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CSL Chenôve : l’ancien président Sébastien Boino sort du silence et demande que « l’histoire du club soit regardée dans son ensemble »

Par Fabien Bauduin 25 septembre 2026

Plusieurs semaines après une crise qui a profondément secoué le CSL Chenôve et après avoir quitté la présidence du club, Sébastien Boino reprend la parole. Dans un long communiqué présenté comme sa « dernière mise au point », l’ancien dirigeant reconnaît de « graves erreurs », notamment financières, mais refuse que celles-ci résument à elles seules les années passées à la tête de l’association. Il entend aussi répondre au récit d’une « reconstruction » du club qui, selon lui, ne doit pas conduire à effacer tout ce qui existait auparavant.

Le dossier du CSL Chenôve avait fortement agité la fin de l’été. Le 20 août 2026, la Ville de Chenôve avait suspendu, à titre conservatoire, la mise à disposition de ses installations sportives municipales au club. Une décision intervenue alors que les instances du football faisaient état d’importantes difficultés financières.

Comme Dijon Actualités l’avait révélé dans la chronologie complète du dossier, plusieurs règlements du club avaient été rejetés au cours de la saison 2025-2026. Au 17 août, le District de Côte-d’Or établissait à 6 100 euros la dette restant due par le CSL Chenôve et décidait de ne pas engager ses équipes jeunes et seniors dans ses compétitions tant que la situation ne serait pas régularisée.

Quelques jours plus tard, le dossier avait également pris une dimension politique, avant de connaître un nouveau tournant début septembre avec la démission de Sébastien Boino de la présidence du club. À cette date, contacté par Dijon Actualités, celui-ci avait préféré ne pas s’exprimer immédiatement, indiquant vouloir prendre du recul avant de répondre aux sollicitations.

Il choisit aujourd’hui de rompre ce silence.

« Je souhaite prendre la parole une dernière fois »

Dans un communiqué transmis à notre rédaction, l’ancien président présente son intervention comme une ultime mise au point. « Après plusieurs déclarations qui donnent une certaine vision de l’histoire récente du CSLC, je souhaite prendre la parole une dernière fois », écrit-il.

Sébastien Boino assure ne vouloir ni « alimenter une polémique » ni « régler des comptes ». Son objectif, affirme-t-il, est de rappeler que l’histoire du club ne commence pas avec les changements intervenus ces dernières semaines.

Selon lui, le CSL Chenôve disposait déjà, avant la crise actuelle, de ses catégories de jeunes, de ses éducateurs, de ses équipes, de ses bénévoles et d’une véritable vie associative.

L’ancien président insiste particulièrement sur cet aspect. Il rappelle les entraînements et les compétitions, mais également les tournois, fêtes du club et manifestations organisées autour des jeunes licenciés et de leurs familles.

Il affirme y avoir lui-même participé directement, évoquant l’installation des événements, leur préparation, l’accueil des participants, les goûters ou encore les repas organisés avec parents et enfants. « Tout cela faisait partie de la vie du club », résume-t-il.

Sébastien Boino reconnaît « de graves erreurs »

Cette prise de parole ne constitue toutefois pas, de la part de l’ancien président, une négation des difficultés qui ont conduit le CSL Chenôve dans la situation connue cet été.

Au contraire, Sébastien Boino reconnaît explicitement une part de responsabilité.

« J’assume pleinement les graves erreurs que j’ai pu commettre, notamment sur le plan financier, ainsi que les autres faits qui relèvent de ma responsabilité », déclare-t-il.

Une phrase importante au regard des éléments déjà rendus publics dans ce dossier.

Le procès-verbal du District de Côte-d’Or consulté par Dijon Actualités faisait état de plusieurs incidents de paiement au cours de l’année 2026. Un premier chèque de 1 876,79 euros avait notamment été rejeté en février. D’autres incidents avaient suivi, tandis que plusieurs délais avaient été accordés au club. En juillet, le District avait proposé un échéancier portant alors sur une dette globale de 6 700 euros. Au 17 août, après un versement de 600 euros, le montant encore dû au District était établi à 6 100 euros.

Ces difficultés avaient finalement conduit le District à prononcer le non-engagement des équipes jeunes et seniors jusqu’à régularisation complète de la situation financière. La Ville de Chenôve avait parallèlement suspendu l’accès du club aux équipements municipaux, expliquant notamment vouloir protéger les licenciés et leurs familles dans un contexte où la participation aux compétitions n’était plus garantie.

Sébastien Boino ne conteste pas aujourd’hui l’existence de ces difficultés.

« Je ne cherche ni à les cacher ni à les minimiser », affirme-t-il.

« Une erreur, même grave, n’efface pas plusieurs années de travail »

C’est toutefois sur l’interprétation de cette période que l’ancien président souhaite désormais porter le débat.

Pour lui, les difficultés financières et les erreurs qu’il reconnaît ne doivent pas conduire à résumer plusieurs années de fonctionnement du CSL Chenôve à la seule crise qui a marqué son départ.

