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Dijon et son agglomération

Dijon, laboratoire grandeur nature de l’alimentation durable

Par Fabien Bauduin 18 septembre 2026

Les 21 et 22 septembre, Dijon accueillera les Assises territoriales de l’Agroécologie et de l’Alimentation. Plus de 1 500 participants sont attendus pour ce rendez-vous national consacré à la transformation des systèmes agricoles et alimentaires. Un choix loin d’être anodin : depuis plusieurs années, la métropole bourguignonne entend faire de son territoire un terrain d’expérimentation de l’alimentation de demain.

Pendant deux jours, Dijon va placer l’agriculture et l’alimentation au centre des débats. Les 21 et 22 septembre 2026, la métropole accueillera les Assises territoriales de l’Agroécologie et de l’Alimentation, un rendez-vous qui doit réunir plus de 1 500 participants, 400 intervenants et neuf délégations étrangères.

Élus, agriculteurs, chercheurs, entreprises, associations et représentants des collectivités sont attendus pour confronter leurs expériences et leurs solutions face à des défis devenus incontournables : adaptation de l’agriculture au changement climatique, préservation des ressources, évolution des habitudes alimentaires, accès à une nourriture de qualité ou encore relocalisation d’une partie de la production.

Au programme : six sessions plénières, 85 ateliers et une vingtaine de visites de terrain organisées dans la métropole dijonnaise. L’objectif affiché est de dépasser les constats pour montrer comment les territoires peuvent agir concrètement sur l’ensemble de la chaîne alimentaire.

De la gastronomie à la transition alimentaire

Dijon dispose pour cela d’un argument historique : son identité est depuis longtemps intimement liée à la gastronomie et à l’alimentation. Capitale de la Bourgogne, au cœur d’un territoire viticole mondialement connu, la ville revendique cet héritage tout en cherchant désormais à lui donner une dimension nouvelle.

Car derrière l’image de la gastronomie française, c’est aujourd’hui une transformation beaucoup plus profonde du système alimentaire que souhaite porter Dijon métropole.

Labellisée par l’État « Territoire d’innovation » pour une alimentation durable, la collectivité développe depuis plusieurs années le programme ProDij – Mieux manger, mieux produire, avec l’ambition de transformer le système alimentaire local à l’horizon 2030.

La démarche repose sur un principe : la transition ne peut pas se limiter à ce que l’on trouve dans l’assiette. Elle suppose également de réfléchir à la manière dont les aliments sont produits, transformés, distribués et consommés.

Agriculture, santé, environnement, recherche et développement économique sont ainsi intégrés dans une même stratégie. Un changement d’échelle qui place les collectivités locales au cœur des politiques alimentaires.

« Accueillir ces Assises à Dijon n’est pas un hasard », souligne François Rebsamen, président de Dijon métropole et ancien ministre. Selon lui, la métropole a choisi « d’agir sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, de la production agricole jusqu’à l’assiette », en s’appuyant notamment sur la recherche, l’innovation et les acteurs du territoire.

Pour le président de la métropole, les collectivités ont désormais « un rôle essentiel à jouer pour expérimenter et déployer des solutions concrètes » face aux défis climatiques, agricoles et alimentaires.

La cantine scolaire comme terrain d’expérimentation

À Dijon, cette politique se traduit notamment dans les restaurants scolaires. Avec le projet « Chouette cantine », développé en partenariat avec l’INRAE, la métropole analyse la qualité nutritionnelle et l’empreinte carbone des quelque 8 000 repas servis chaque jour aux enfants.

La restauration collective devient ainsi un levier de transformation à plusieurs niveaux : amélioration de l’équilibre alimentaire, sensibilisation des enfants au goût, évolution des approvisionnements et réduction de l’impact environnemental des repas.

L’enjeu dépasse la seule composition des menus. En intervenant dès l’enfance, la métropole entend également agir sur les habitudes alimentaires à long terme. Faire découvrir de nouveaux produits, mieux comprendre leur origine ou encore familiariser les enfants avec une alimentation diversifiée constituent autant de moyens d’inscrire la transition alimentaire dans le quotidien.

La légumerie métropolitaine constitue l’autre maillon de cette stratégie. Elle prépare les fruits et légumes destinés à la cuisine centrale et permet de rapprocher la restauration collective des productions locales.

Pour les agriculteurs, ce type de dispositif peut également offrir des débouchés plus réguliers. Pour la collectivité, il s’agit de sécuriser davantage ses approvisionnements tout en développant les circuits courts et en augmentant la part de produits locaux et issus de l’agriculture biologique dans les cantines.

Un territoire où agriculture et recherche se côtoient

L’autre particularité du modèle dijonnais tient à la concentration, sur un même territoire, d’acteurs agricoles, scientifiques et économiques.

L’agroalimentaire représente près de 9 000 emplois dans la métropole, soit environ 30 % des emplois industriels. Parallèlement, quelque 3 000 chercheurs, enseignants-chercheurs et doctorants travaillent sur le territoire, notamment autour de l’agriculture, de l’alimentation, de la santé et de l’environnement.

Cette proximité nourrit l’ambition de Dijon de devenir un territoire où de nouvelles solutions peuvent être testées directement, avant d’être éventuellement reproduites ailleurs.

Les terres agricoles et viticoles occupent par ailleurs 45 % du territoire métropolitain. Leur préservation représente un enjeu majeur dans une agglomération soumise, comme de nombreux territoires urbains, à la pression foncière.

À travers son plan local d’urbanisme intercommunal, la métropole affirme vouloir protéger ces espaces, à la fois pour préserver la biodiversité et pour maintenir les conditions nécessaires au développement d’une agriculture périurbaine.

Les collectivités en première ligne

L’accueil des Assises intervient alors que les territoires cherchent de plus en plus à reprendre la main sur les questions alimentaires.

Longtemps considérée principalement comme relevant des politiques agricoles nationales ou européennes, l’alimentation est devenue un sujet local majeur. Les collectivités interviennent désormais à travers la restauration scolaire, l’aménagement du territoire, le soutien aux producteurs, les marchés publics, la lutte contre la précarité alimentaire ou encore la protection des terres agricoles.

Les Assises de Dijon doivent précisément permettre de confronter ces différentes politiques et de partager les expérimentations menées dans les territoires.

Les quelque 85 ateliers et visites programmés pendant les deux journées donneront également aux participants l’occasion de quitter les salles de conférences pour observer des réalisations concrètes sur le terrain.

Car c’est sans doute là que Dijon souhaite se distinguer : non pas seulement en accueillant les débats sur l’alimentation durable, mais en présentant son propre territoire comme un laboratoire de cette transformation.

De la production agricole aux cantines scolaires, des laboratoires de recherche aux entreprises agroalimentaires, la métropole cherche à rapprocher des univers longtemps abordés séparément.

Avec une conviction : la transition alimentaire ne pourra pas reposer sur une solution unique. Elle passera au contraire par une transformation progressive de l’ensemble du système, du champ jusqu’à l’assiette.

Les Assises territoriales de l’Agroécologie et de l’Alimentation se tiendront les 21 et 22 septembre 2026 à Dijon. Le programme complet et les informations pratiques sont disponibles sur le site des Assises : assises-agroecologie-alimentation.fr.