Le 5 septembre dernier, Dijon Actualités révélait qu’une liste issue du réseau politique de François Patriat était en préparation pour les élections sénatoriales en Côte-d’Or. L’information avait suscité des réactions, certains allant jusqu’à nous reprocher de « colporter des rumeurs ». Six jours plus tard, le dépôt officiel des candidatures est venu confirmer l’essentiel de nos informations : Didier Maingault conduira bien la liste « Territoires et Liberté ». Une confirmation qui mérite aujourd’hui quelques explications sur notre travail et sur un choix éditorial que nous assumons pleinement.
Le 5 septembre 2026, Dijon Actualités publiait un article intitulé « Sénatoriales en Côte-d’Or : une liste issue du réseau Patriat en préparation ? ». À cette date, aucune liste n’avait encore été officiellement déposée. Pourtant, selon les informations que nous avions recueillies dans les milieux politiques locaux, quelque chose se préparait autour de plusieurs anciens proches et compagnons de route de François Patriat.
Nous avions alors cité plusieurs noms, parmi lesquels celui de Didier Maingault. Nous écrivions qu’il apparaissait comme l’un des hommes susceptibles de conduire cette liste. Nous évoquions également Annouck Cotillot et Patrick Molinoz. Surtout, notre article prenait toutes les précautions nécessaires : conditionnel, point d’interrogation dans le titre et rappel très clair qu’aucune composition définitive n’avait encore été rendue publique.
Six jours plus tard, vendredi 11 septembre, les candidatures ont été déposées. Et cette liste existe bel et bien.
Elle porte le nom de « Territoires et Liberté », comme celle conduite en 2020 par François Patriat. Didier Maingault en est la tête de liste. Il est accompagné d’Annouck Cotillot en deuxième position, de Christian Poulleau en troisième, de Nathalie Faure-Gavoille en quatrième et de Grégory Patriat en cinquième position.
Autrement dit : l’existence de cette candidature collective issue du réseau politique et humain de François Patriat, que nous annoncions comme étant en préparation, est aujourd’hui une réalité.
Informer avant le communiqué officiel, c’est aussi le travail de la presse
Il est donc nécessaire de revenir sur les critiques formulées après notre publication. Certains ont estimé que Dijon Actualités avait relayé une simple « rumeur de couloir ». Nous ne partageons pas cette lecture.
Notre travail n’était pas d’attendre le vendredi 11 septembre à 18 heures, une fois les candidatures officiellement déposées, pour recopier une liste déjà rendue publique. D’autres médias peuvent faire ce choix, et il est parfaitement respectable. Nous avons fait un autre choix : celui d’informer nos lecteurs de ce qui se préparait, dès lors que nos informations nous paraissaient suffisamment sérieuses pour être portées à leur connaissance.
C’est précisément pour cette raison que notre article du 5 septembre ne présentait rien comme définitivement acquis. Il indiquait qu’une liste pourrait voir le jour, que plusieurs noms circulaient et que Didier Maingault pourrait en prendre la tête. Nous écrivions également noir sur blanc qu’aucune composition définitive n’avait encore été annoncée.
Il existe une différence fondamentale entre inventer une information et publier, avec les précautions nécessaires, une information politique en cours de constitution.
Nous n’avons pas écrit qu’une liste était officiellement déposée lorsqu’elle ne l’était pas. Nous avons écrit qu’elle se préparait. Elle se préparait effectivement.
Nous n’avons pas affirmé que Didier Maingault était officiellement tête de liste. Nous avons indiqué que son nom apparaissait comme l’un des plus sérieux pour la conduire. Il la conduit aujourd’hui.
C’est cela, aussi, le travail journalistique : recueillir des informations, les recouper, les contextualiser et les publier lorsqu’elles présentent un intérêt pour le public, sans attendre nécessairement qu’un communiqué officiel vienne raconter ce que tout le monde sait déjà.
Didier Maingault, dans la continuité de François Patriat
Le choix de Didier Maingault n’a d’ailleurs rien d’anodin. Âgé de 51 ans et maire de Brétigny, il occupait déjà la troisième place sur la liste « Territoires et Liberté » conduite par François Patriat lors des élections sénatoriales de 2020. Les archives officielles du ministère de l’Intérieur le confirment.
Depuis le 25 août dernier, Didier Maingault est également sénateur de la Côte-d’Or. Il a accédé au Palais du Luxembourg après le décès de François Patriat, survenu le 19 août, puis la démission d’Annouck Cotillot quelques jours plus tard. Le Sénat indique qu’il siège désormais au sein du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants, le RDPI.
Sa candidature apparaît donc comme une forme de continuité politique avec l’équipe constituée autour de François Patriat.
La présence d’Annouck Cotillot à la deuxième place renforce encore cette lecture. Elle figurait déjà en deuxième position sur la liste de François Patriat en 2020. Didier Maingault était troisième. Six ans plus tard, les deux se retrouvent aux deux premières places de « Territoires et Liberté ».
Mais la candidature la plus symbolique se trouve peut-être à l’autre extrémité de la liste.