« Une erreur, même grave, n’efface pas plusieurs années de travail », écrit-il.

Il conteste ainsi implicitement l’idée selon laquelle le club devrait être considéré comme partant de zéro.

Dans son communiqué, Sébastien Boino revient à plusieurs reprises sur le terme de « reconstruction », employé selon lui dans différentes prises de parole récentes.

L’ancien président ne remet pas en cause la nécessité de faire évoluer le club, ni le droit pour une nouvelle équipe dirigeante de modifier son fonctionnement. Il estime en revanche que parler d’un nouveau départ ne devrait pas conduire à présenter tout ce qui précédait comme inexistant.

« Lorsque l’on parle aujourd’hui de “reconstruction”, il faut simplement se souvenir de ce qui existait avant », écrit-il.

Il énumère alors les catégories de jeunes, les éducateurs, les équipes engagées dans les compétitions, les tournois, les fêtes, les familles et les bénévoles qui participaient déjà au fonctionnement quotidien de l’association.

« Le club avait donc déjà une structure et une histoire », insiste-t-il.

Pas question pour lui de revendiquer seul le travail accompli

Sébastien Boino prend également soin de préciser qu’il ne s’attribue pas personnellement tout ce qui a été réalisé pendant sa présidence.

Il rappelle qu’un club sportif ne fonctionne jamais grâce à une seule personne et cite les éducateurs, dirigeants, bénévoles, joueurs, parents et partenaires ayant participé à la vie de l’association.

« Je ne revendique pas d’avoir tout fait seul », précise-t-il.

Une manière, là encore, de déplacer le débat. Au-delà de son propre bilan, l’ancien président estime que le travail de l’ensemble de ceux qui ont fait vivre le CSL Chenôve pendant plusieurs années ne doit pas disparaître du récit de la crise actuelle.

« Je demande simplement qu’on ne réduise pas toute une période de l’histoire du CSLC à ses difficultés ou à mes propres erreurs », écrit-il.

« On peut écrire une nouvelle page sans déchirer les anciennes »

L’ancien dirigeant adresse par ailleurs un message à celles et ceux qui ont désormais la charge de faire vivre le club. Il dit leur souhaiter de réussir, notamment auprès des jeunes, mais leur demande de ne pas construire l’avenir en opposition systématique avec le passé.

« Cette nouvelle étape peut parfaitement s’écrire sans nier les précédentes », affirme-t-il, avant de résumer sa position dans une formule : « On peut écrire une nouvelle page sans déchirer les anciennes. »

Le message se veut donc double.

D’un côté, Sébastien Boino reconnaît explicitement les erreurs qui relèvent de sa responsabilité et ne cherche pas à remettre en cause les difficultés financières documentées au cours des derniers mois.

De l’autre, il refuse que la crise de 2026 devienne, à elle seule, le résumé de son passage à la tête du club et de l’ensemble de la période précédente.

Un autre volet du dossier reste entre les mains de la justice

Au-delà de la question financière, le dossier du CSL Chenôve comporte également un autre volet. À la fin du mois d’août, Dijon Actualités avait confirmé le dépôt d’une plainte par le président de l’Office municipal des sports, après l’apparition de doutes concernant l’authenticité de certains documents ou messages qui auraient été transmis au nom de l’OMS.

Sur ce point, la prudence demeure indispensable. Un dépôt de plainte ne permet pas de préjuger d’éventuelles responsabilités et il appartient aux enquêteurs puis, le cas échéant, à la justice de déterminer la réalité et la qualification des faits.

Dans son communiqué, Sébastien Boino indique assumer « les autres faits qui relèvent de [sa] responsabilité », sans détailler davantage cet aspect du dossier.

Il serait donc prématuré d’en tirer une quelconque conclusion supplémentaire.

« Pour moi, le débat s’arrête ici »

Sébastien Boino assure enfin qu’il s’agit de sa dernière intervention publique concernant cette affaire. « Je ne répondrai plus aux déclarations, aux interprétations ou aux polémiques », annonce-t-il.

L’ancien président dit avoir souhaité à la fois « rétablir les faits », reconnaître ses responsabilités et rappeler le travail qui, selon lui, avait été réalisé avant la crise.

« Je connais mes erreurs. Je les assume. Mais je connais aussi le travail qui a été accompli », écrit-il.

Il termine son message en souhaitant « le meilleur aux enfants, aux joueurs, aux éducateurs, aux bénévoles et aux familles ».

Puis une dernière phrase, comme une volonté de tourner personnellement la page d’une séquence particulièrement mouvementée : « Pour moi, le débat s’arrête ici. Le club, lui, doit continuer à avancer. »

Avec cette prise de parole, Sébastien Boino ne cherche donc pas à nier la crise traversée par le CSL Chenôve. Il tente plutôt de défendre le bilan des années précédentes et de demander que les responsabilités aujourd’hui reconnues ne conduisent pas à effacer l’ensemble de l’histoire récente du club.

