Ce samedi 19 septembre, l’Esplanade de la République a accueilli la Fête de la République de Chenôve. Une journée placée sous le signe du sport, de la culture, de la vie associative, de la jeunesse et de l’engagement citoyen, conclue notamment par la remise des Prix de l’engagement bénévole 2026 et par le discours du maire de Chenôve, Thierry Falconnet.
Devant les habitants, les représentants associatifs et les élus présents, le maire a souhaité rappeler ce que représente, à ses yeux, la République dans la vie quotidienne. Une République qui ne se limite pas aux institutions ou aux grandes dates de l’Histoire, mais qui s’incarne dans les actions menées chaque jour par les habitants, les bénévoles, les associations et les services publics.
Cinq lauréats récompensés pour leur engagement
Moment important de la cérémonie, cinq lauréats ont été distingués à l’occasion des Prix de l’engagement bénévole 2026 : Éliane Gerbet, François Bigeard, Louise Clerc, Pierre Monvaillier et le Volley Club de Chenôve. À travers ces récompenses, la municipalité a souhaité mettre à l’honneur celles et ceux qui donnent de leur temps pour faire vivre les associations, transmettre leurs passions, accompagner les autres et créer du lien.
Éliane Gerbet a reçu le prix de la meilleure bénévole femme de 31 ans et plus. Engagée depuis dix ans au sein de l’association Des Outils Pour Réussir, elle y exerce plusieurs responsabilités et anime notamment chaque semaine des ateliers autour des danses du monde ainsi que des activités de détente et de mouvements. Son énergie, sa disponibilité et sa capacité à entraîner les autres dans de nouveaux projets ont été particulièrement saluées.
François Bigeard a été récompensé dans la catégorie du meilleur bénévole homme de 31 ans et plus. Proposé par le Comité d’Entente des Associations d’Anciens Combattants et Patriotiques, il participe depuis de nombreuses années à l’organisation des cérémonies républicaines et patriotiques. Maître de cérémonie, il contribue notamment à leur préparation, à l’accueil des porte-drapeaux et à la transmission de la mémoire auprès des plus jeunes.
Chez les jeunes bénévoles, Louise Clerc a été distinguée dans la catégorie féminine des 18-30 ans. Très investie au sein de l’Indépendante de Chenôve, elle est membre du comité, secrétaire du club et encadre notamment les plus jeunes dans les groupes de baby-gym. Son investissement et sa volonté de transmettre sa passion de la gymnastique ont été mis à l’honneur.
Pierre Monvaillier, âgé de 25 ans, a reçu le prix du meilleur jeune bénévole homme de 18 à 30 ans. Membre de l’Athlétic Club Chenôve depuis 2017, il s’est progressivement engagé comme entraîneur, juge régional puis membre du comité directeur. Il consacre aujourd’hui plusieurs centaines d’heures par an à l’encadrement et à l’accompagnement des jeunes athlètes.
Enfin, le Volley Club Chenôve a été récompensé pour la meilleure action associative 2025, grâce à son projet de promotion du volley assis comme outil d’inclusion et d’intégration. En 2025, une trentaine d’interventions ont été organisées afin de permettre à des personnes valides et en situation de handicap de pratiquer ensemble. Une initiative qui fait du sport un véritable outil de rencontre et de sensibilisation au handicap.
« La République vit d’abord dans ce que nous construisons ensemble »
Après la remise des prix, Thierry Falconnet a replacé l’engagement bénévole au cœur des valeurs républicaines. Pour le maire de Chenôve, il n’est pas anodin que ces distinctions soient remises pendant la Fête de la République.
Dans son discours, il a rappelé que la République ne vit pas uniquement à travers les institutions, les textes législatifs ou les grandes dates historiques. Elle prend surtout vie, selon lui, dans ce que les citoyens réalisent et construisent ensemble. Le maire est également revenu sur les trois principes fondamentaux de la devise républicaine : Liberté, Égalité et Fraternité, estimant que ces valeurs n’ont véritablement de sens que lorsqu’elles trouvent une traduction concrète dans la vie quotidienne.
Thierry Falconnet a notamment insisté sur la diversité de Chenôve, qu’il décrit comme une « ville mosaïque », composée d’habitants aux parcours, aux générations, aux origines et aux cultures différentes, mais réunis autour d’un avenir commun.
« Nous n’avons pas besoin d’être semblables pour avoir quelque chose en commun. »
Pour le maire, c’est précisément dans cette capacité à partager les mêmes espaces, les mêmes services publics et le même avenir que se construit une communauté républicaine : celle du « Peuple de Chenôve ».
Éducation, associations, sport et culture au cœur de la République
Le maire a également détaillé plusieurs domaines dans lesquels la municipalité entend faire vivre concrètement ces principes : l’investissement dans les écoles et l’éducation, le soutien aux associations, l’aménagement d’espaces accessibles à tous, le développement du sport ou encore l’éducation populaire.
