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À Dijon, La Fourmilière passe en SCOP et ouvre un nouveau chapitre de son histoire

Par Fabien Bauduin 16 septembre 2026

Quatre ans après son ouverture, La Fourmilière change de statut et devient une Société coopérative et participative (SCOP). Une évolution qui entend renforcer la dimension collective de ce tiers-lieu dijonnais, déjà engagé autour de la consommation responsable, de l’alimentation durable et du partage. L’équipe célébrera cette nouvelle étape samedi 10 octobre, à partir de 19 heures.

À La Fourmilière, le collectif n’est pas un principe nouveau. Depuis quatre ans, ce tiers-lieu installé au 51 rue Général-Fauconnet, à Dijon, cherche à réunir dans un même espace différentes manières de consommer, de se restaurer, de prendre soin de soi, mais aussi de se rencontrer. En octobre 2026, cette philosophie prend désormais une dimension supplémentaire : la structure abandonne son statut de SARL pour devenir une SCOP, Société coopérative et participative.

Un changement juridique, certes, mais surtout une nouvelle étape dans l’histoire du projet. Car derrière cette transformation, La Fourmilière entend réaffirmer les principes qui accompagnent son développement depuis ses débuts : coopération, responsabilité, partage et transparence.

Trois activités réunies sous un même toit

La singularité de La Fourmilière tient d’abord à son fonctionnement. Le lieu réunit trois activités différentes mais pensées comme complémentaires.

La première est Au Gramme Près, une épicerie spécialisée dans les produits biologiques, locaux et vendus en vrac. L’objectif affiché est de proposer une autre façon de faire ses courses, en favorisant notamment la réduction des emballages et les circuits de proximité.

À quelques pas des rayons de l’épicerie, le café-cantine prolonge cette démarche autour de l’assiette. La cuisine y est entièrement faite maison et végétarienne. Au-delà de la restauration, l’espace est aussi conçu comme un lieu de convivialité, où l’on peut se retrouver et échanger.

Enfin, L’Atelier Perché complète l’ensemble avec un studio consacré au yoga et au pilates. Alimentation, consommation et bien-être cohabitent ainsi dans un même lieu avec, en fil conducteur, l’ambition de proposer un espace accessible et vivant.

Ce mélange des usages est au cœur de la définition même du tiers-lieu imaginé par l’équipe : un endroit que l’on ne fréquente pas uniquement pour acheter un produit ou participer à une activité, mais également pour créer du lien.

Une histoire commencée avec Au Gramme Près

À l’origine du projet se trouve Julie Collin, qui avait déjà lancé en 2018 l’épicerie en vrac Au Gramme Près. La Fourmilière est née dans la continuité de cette première expérience, avec l’idée d’élargir la démarche à d’autres dimensions du quotidien et de créer un véritable lieu de vie.

Depuis son ouverture, le projet a peu à peu constitué autour de lui un écosystème. La structure travaille notamment avec un réseau de producteurs locaux, principalement engagés dans l’agriculture biologique, tout en développant des relations avec ses clients, ses adhérents, ses partenaires et les habitants qui fréquentent régulièrement le lieu.

Quatre années qui ont aussi permis à La Fourmilière d’éprouver son modèle. Derrière l’image conviviale du tiers-lieu se cache en effet une organisation complexe : faire fonctionner simultanément une épicerie, une cantine et un espace consacré au bien-être suppose une gestion quotidienne importante et une coordination permanente.

C’est précisément dans ce contexte que le passage en SCOP intervient.

Faire du collectif un mode de fonctionnement

Pour La Fourmilière, devenir une SCOP ne constitue pas une rupture avec les premières années du projet. L’équipe présente au contraire cette évolution comme la continuité logique d’une aventure déjà largement fondée sur le collectif.

Le choix de la forme coopérative doit permettre de traduire davantage dans le fonctionnement de la structure les valeurs qu’elle porte publiquement depuis sa création. L’enjeu est de mettre en cohérence la manière de travailler avec les principes défendus auprès du public : coopération, responsabilité partagée et transparence.

À travers cette nouvelle organisation, La Fourmilière souhaite également défendre une autre vision de l’économie locale. Le message porté par l’équipe dépasse en effet la seule question du statut de l’entreprise : il s’agit aussi de montrer qu’il est possible d’imaginer d’autres façons de produire, de consommer et de travailler.

Le vrac et la réduction des emballages à l’épicerie, le recours aux producteurs locaux, une cuisine végétarienne et faite maison ou encore la création d’espaces de rencontre constituent les différentes facettes de cette même démarche.

Le lien social comme fil conducteur

Au fil des années, La Fourmilière a ainsi cherché à dépasser la logique d’un simple commerce. Le tiers-lieu se veut également un espace où les habitants peuvent se rencontrer et où différentes pratiques peuvent cohabiter.

Une dimension qui prend une importance particulière dans le discours porté aujourd’hui par l’équipe. Pour La Fourmilière, la transition vers des modes de vie plus durables ne passe pas uniquement par le contenu d’un panier de courses. Elle touche également aux relations avec les producteurs, aux habitudes alimentaires, à la manière de travailler et, plus largement, à la place accordée au lien social.

Le passage en SCOP apparaît alors comme une nouvelle manière de prolonger cet engagement : après avoir expérimenté pendant quatre ans une autre façon de consommer et de créer un lieu de proximité, La Fourmilière souhaite désormais approfondir une autre manière d’entreprendre collectivement.

Quatre ans et un nouveau départ à célébrer le 10 octobre

Ce changement de statut intervient au moment où le tiers-lieu célèbre également ses quatre années d’existence. Un double anniversaire que l’équipe souhaite partager avec le public.

Samedi 10 octobre, à partir de 19 heures, La Fourmilière ouvrira donc ses portes pour une soirée destinée à présenter la nouvelle SCOP. L’équipe expliquera son fonctionnement et les conséquences concrètes de cette transformation pour le lieu.

Mais la soirée se veut avant tout conviviale. Clients, habitués, partenaires ou simples curieux sont invités à venir rencontrer l’équipe, échanger et découvrir les coulisses de cette nouvelle aventure.

Quatre ans après son ouverture, La Fourmilière change ainsi de statut sans changer de cap. Avec sa transformation en SCOP, le tiers-lieu dijonnais veut désormais inscrire jusque dans son organisation ce qui constitue depuis le début son principal mot d’ordre : faire ensemble.