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Conseil municipal de Dijon : l’arrivée de Julien Hubert provoque une vive passe d’armes entre Emmanuel Bichot et Nathalie Koenders

Par Fabien Bauduin 21 septembre 2026

Le conseil municipal de Dijon accueille un nouveau visage ce lundi 21 septembre 2026. À la suite de la démission de Michel Felkay, Julien Hubert fait son entrée au sein de l’assemblée municipale. Celui qui figurait en 48e position sur la liste conduite par Nathalie Koenders lors des dernières élections municipales a été immédiatement plongé dans l’ambiance : son installation a donné lieu à un échange particulièrement tendu entre Emmanuel Bichot et la maire de Dijon.

L’installation d’un nouveau conseiller municipal aurait pu n’être qu’une formalité en ouverture de séance. Elle s’est finalement transformée en un échange politique nourri autour du départ de Michel Felkay, quelques mois seulement après son élection.

À la suite de sa démission, Julien Hubert lui succède au conseil municipal. Avant de souhaiter la bienvenue au nouvel élu, Emmanuel Bichot a choisi de revenir sur le parcours de Michel Felkay, qui avait notamment reçu une délégation consacrée aux questions de sécurité.

L’élu d’opposition a ainsi interpellé directement Nathalie Koenders sur les circonstances de cette démission : « Mme le maire, chers collègues, nous prenons acte, bien sûr, de la démission de M. Michel Felkay et de l’installation de M. Julien Hubert, auquel nous souhaitons la bienvenue au sein de notre conseil municipal. Il n’est évidemment pas en cause dans les circonstances qui conduisent aujourd’hui à son entrée dans cette assemblée.

Monsieur Michel Felkay avait été présenté comme l’une des pièces maîtresses de votre nouvelle équipe municipale, la recrue de choix appelée à prendre en charge les questions de sécurité et de tranquillité publique à Dijon. Vous l’aviez d’ailleurs nommé conseiller municipal délégué à la sécurité. Le voici pourtant démissionnaire après seulement quatre mois de mandat. »

Emmanuel Bichot poursuit : « Nous n’aurons donc guère eu le temps d’apprécier à Dijon sa conception de la sécurité. Son action passée à Paris mérite néanmoins d’être rappelée. La police municipale qu’il dirigeait avait infligé une amende exceptionnelle de 210 000 euros à l’association Transparence citoyenne pour la pose de 140 affiches révélant les frais de représentation de Mme Hidalgo.

Or, cette association nous est bien connue à Dijon. Quelques semaines auparavant, elle avait également rendu publiques les notes de frais de votre prédécesseur, M. François Rebsamen, pour un montant de plus de 121 000 euros entre 2020 et 2024. Nous nous garderons naturellement d’établir un lien entre ces différents faits.

Mais convenez que le recrutement à Dijon de l’ancien responsable de la police municipale ayant engagé une sanction aussi considérable contre cette association pouvait légitimement susciter quelques interrogations.

Nous prenons également acte du motif officiellement avancé pour sa démission : sa nomination à la tête de la police et de la sécurité civile municipale de Saint-Étienne, où il a pris ses fonctions le 1er septembre. Mais cette nomination avait été officiellement annoncée dès le 23 juillet. »

L’élu enchaîne alors les questions : « À quelle date en aviez-vous été informée ? Lorsque vous aviez confié à M. Michel Felkay la délégation à la sécurité, savait-il déjà que son engagement en Dijonnais risquait d’être aussi éphémère ? Et vous-même, le saviez-vous ? »

Pour Emmanuel Bichot, deux scénarios peuvent expliquer ce départ rapide : « Deux hypothèses se présentent. Soit ce départ était déjà envisagé, et vous avez présenté aux Dijonnais comme une recrue majeure une personnalité qui ne comptait manifestement pas s’inscrire durablement dans son mandat, en 14e position sur votre liste ; soit vous l’ignoriez, et cela interroge la cohésion et la solidité de l’équipe que vous aviez constituée.

Enfin, comment votre majorité compte-t-elle désormais se passer d’une personnalité dont elle avait tant vanté l’expérience et les compétences, au point d’en faire l’un des principaux visages de la politique de sécurité ?