Reste désormais au CSL Chenôve à poursuivre une période de réorganisation sportive et associative après un été qui aura profondément bouleversé son fonctionnement. Pour les licenciés, les éducateurs, les bénévoles et les familles, l’enjeu essentiel demeure le même : permettre au football de continuer à vivre durablement à Chenôve.


Déclaration de Sébastien Boino, ancien président du CSL Chenôve — 25 septembre 2026 :

DERNIÈRE MISE AU POINT — CSLC

Après plusieurs déclarations qui donnent une certaine vision de l’histoire récente du CSLC, je souhaite prendre la parole une dernière fois.

Pas pour alimenter une polémique.

Pas pour régler des comptes.

Mais simplement pour rappeler des faits.

Une association sportive ne se construit pas en quelques mois, et son histoire ne commence pas au moment où de nouvelles personnes prennent des responsabilités.

Le CSLC existait. Il fonctionnait. Il avait ses jeunes, ses éducateurs, ses équipes, ses familles, ses bénévoles et sa vie associative.

Pendant les années où j’y étais impliqué, de nombreuses actions ont été menées : entraînements, compétitions, tournois, fêtes du club et manifestations pour les enfants et les familles.

Lors de ces événements, je participais concrètement à l’organisation : installation, préparation, accueil, goûters, sandwichs, rangement et présence auprès des licenciés.

Des repas réunissant parents et enfants étaient également organisés afin de favoriser les échanges et la cohésion entre les familles, les joueurs, les éducateurs et les bénévoles.

Ce sont des faits simples et vérifiables.

Tout cela faisait partie de la vie du club.

Je veux également être parfaitement clair sur ma propre situation.

J’assume pleinement les graves erreurs que j’ai pu commettre, notamment sur le plan financier, ainsi que les autres faits qui relèvent de ma responsabilité.

Je ne cherche ni à les cacher ni à les minimiser.

Mais il faut également regarder l’ensemble de l’histoire.

Une erreur, même grave, n’efface pas plusieurs années de travail.

C’est précisément là que je souhaite remettre les choses à leur place.

Lorsque l’on parle aujourd’hui de « reconstruction », il faut simplement se souvenir de ce qui existait avant.

Des catégories de jeunes étaient présentes.

Des éducateurs encadraient les joueurs.

Des équipes participaient aux compétitions.

Des tournois et des fêtes étaient organisés.

Des familles participaient à la vie du club.

Des moments de convivialité réunissaient parents et enfants.

Le club avait donc déjà une structure et une histoire.

Cela ne signifie pas que tout était parfait. Cela ne signifie pas qu’il n’y avait rien à améliorer.

Une association évolue en permanence.

De nouvelles personnes peuvent arriver.

De nouvelles idées peuvent être mises en place.

De nouvelles orientations peuvent être choisies.

C’est parfaitement normal.

Mais faire évoluer un club n’oblige pas à effacer ce qui existait auparavant.

Je ne revendique pas d’avoir tout fait seul. Le fonctionnement d’un club repose toujours sur plusieurs personnes : éducateurs, dirigeants, bénévoles, joueurs, parents et partenaires.

Je demande simplement que chacun puisse reconnaître ce qui a réellement existé et le travail qui a été accompli au fil des années.

Les faits doivent rester les faits.

Je ne demande ni médaille, ni reconnaissance particulière.

Je demande simplement qu’on ne réduise pas toute une période de l’histoire du CSLC à ses difficultés ou à mes propres erreurs.

J’assume ce qui relève de ma responsabilité.

Mais je refuse que cela serve à effacer tout le reste.

À ceux qui ont aujourd’hui la responsabilité du club, je souhaite sincèrement de réussir à faire grandir les jeunes et à faire vivre le CSLC.

Mais cette nouvelle étape peut parfaitement s’écrire sans nier les précédentes.

On peut écrire une nouvelle page sans déchirer les anciennes.

Pour ma part, ce sera mon dernier communiqué sur ce sujet.

Je ne répondrai plus aux déclarations, aux interprétations ou aux polémiques.

J’ai souhaité rétablir les faits, reconnaître clairement ce qui relève de ma responsabilité et rappeler également ce qui a été réalisé pendant les années précédentes.

Chacun pourra désormais se faire son propre avis.

Je connais mes erreurs. Je les assume.

Mais je connais aussi le travail qui a été accompli.

Et je souhaite que l’histoire du CSLC soit regardée dans son ensemble, avec ses réussites, ses difficultés, ses évolutions et ses responsabilités.

Je souhaite le meilleur aux enfants, aux joueurs, aux éducateurs, aux bénévoles et aux familles.

Pour moi, le débat s’arrête ici.

Le club, lui, doit continuer à avancer.

Mr Boino Sébastien 

Ancien président du Csl Chenove