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Alors que le rectorat de Dijon met en avant une rentrée placée sous le signe de « l’exigence » et de la maîtrise des savoirs fondamentaux, la CGT Éduc’action dresse un constat nettement plus préoccupant. Fermetures de classes, précarité des personnels, inclusion, santé scolaire ou encore adaptation des bâtiments aux fortes chaleurs : le syndicat estime que les ambitions affichées ne pourront être atteintes sans moyens supplémentaires.

La rentrée 2026 s’ouvre sur un désaccord de fond entre le rectorat de l’académie de Dijon et la CGT Éduc’action. Lors de sa conférence de presse de rentrée, la rectrice a présenté une politique éducative visant à « privilégier le mieux au plus », avec une attention renforcée portée à « l’exigence », à la maîtrise du langage et au raisonnement scientifique. Des objectifs que le syndicat ne conteste pas sur le principe, mais dont il questionne les conditions de mise en œuvre. Pour la CGT Éduc’action, demander davantage aux élèves et aux personnels ne peut se résumer à de nouvelles orientations pédagogiques : cela suppose aussi des classes moins chargées, davantage de personnels et de meilleures conditions de travail.

Au cœur des inquiétudes figure d’abord la baisse démographique attendue en Bourgogne. Selon les éléments repris par le syndicat, les effectifs scolaires pourraient diminuer de 17 % entre 2025 et 2035. Le rectorat y voit l’occasion de repenser l’organisation du système scolaire et l’aménagement territorial. La CGT Éduc’action défend une autre lecture : pour elle, cette diminution du nombre d’élèves devrait permettre de réduire les effectifs dans les classes et d’améliorer l’encadrement, plutôt que de conduire à une diminution des moyens.

Le syndicat s’appuie notamment sur le bilan des ouvertures et fermetures de classes annoncé pour cette rentrée. En Côte-d’Or, 71 classes ferment pour 41 ouvertures. Dans la Nièvre, dix fermetures sont annoncées contre trois ouvertures. En Saône-et-Loire, le rapport est de 44 fermetures pour 12 ouvertures, tandis que l’Yonne compte 33 fermetures pour quatre ouvertures. Pour la CGT Éduc’action, ces chiffres traduisent la poursuite d’une logique de réduction de l’offre scolaire, alors que la baisse démographique pourrait, selon elle, être utilisée pour améliorer les conditions d’enseignement.

Des conditions d’enseignement au centre des critiques

La question des moyens humains occupe une large place dans le communiqué syndical. La CGT Éduc’action estime que l’amélioration des apprentissages ne peut être dissociée des conditions dans lesquelles travaillent enseignants et élèves. Lire, écrire, argumenter ou développer le raisonnement scientifique nécessitent, selon elle, du temps, des groupes moins chargés, mais aussi des personnels spécialisés et médico-sociaux en nombre suffisant.

Le syndicat se montre également critique à l’égard du « pilotage pédagogique partagé » annoncé dans 39 collèges bourguignons, qui doit notamment inclure l’intervention d’inspecteurs. Plutôt que de nouveaux dispositifs de pilotage, la CGT affirme que les équipes ont avant tout besoin de temps, de moyens et d’une plus grande confiance dans leur travail. Elle cite parmi les difficultés rencontrées au quotidien les classes chargées, le manque de personnels, l’accompagnement insuffisant de l’inclusion, l’augmentation des tâches administratives ou encore la multiplication d’injonctions parfois contradictoires.

La situation de l’emploi reste un autre sujet de préoccupation. D’après les chiffres cités dans le communiqué, le rectorat prévoit le maintien de 170 contrats à durée indéterminée d’enseignants contractuels, le renouvellement de 260 contrats à durée déterminée et une quarantaine de recrutements. La CGT Éduc’action considère toutefois que le recours durable aux contractuels témoigne d’une précarité devenue structurelle au sein de l’Éducation nationale. Elle pointe également l’absence de statut pour certains assistants d’éducation et accompagnants d’élèves en situation de handicap, ainsi que l’augmentation du nombre de personnels contraints de partager leur service entre plusieurs établissements.

Inclusion, santé mentale et climat scolaire

Le climat scolaire et la protection des élèves font également partie des priorités mises en avant par le rectorat. Sur ce point, le syndicat dit partager le constat mais réclame là encore des moyens humains supplémentaires. Selon la CGT Éduc’action, la prise en charge des difficultés sociales, psychologiques ou familiales des élèves ne peut reposer uniquement sur les enseignants et sur la multiplication de dispositifs.

Le syndicat demande notamment le renforcement du nombre d’AED, d’AESH, de conseillers principaux d’éducation, de psychologues de l’Éducation nationale, d’infirmières et d’assistantes sociales. Il insiste particulièrement sur la santé mentale des jeunes, estimant qu’elle nécessite une présence humaine durable dans les établissements et ne peut être traitée uniquement par des questionnaires ou des programmes ponctuels. La protection des élèves doit également, selon lui, s’accompagner d’une meilleure protection des personnels face à l’épuisement professionnel et à la surcharge de travail.

Le défi de l’adaptation des écoles aux fortes chaleurs

La rentrée est aussi l’occasion pour la CGT Éduc’action de remettre sur la table la question du bâti scolaire. Face à la multiplication des épisodes de chaleur extrême, le syndicat appelle à accélérer l’adaptation des écoles, collèges et lycées. Isolation des bâtiments, amélioration de la ventilation, protections solaires ou végétalisation des établissements figurent parmi les mesures qu’il souhaite voir davantage développées.

Pour l’organisation syndicale, il ne suffit plus d’établir des diagnostics : les fortes chaleurs ont désormais des conséquences directes sur les conditions d’apprentissage et de travail. Le communiqué affirme par ailleurs que le plan national d’adaptation climatique annoncé pour l’Éducation nationale aurait vu son budget fortement réduit entre juin et septembre, et appelle à faire de la rénovation du patrimoine scolaire une véritable priorité budgétaire.

Plus largement, la CGT Éduc’action conteste l’image d’une rentrée globalement maîtrisée. Elle considère que le fonctionnement quotidien des établissements repose en grande partie sur l’investissement des personnels, malgré les suppressions de classes, les problèmes de recrutement, la précarité et les difficultés d’accompagnement de certains élèves. Le syndicat refuse que cet engagement serve, selon ses termes, à masquer les insuffisances de l’institution.

À plus long terme, l’organisation syndicale voit pourtant dans la baisse du nombre d’élèves une possibilité de transformer en profondeur les conditions de scolarisation dans l’académie. Elle réclame notamment davantage de postes, une réduction des effectifs par classe, la titularisation des personnels contractuels, une revalorisation des salaires, un renforcement des équipes éducatives et médico-sociales ainsi qu’un programme important de rénovation des bâtiments scolaires.

La rentrée devrait donc rester socialement animée. La CGT Éduc’action appelle d’ores et déjà les personnels à préparer la mobilisation du 29 septembre dans la Fonction publique, autour des questions de salaires, de postes, de conditions de travail et de qualité du service public.

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