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Les policiers sont appelés à se rassembler ce lundi 7 septembre à 11 heures devant le commissariat de Dijon. À l’initiative du syndicat Un1té Zone Est, cette action entend remettre au premier plan les questions de rémunération, de carrière, d’effectifs et de conditions de travail. Une mobilisation locale qui intervient dans un climat social particulièrement tendu au sein de la Police nationale.

La grogne des policiers va se faire entendre à Dijon. Ce lundi matin, à partir de 11 heures, des agents sont invités à se retrouver devant le commissariat dijonnais à l’appel d’Un1té Zone Est. Au-delà d’un simple rassemblement syndical, l’organisation entend faire de cette journée une nouvelle étape dans un mouvement de contestation qui touche désormais plusieurs territoires.

Dans le viseur des représentants du personnel : des carrières jugées insuffisamment valorisées, des effectifs considérés comme trop faibles dans certains services, mais également une accumulation de contraintes qui pèse sur le quotidien des fonctionnaires. Aux missions opérationnelles s’ajoutent notamment la charge des procédures, les horaires décalés, la pression liée aux interventions et les difficultés rencontrées par certains services pour absorber l’activité.

Le syndicat veut également rappeler que la Police nationale ne se limite pas aux fonctionnaires présents sur la voie publique. Personnels administratifs, techniciens, scientifiques, policiers adjoints, gardiens de la paix et gradés participent tous, à des degrés différents, au fonctionnement des services. C’est précisément sur cette notion de reconnaissance de l’ensemble des métiers qu’Un1té souhaite insister à Dijon.

Des revendications salariales au centre du mécontentement

La question du pouvoir d’achat et des évolutions de carrière occupe une place importante dans les revendications. Le syndicat réclame notamment une évolution des grilles indiciaires, une amélioration de certains dispositifs liés à la retraite ainsi qu’une revalorisation de plusieurs indemnités.

L’indemnité de sujétion spéciale de police, ou ISSP, fait notamment partie des sujets sensibles. Cette prime, liée aux contraintes particulières du métier, n’a pas été revalorisée depuis 2019 selon les organisations syndicales. Le sujet figurait encore parmi les points de discussion lors des rencontres organisées vendredi 4 septembre entre Laurent Nuñez et les représentants des policiers.

La contestation s’est également nourrie, ces derniers mois, des différences de traitement ressenties entre les différents corps de la Police nationale. En juin, la réforme de la grille de rémunération des commissaires avait provoqué une vive réaction parmi les syndicats représentant notamment les gardiens et gradés. Cette décision avait contribué à la mobilisation organisée le 30 juin à Paris, où les organisations réclamaient des mesures bénéficiant plus largement aux personnels.

Le rendez-vous avec le ministre n’a pas éteint la contestation

La mobilisation dijonnaise intervient surtout trois jours après une séquence très attendue au ministère de l’Intérieur. Vendredi 4 septembre, plusieurs organisations représentatives ont été reçues place Beauvau par Laurent Nuñez pour évoquer les questions de budget, de rémunérations et de moyens.

Ces échanges n’ont pas suffi à désamorcer le mouvement. Un1té et Alliance ont depuis confirmé leur intention de maintenir la pression, avec une nouvelle journée de mobilisation annoncée pour le 15 septembre. Les représentants syndicaux estiment que les réponses apportées à ce stade ne permettent pas de régler les difficultés qu’ils dénoncent.

Le gouvernement met pourtant en avant de nouveaux moyens prévus pour 2027. L’entourage du ministre de l’Intérieur a indiqué à l’AFP qu’une enveloppe supplémentaire de 240 millions d’euros devait bénéficier à la police, accompagnée de 970 créations de postes, dont 700 destinées au renforcement de l’investigation. Des mesures indemnitaires et de nouvelles primes concernant cette filière sont également annoncées.

Pour les syndicats, le débat dépasse toutefois la seule question du nombre de postes. Ils réclament une réponse plus globale concernant les carrières, les rémunérations et la reconnaissance des différentes catégories de personnels.

Dijon, nouvelle étape avant le 15 septembre

Dans ce contexte, le rassemblement prévu à Dijon prend une dimension dépassant le cadre strictement local. Des actions similaires ont commencé à apparaître dans plusieurs villes de l’Est. À Nancy, par exemple, une vingtaine de policiers s’étaient réunis le 4 septembre devant l’hôtel de police après la rencontre avec le ministre, allant jusqu’à déposer symboliquement leurs menottes au sol pour manifester leur mécontentement.

À Dijon, Un1té Zone Est entend à son tour donner de la visibilité aux difficultés remontées par les agents. Le rendez-vous de ce lundi à 11 heures permettra au syndicat de mesurer la mobilisation locale, mais aussi de préparer la suite d’un mouvement qui pourrait prendre davantage d’ampleur dans les prochains jours.

Car désormais, tous les regards se tournent vers le 15 septembre. Après plusieurs semaines de tensions et une réunion à Beauvau qui n’a pas permis de refermer le dossier, les organisations syndicales veulent faire de cette date un nouveau rapport de force avec le ministère de l’Intérieur.

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