En cinquième position figure Grégory Patriat, fils de François Patriat. Vinificateur reconnu en Bourgogne, notamment au sein de la maison Jean-Claude Boisset, il apporte naturellement à cette candidature une dimension particulière.
Sa présence donne à la liste une portée qui dépasse la seule mécanique électorale. Elle inscrit cette candidature dans un héritage politique revendiqué, quelques semaines seulement après la disparition de François Patriat.
« Le courage de certains et de certaines fait honneur à François Patriat », nous confiera d’ailleurs une personnalité politique au sujet de la constitution de cette liste.
Une candidature qui complique l’équation de François Rebsamen
Politiquement, l’arrivée de « Territoires et Liberté » n’est évidemment pas neutre pour François Rebsamen. La Côte-d’Or doit élire trois sénateurs le 27 septembre prochain, au scrutin proportionnel. Dans ce type d’élection, où votent les grands électeurs et où les équilibres peuvent se jouer à relativement peu de voix, chaque liste supplémentaire capable de mobiliser des maires, conseillers municipaux et élus territoriaux peut peser lourd.
La liste de Didier Maingault vient précisément chercher une partie d’un électorat d’élus locaux qui pourrait, sans elle, regarder vers la candidature de François Rebsamen.
Il serait prématuré d’en déduire aujourd’hui les résultats du scrutin. Mais il est difficile de nier que l’existence d’une liste structurée autour d’anciens proches de François Patriat complique sérieusement l’équation politique de l’ancien maire de Dijon.
C’est probablement là que se situe le principal enjeu de cette candidature : elle crée une offre supplémentaire dans un espace politique où chaque voix comptera.
Elle constitue également un signal politique. Une partie de l’ancien réseau Patriat ne s’est manifestement pas fondue dans une candidature unique autour de François Rebsamen. Elle a choisi de conserver son autonomie et de présenter sa propre liste.
Et Patrick Molinoz ?
Une interrogation demeure néanmoins. Dans notre article du 5 septembre, le nom de Patrick Molinoz faisait partie de ceux qui nous avaient été indiqués comme susceptibles de participer à cette aventure. Nous évoquions sa proximité ancienne avec François Patriat, son implantation dans l’Auxois-Morvan et son important réseau parmi les élus locaux.
Patrick Molinoz ne figure finalement pas sur la liste déposée.
Pourquoi ?
À ce stade, nous ne disposons pas d’éléments suffisamment établis pour répondre à cette question. Il serait donc contraire à la rigueur que nous revendiquons aujourd’hui d’affirmer, sans preuve, qu’il aurait fait l’objet de pressions ou qu’une intervention extérieure aurait provoqué son retrait.
Une liste en préparation peut évoluer jusqu’au dernier moment. Des discussions peuvent aboutir ou échouer, des personnes peuvent accepter puis renoncer, et des arbitrages politiques peuvent modifier une composition jusqu’au dépôt officiel.
L’absence finale d’un nom évoqué quelques jours auparavant ne transforme donc pas rétroactivement l’ensemble d’une information en « fausse rumeur ».
Elle rappelle simplement une réalité de la vie politique : entre une liste en préparation et une liste officiellement déposée, des changements peuvent intervenir. Et c’est précisément pour cette raison que nous avions utilisé le conditionnel.
Nous n’avons pas colporté une rumeur, nous avons fait notre travail
Au fond, la polémique née autour de notre article pose une question beaucoup plus large : quel doit être le rôle d’un média local ? Doit-il uniquement publier ce qui est déjà officiel, signé, tamponné et rendu public ? Ou doit-il aussi chercher à comprendre ce qui se prépare dans les coulisses de la vie politique de son territoire ?
À Dijon Actualités, notre réponse est claire.
Lorsqu’une information nous paraît sérieuse, lorsqu’elle provient de nos sources et lorsqu’elle présente un intérêt évident pour nos lecteurs, notre rôle est de la publier en indiquant honnêtement ce qui est établi et ce qui ne l’est pas encore.
C’est exactement ce que nous avons fait le 5 septembre.
Nous n’avions jamais prétendu connaître à l’avance la composition définitive de la liste. Nous avions annoncé qu’une liste issue du réseau Patriat était en préparation et que Didier Maingault apparaissait comme un possible chef de file.
Le 11 septembre, « Territoires et Liberté » a officiellement fait son apparition parmi les candidatures, conduite par Didier Maingault et comprenant plusieurs personnalités directement liées à l’ancienne équipe de François Patriat.
Les faits sont désormais là.
Alors non, nous n’avons pas « colporté une rumeur ».
Nous avons publié une information avant qu’elle ne devienne officielle.
C’est différent.
Et en déplaise à ceux qui avaient choisi de la balayer d’un revers de main, l’essentiel de cette information s’est confirmé. La campagne des sénatoriales peut désormais commencer. Et une chose est certaine : avec l’arrivée de « Territoires et Liberté », la bataille pour les trois sièges de sénateurs de la Côte-d’Or vient de prendre une tout autre dimension.
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