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Sa présence avait fait grincer des dents plusieurs semaines avant même l’ouverture du Golden Coast Festival. Mais dimanche 30 août, les controverses politiques ont laissé place à la musique. Programmé sur la scène Zero Gravity, le rappeur Médine a livré son concert devant le public du festival dijonnais, fidèle à un univers où le rap et l’engagement militant restent étroitement liés.

L’annonce de sa venue avait provoqué une vive réaction d’une partie de l’opposition politique locale et régionale. Dès le début du mois de juillet, plusieurs élus avaient demandé aux organisateurs de retirer Médine de la programmation. Le Rassemblement national de Bourgogne-Franche-Comté avait notamment réclamé la suspension des subventions publiques accordées au festival, tandis que des élus de l’opposition dijonnaise avaient également interpellé la Ville et la Métropole sur leur soutien financier à l’événement.

Ces prises de position n’auront finalement rien changé à l’affiche. Médine était bien présent le dimanche 30 août au parc de la Combe à la Serpent. Le rappeur était programmé de 17 h 40 à 18 h 30 sur la scène Zero Gravity, au cœur d’une dernière journée particulièrement chargée, qui comptait également Aya Nakamura, Macklemore, Le Rat Luciano, Meryl ou encore Bekar.

Sur scène, l’artiste n’a pas renié ce qui constitue depuis longtemps l’une des marques de fabrique de son parcours : un rap où les morceaux côtoient les prises de parole et les messages militants. Loin des débats qui avaient précédé sa venue, le concert a replacé Médine dans son rôle d’artiste, face à un public venu avant tout assister à l’un des nombreux rendez-vous musicaux du week-end. Dans la séquence vidéo partagée après sa prestation, l’énergie du rappeur et son interaction avec les festivaliers témoignent d’un show mené sans détour.

La polémique n’a toutefois pas totalement disparu une fois les scènes démontées. Interrogée le 1er septembre par Infos Dijon, la maire de Dijon, Nathalie Koenders, est revenue sur la présence du rappeur. « Médine, ce n’est pas forcément un artiste que j’apprécie », a-t-elle confié. Elle a néanmoins rappelé que la programmation relevait des organisateurs du festival et non des élus, estimant que la collectivité ne pouvait s’opposer à la venue d’un artiste qui n’avait pas été condamné par la justice. Le débat autour du financement public du Golden Coast et du choix de certains artistes s’est ainsi poursuivi après la clôture de l’événement.

Au-delà de cette controverse, le Golden Coast confirme son changement de dimension. Pour sa troisième édition, organisée du 28 au 30 août, le festival annonce avoir accueilli 83 500 spectateurs, contre 75 000 l’année précédente. Une cinquantaine d’artistes se sont succédé sur quatre scènes durant trois jours, faisant de Dijon l’une des capitales françaises du rap le temps d’un week-end.

Et c’est peut-être là que se situe le paradoxe de la venue de Médine. Avant le festival, son nom était surtout discuté dans les communiqués politiques. Le 30 août, il l’était sur une scène, micro en main, devant les festivaliers. Qu’on adhère ou non à ses engagements, le rappeur havrais aura une nouvelle fois démontré que son parcours artistique reste difficilement dissociable de ses prises de position. Au Golden Coast, la polémique avait précédé le concert ; elle n’aura pas empêché le show d’avoir lieu.

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