fort sur le plan artistique. Le contraste entre la culture urbaine du rap et l’écrin de verdure du parc contribue, selon lui, à l’identité du Golden Coast.
Mais ce site reste difficile et coûteux à aménager.
Après trois éditions, Stéphane Wehrlé estime que le festival arrive à la fin d’un premier cycle, celui de sa création et de son installation. L’enjeu est maintenant de construire la suite avec les partenaires publics, privés et les services de l’État.
« La volonté est là, les compétences sont là, maintenant il faut vraiment l’écrire ensemble si on veut perdurer », a-t-il déclaré.
Jérôme Durain : « Nous, on ne lâche pas la culture »
Le président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Jérôme Durain, a lui aussi salué la réussite de cette troisième édition. Il a décrit Golden Coast comme un festival « populaire, bon enfant, jeune », particulièrement important dans une période qu’il estime difficile.
Pour Jérôme Durain, disposer en Bourgogne-Franche-Comté d’un festival de rap de cette ampleur constitue une chance pour le territoire. Il a estimé que l’événement pouvait désormais rivaliser avec de grands rendez-vous européens.

Le président de Région a également salué l’organisation du festival, notamment sur les questions d’accueil et de mobilité. Mais sa prise de parole a surtout porté sur le soutien de la collectivité à la culture, malgré les contraintes budgétaires.
« Certaines régions ont fait le choix de lâcher la culture, nous on ne lâche pas. On continue, tant qu’on pourra, on sanctuarisera la culture », a-t-il affirmé. Jérôme Durain a également rappelé que la Région intervenait notamment sur l’accompagnement de la création et des jeunes talents.
Christian Allex : « Le deuxième chapitre, maintenant, il va falloir qu’on l’écrive »
Le cofondateur de Golden Coast, Christian Allex, a de son côté insisté sur le chemin parcouru depuis la création du festival. Il a rappelé que le projet avait été imaginé après l’arrêt provoqué par le Covid en 2020. Depuis, le festival a progressivement trouvé sa place dans le parc de la Combe à la Serpent.
Selon lui, les organisateurs maîtrisent désormais mieux le site, les circulations et la manière dont les festivaliers s’approprient les différents espaces.
Mais Christian Allex a également insisté sur la fragilité du modèle.
Le parc de la Combe à la Serpent est un site naturel qu’il faut protéger, avec de fortes contraintes en matière de circulation, de transports et d’aménagement. « Le deuxième chapitre, maintenant, il va falloir qu’on l’écrive », a-t-il déclaré.

Pour lui, cette nouvelle étape devra être construite avec les collectivités, les partenaires économiques et les soutiens institutionnels du festival. Christian Allex a d’ailleurs directement remercié la Ville de Dijon, Dijon Métropole et la Région pour leur accompagnement.
Il a aussi souligné l’importance croissante des partenaires économiques et des entreprises régionales, notamment autour de dispositifs comme le Golden Cook et le Golden Lab. Le cofondateur a enfin insisté sur le développement du public venu de l’extérieur. Le festival attire désormais des visiteurs d’autres régions françaises, mais aussi de Suisse et de Belgique.
Il a indiqué que des représentants des Ardentes et du Hellfest étaient venus observer le festival, un signe supplémentaire de l’intérêt que commence à susciter Golden Coast au-delà de Dijon.
Christian Allex a également salué le comportement des festivaliers, notamment leur respect des consignes liées au risque d’incendie et à la protection du site. Pour les organisateurs, cette attitude témoigne d’une véritable responsabilité du public vis-à-vis du lieu.
Entre 32 000 et 35 000 personnes ce samedi
Sur la fréquentation, Christian Allex n’a pas souhaité communiquer de chiffre définitif lors de la conférence de presse. Il a simplement confirmé que la journée de samedi était complète.
Ce samedi, selon nos estimations, entre 32 000 et 35 000 personnes étaient présentes au Golden Coast. Ce chiffre reste pour l’instant une estimation.
Le nombre officiel de participants sera communiqué demain par les organisateurs, avec les premiers éléments consolidés du bilan de cette troisième édition. Christian Allex a également indiqué que les dates de l’édition 2027 seraient annoncées dimanche soir sur les écrans du festival.
À travers les prises de parole de Nathalie Koenders, Stéphane Wehrlé, Jérôme Durain et Christian Allex, un même constat se dessine : Golden Coast est désormais solidement installé à Dijon, mais son avenir dépendra de sa capacité à consolider son modèle économique, à préserver son site et à maintenir le soutien des collectivités et des partenaires.
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