La culture a également occupé une place importante dans son intervention. Thierry Falconnet a notamment évoqué le concert « Mariam chante Amadou et Mariam », programmé au Cèdre pour lancer la saison culturelle. Le choix d’un événement accessible gratuitement au plus grand nombre répond, selon lui, à une conviction forte : la culture ne doit pas être réservée à ceux qui ont les moyens de se l’offrir. L’accès aux spectacles, aux bibliothèques, aux médiathèques et aux pratiques artistiques constitue ainsi une manière de faire vivre concrètement l’égalité républicaine.
Un nouveau Conseil des Habitants annoncé
La Fête de la République a également été l’occasion d’évoquer l’avenir de la démocratie participative à Chenôve. Thierry Falconnet a annoncé la création d’un Conseil des Habitants de Chenôve, qui réunira 36 habitants issus de l’ensemble des quartiers pour un mandat de trois ans, jusqu’en 2029.
Ces habitants pourront proposer leurs propres projets, participer aux réflexions concernant les transformations de la ville et disposer d’un budget d’investissement permettant de concrétiser certaines idées. Cette nouvelle instance doit prendre le relais des différentes formes de participation citoyenne développées ces dernières années dans la commune.
Une journée placée sous le signe du collectif
Sportifs engagés dans le Mix Trail et la randonnée, bénévoles récompensés, associations présentes sur leurs stands, habitants participant aux projets de leur quartier ou encore enfants engagés dans le Conseil des Enfants : pour Thierry Falconnet, toutes ces initiatives participent d’une même conception de la ville, qu’il souhaite « aimante, solidaire, fraternelle et profondément républicaine ».
En conclusion de son discours, le maire a remercié les bénévoles, les associations, les agents municipaux, les partenaires ainsi que toutes les personnes ayant participé à l’organisation de cette journée.
Pour Thierry Falconnet, la République ne doit donc pas seulement être considérée comme un héritage transmis par les générations précédentes. Elle constitue une exigence qu’il faut continuer à faire vivre par l’éducation, le service public, l’accès à la culture et au sport, la solidarité et l’engagement citoyen.
Pierre Pribetich : « la jeunesse de Chenôve est déjà son présent »
Présent pour cette Fête de la République, Pierre Pribetich, député de la 3ᵉ circonscription de la Côte-d’Or, a lui aussi pris la parole devant les habitants. Il a salué les élus, les représentants du Conseil citoyen, du Mouvement de la paix, du MRAP, mais aussi tout particulièrement les jeunes de Chenôve.
Dans son intervention, le député a insisté sur ce que cette journée représentait à ses yeux : un moment où se croisent la mémoire, la paix, l’exil, la jeunesse et la laïcité. Des valeurs qui, selon lui, ne restent pas théoriques à Chenôve mais s’incarnent concrètement dans les quartiers, les associations, les écoles et la vie quotidienne des habitants.
Pierre Pribetich a également mis l’accent sur le travail de mémoire. Il a rappelé que Chenôve n’oubliait ni son histoire ni celles et ceux qui l’ont construite, évoquant également les combats pour la paix, contre le racisme et contre les discriminations. Pour le député, la mémoire ne doit pas enfermer dans le passé : elle doit au contraire aider à construire l’avenir.
Dans un contexte international marqué par les conflits et les tensions, il a également salué le travail du Mouvement de la paix de Côte-d’Or, rappelant que la paix ne pouvait jamais être considérée comme définitivement acquise mais qu’elle devait être construite, défendue et transmise.
Mémoire, exil et diversité
Le député est également revenu sur l’exposition « Espoir d’exil » de Pascal Zarotti, présentée avec le MRAP. Une initiative faisant particulièrement écho, selon lui, à l’histoire de Chenôve, ville façonnée par des parcours, des générations et des familles venues d’ici et d’ailleurs.
Derrière la question de l’exil, Pierre Pribetich a souhaité rappeler qu’il y avait avant tout des visages, des familles et des histoires individuelles.
La place accordée aux jeunes au cours de cette journée a également été particulièrement saluée par le député. Celui-ci a rappelé que l’on parle souvent de la jeunesse à sa place, alors qu’à l’occasion de cette fête, les jeunes pouvaient eux-mêmes raconter leur ville, leur quotidien, leurs souvenirs et leurs espoirs.
« La jeunesse de Chenôve n’est pas seulement l’avenir de cette ville. Elle est déjà son présent. »
La laïcité comme outil du vivre-ensemble
Autre thème fort de son intervention : la laïcité. Pierre Pribetich a défendu une conception de la laïcité qui ne sépare pas les habitants mais leur permet, au contraire, de vivre ensemble malgré leurs différences.
Selon lui, la laïcité n’exige pas que les citoyens soient identiques. Elle doit permettre le respect de chacun et de ce qui relève de la sphère privée, tout en construisant quotidiennement un cadre commun.
Le député a également voulu défendre l’image de Chenôve face aux représentations parfois négatives de la commune. Il a estimé que la ville méritait d’être regardée dans toute sa réalité, et pas uniquement à travers les difficultés ou les caricatures qui peuvent lui être associées.
Il a ainsi mis en avant les habitants engagés, les associations qui créent du lien social, les enseignants qui transmettent et les jeunes qui inventent. Autant d’acteurs qui représentent, à ses yeux, une « République concrète ».