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Dijon : une convention signée pour sauver la synagogue, joyau du patrimoine dijonnais

Par Fabien Bauduin 18 septembre 2026

Ce vendredi 18 septembre au matin, l’Association Cultuelle Israélite de Dijon et la Fondation du patrimoine ont officiellement signé une convention ouvrant une nouvelle étape dans la restauration de la synagogue de Dijon. Face aux dégradations de l’édifice, un vaste chantier estimé à 350 000 euros doit débuter en 2027. Une collecte de 30 000 euros est désormais lancée auprès du public, alors que le monument vient également d’être retenu par la Mission Patrimoine portée par Stéphane Bern.

Une signature qui donne le coup d’envoi de la mobilisation

C’est une étape importante pour l’avenir de l’un des monuments les plus singuliers du centre-ville de Dijon. Ce vendredi matin, Israël Cemachovic, président de l’Association Cultuelle Israélite de Dijon (ACID), et Jean-Christophe Bonnard, délégué régional de la Fondation du patrimoine en Bourgogne-Franche-Comté, ont signé une convention destinée à accompagner la restauration de la synagogue dijonnaise.

La cérémonie s’est déroulée en présence notamment de Françoise Tenenbaum, conseillère municipale déléguée à Dijon et vice-présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. La signature a été suivie du lancement officiel de la campagne de collecte portée par la Fondation du patrimoine.

Au-delà du geste symbolique, cette convention doit permettre de mobiliser habitants, entreprises et mécènes autour d’un chantier devenu indispensable. Le document de souscription prévoit un montant de travaux de 350 000 euros, avec un objectif de collecte fixé à 30 000 euros et un démarrage du chantier annoncé pour janvier 2027.

Des chutes de pierres ont révélé l’urgence des travaux

L’état des façades inquiète depuis plusieurs années. Des chutes de pierres provenant de l’édifice et atteignant la voie publique ont notamment conduit l’association propriétaire à engager un diagnostic détaillé.

Les investigations ont fait apparaître plusieurs pathologies : érosion de la pierre, fissurations, dégradations liées au ruissellement des eaux, réparations anciennes au ciment et infiltrations. Les pierres situées au niveau du soubassement du dôme sont elles aussi fortement altérées. À l’exception notamment du dôme et des vitraux, les extérieurs de la synagogue n’avaient jusqu’ici jamais bénéficié d’une restauration globale d’une telle ampleur.

Le chantier sera donc conduit en trois grandes tranches. La première concernera la partie ouest, le pignon d’entrée et le parvis, ainsi que le traitement du lichen sur le dôme. Une deuxième phase sera consacrée à la partie centrale, au dôme et au transept. Enfin, la troisième tranche portera sur la partie est du bâtiment et son mur de clôture. Selon le calendrier actuellement présenté, les travaux devraient commencer au début de l’année 2027 pour s’achever à la fin de 2029.

Un monument dijonnais vieux de près de 150 ans

La restauration dépasse largement la seule question de la sécurité. Inaugurée en 1879, la synagogue constitue un témoin majeur de l’histoire de la communauté juive dijonnaise et, plus largement, de l’histoire de la ville.

Sa construction avait déjà été, à l’époque, une aventure collective. La Ville de Dijon avait mis à disposition le terrain et une souscription nationale avait permis de financer l’édifice, avec la participation de membres de la communauté juive mais également de Dijonnais non juifs. Un siècle et demi plus tard, l’appel aux dons lancé aujourd’hui fait ainsi écho, d’une certaine manière, à la mobilisation qui avait permis sa naissance.

L’architecte Alfred Sirodot imagine alors un édifice au style romano-byzantin particulièrement original dans le paysage dijonnais. La Ville de Dijon elle-même souligne son caractère architectural singulier, avec son plan adapté à une parcelle relativement étroite, son parvis et les sculptures réalisées par Jules Schanosky. Les vitraux sont issus des ateliers d’Eugène Oudinot, également associés à ceux de la grande synagogue de la rue de la Victoire à Paris.

Le monument bénéficie par ailleurs d’une reconnaissance patrimoniale officielle : la synagogue est inscrite au titre des Monuments historiques depuis le 15 mars 1989. La base nationale du ministère de la Culture mentionne également les sculptures de Jules Schanovki, les vitraux des ateliers Oudinot et les peintures de Leniept parmi les éléments remarquables du bâtiment.

La synagogue retenue par la Mission Patrimoine 2026

Autre soutien de poids : quelques jours avant la signature de la convention, la synagogue de Dijon a été sélectionnée comme site départemental de Côte-d’Or pour l’édition 2026 de la Mission Patrimoine, confiée à Stéphane Bern et déployée par la Fondation du patrimoine avec le soutien du ministère de la Culture et de FDJ United.

Cette sélection doit apporter une aide supplémentaire au financement du chantier. Le montant attribué à la synagogue dijonnaise n’est toutefois pas encore connu : pour les sites départementaux, les dotations dépendent notamment des résultats des jeux Mission Patrimoine et doivent être annoncées ultérieurement.

L’enjeu est aussi de maintenir un bâtiment vivant. La synagogue est toujours affectée au culte, mais elle constitue également un lieu de découverte patrimoniale. Après restauration et sécurisation, l’objectif est de poursuivre l’accueil des visiteurs, notamment lors des Journées européennes du patrimoine, mais aussi de permettre le retour de visites pour les scolaires, les universitaires et le grand public.

Une nouvelle souscription, près de 150 ans après la première

Avec la convention signée ce vendredi matin, commence désormais le temps de la mobilisation financière. Particuliers comme entreprises peuvent participer à la collecte, avec les dispositifs de réduction fiscale prévus pour les dons à la Fondation du patrimoine. Le bulletin diffusé pour l’opération rappelle d’ailleurs que chaque contribution, quel qu’en soit le montant, peut participer à la sauvegarde de l’édifice.

Près de 150 ans après la souscription qui avait accompagné sa construction, la synagogue de Dijon fait donc une nouvelle fois appel à la générosité collective. Avec cette fois un objectif clair : stopper les dégradations, sécuriser le monument et transmettre aux générations futures l’un des témoins les plus remarquables du patrimoine religieux et architectural dijonnais.

La collecte est accessible directement sur le site de la Fondation du patrimoine : Soutenir la restauration de la synagogue de Dijon