Durant trois jours, du vendredi 11 au dimanche 13 septembre, la traditionnelle braderie de rentrée a investi le centre-ville de Dijon. Si les visiteurs étaient au rendez-vous, plusieurs commerçants rencontrés dressent un constat plus nuancé côté ventes : dans un contexte économique tendu, les clients regardent davantage les prix et réfléchissent avant de sortir le portefeuille.
Portants installés sur les trottoirs, étiquettes remisées et stands déployés dans les rues du centre-ville : Dijon a vécu ce week-end au rythme de sa grande braderie de rentrée. Organisé par Shop In Dijon, l’événement s’est tenu pendant trois jours, de 10 heures à 19 heures. Les boutiques dijonnaises ont déballé devant leurs vitrines tandis que des commerçants ambulants venus de différentes régions ont pris place notamment rue de la Liberté et place Darcy le samedi et le dimanche. Créateurs et artisans locaux étaient également présents places François-Rude, Bossuet et Notre-Dame.
Dans les rues, les promeneurs n’ont pas manqué. Mais entre regarder, essayer et acheter, plusieurs vendeurs rencontrés au cours du week-end ont constaté une différence. Les visiteurs semblent désormais arbitrer davantage leurs dépenses et les achats impulsifs se feraient plus rares. « Les gens n’ont pas fait de folie », résume ainsi l’un des professionnels interrogés. Un constat partagé par plusieurs exposants, pour qui la fréquentation ne se traduit plus forcément par des paniers importants.

« Les carburants sont chers, on le sent. Les gens dépensent moins, ils font attention », explique un autre vendeur. Une remarque qui revient régulièrement dans les discussions. Certains clients continuent à se faire plaisir, mais cherchent davantage la bonne affaire, comparent les prix et privilégient parfois un seul achat là où ils auraient pu en réaliser plusieurs auparavant.
Cette prudence observée à Dijon s’inscrit dans un contexte national peu favorable à la consommation. En août, l’indicateur de confiance des ménages mesuré par l’Insee s’établissait à 86 points, très en dessous de sa moyenne de longue période fixée à 100. Dans le même temps, l’indicateur mesurant le climat de l’épargne atteignait 125 points et l’opportunité d’épargner un niveau historiquement élevé. Autrement dit, les Français restent particulièrement prudents face à l’avenir et semblent davantage enclins à conserver une partie de leur argent qu’à multiplier les dépenses.
Le pouvoir d’achat constitue également une préoccupation majeure. Selon les derniers comptes nationaux publiés par l’Insee, il a reculé de 0,6 % par unité de consommation au deuxième trimestre 2026. Les prix à la consommation progressaient par ailleurs de 2,4 % sur un an en août. Ces données donnent un éclairage aux impressions recueillies auprès des vendeurs dijonnais : même lorsqu’une sortie shopping est prévue, le budget semble désormais plus étroitement surveillé.

La question du carburant, spontanément évoquée par les commerçants, n’est pas anodine non plus. Vendredi 11 septembre, au premier jour de la braderie, le litre de gazole avoisinait 2,30 euros en moyenne nationale, tandis que le SP95-E10 se situait autour de 2,13 euros. Des prix élevés qui peuvent peser directement sur le budget disponible des ménages, particulièrement pour ceux qui dépendent quotidiennement de leur véhicule.
Pour tenter de faciliter la venue des consommateurs en centre-ville, Shop In Dijon avait d’ailleurs reconduit une opération permettant d’obtenir deux heures de stationnement en parking souterrain ou un aller-retour en bus et tram sur présentation d’une preuve d’achat d’au moins cinq euros réalisée pendant la braderie. Une manière d’alléger, au moins en partie, le coût du déplacement pour les visiteurs.
La braderie reste malgré tout un rendez-vous important de la rentrée commerciale dijonnaise. Pendant trois jours, boutiques, vendeurs ambulants, artisans et créateurs ont bénéficié d’une exposition particulière dans un centre-ville transformé en vaste espace de vente à ciel ouvert. Mais derrière l’animation et les portants chargés de bonnes affaires, cette édition 2026 aura aussi révélé une réalité plus économique : les consommateurs sont présents, mais ils comptent davantage.
Pour les commerçants interrogés, le changement se mesure ainsi moins au nombre de passants qu’à leur comportement devant les étals. On regarde, on demande le prix, on hésite, parfois on repose. Dans un climat marqué par la baisse récente du pouvoir d’achat, une confiance toujours fragile et des dépenses contraintes élevées, la bonne affaire reste recherchée. La dépense, elle, n’est plus automatique.




















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