Cette démission éclair ne pose donc pas simplement la question du remplacement de Michel Felkay. Elle interroge aussi la crédibilité de votre recrutement et, plus largement, celle de vos engagements en matière de sécurité.

Nous souhaitons en tout état de cause la bienvenue à M. Julien Hubert et espérons qu’il pourra, pour sa part, inscrire son engagement municipal dans la durée. »

Nathalie Koenders : « Vous restez vraiment dans le passé, dans le complotisme, dans la diffamation »

La réponse de Nathalie Koenders ne s’est pas fait attendre. La maire de Dijon a rejeté les interrogations formulées par Emmanuel Bichot et assuré qu’elle n’avait pas connaissance du futur départ de Michel Felkay pour Saint-Étienne lorsqu’il avait rejoint son équipe municipale.

Elle a également renvoyé l’élu d’opposition à la composition de sa propre liste lors des élections municipales.

« Alors, vous restez vraiment dans le passé, dans le complotisme, dans la diffamation, donc je vais vous laisser… Voilà… Et puis, sur les recrutements de la liste, donc non, je ne le savais pas, qu’il allait prendre un poste à Saint-Étienne », dira Nathalie Koenders.

La maire poursuit : « Maintenant, sur le recrutement de la liste et sur les personnes qui étaient sur ma liste, moi, je vous encourage à balayer devant votre porte. Parce qu’entre une de vos colistières qui a eu des propos diffamatoires, vulgaires et insultants, d’ailleurs, qui a fait des excuses publiques, et puis un autre qui m’insulte presque sur les réseaux sociaux et qui m’envoie des lettres, qui habite près du port du Canal, sans divulguer son nom, vous feriez mieux, vraiment, de balayer devant votre porte par rapport aux personnes que vous avez aussi choisies sur votre liste.

Donc acte, je souhaite la bienvenue à M. Julien Hubert, et puis bonne chance à M. Michel Felkay, qui continue d’habiter sur Dijon et donc qui pourra aussi continuer à nous éclairer. On n’est pas obligés d’être élus pour donner des conseils en matière de tranquillité et de sécurité publique.

Puisque nous avons installé M. Hubert, eh bien, je vous propose de passer à l’appel. »

Un départ après seulement quelques mois de mandat

Au cœur de cet échange se trouve donc le départ rapide de Michel Felkay de l’assemblée municipale. Présenté pendant la campagne comme l’un des profils expérimentés de l’équipe de Nathalie Koenders sur les questions de sécurité et de tranquillité publique, il avait été placé en 14e position sur la liste de la majorité avant d’obtenir, après l’élection, une délégation à la sécurité.

Quelques mois plus tard, il quitte son mandat dijonnais après avoir pris, le 1er septembre, ses fonctions à la tête de la police et de la sécurité civile municipale de Saint-Étienne.

C’est notamment le calendrier de cette nomination qu’Emmanuel Bichot a souhaité mettre en avant, en demandant à la maire de Dijon à quel moment elle avait été informée du projet professionnel de son ancien conseiller municipal.

Sur ce point, Nathalie Koenders affirme ne pas avoir su que Michel Felkay allait prendre un poste à Saint-Étienne.

L’échange a ensuite dépassé le seul cas de l’ancien conseiller municipal. La maire de Dijon a reproché à Emmanuel Bichot de verser dans « le complotisme » et « la diffamation », avant de l’inviter à « balayer devant [sa] porte » concernant certaines personnalités présentes sur sa propre liste électorale.

Julien Hubert plongé d’entrée dans le débat municipal

Au milieu de cette passe d’armes, Julien Hubert aura finalement connu une première installation particulièrement animée. Le nouveau conseiller municipal, 48e de la liste conduite par Nathalie Koenders lors des dernières élections municipales, rejoint désormais officiellement les rangs de l’assemblée dijonnaise.

Malgré leur confrontation, Emmanuel Bichot comme Nathalie Koenders ont tenu à lui souhaiter la bienvenue. Pour sa première séance, Julien Hubert aura ainsi immédiatement découvert l’intensité des échanges qui peuvent animer le conseil municipal de Dijon.