Lors du conseil métropolitain, Antoine Hoareau a tenu à alerter les élus sur la situation de la ressource en eau, qui demeure particulièrement fragile malgré la fin de l’été. Vice-président de Dijon Métropole, notamment chargé de l’eau et de l’assainissement, il est également président d’Odivea, la société chargée de la gestion de l’eau potable et de l’assainissement sur une partie du territoire métropolitain.
« Je voudrais vraiment parler de la situation que nous traversons actuellement parce qu’elle est inédite et elle est difficile », a-t-il déclaré devant le conseil métropolitain, appelant à « la responsabilité de toutes et tous ». Pour Antoine Hoareau, il est essentiel que les élus continuent à relayer le message auprès de la population : « La sécheresse n’est pas finie. »
La baisse des températures observée avec la rentrée ne signifie en effet pas que la situation est revenue à la normale. « Ça a beau être la rentrée, les températures ont beau rebaisser, il ne pleut pas. Il ne pleut pas et nous allons manquer d’eau », a insisté le vice-président de Dijon Métropole. Il appelle donc les habitants à conserver « un usage extrêmement sobre de l’eau ».
Antoine Hoareau a notamment pointé certains comportements qui peuvent reprendre à l’approche de l’automne, comme le nettoyage des terrasses au nettoyeur haute pression, le lavage des voitures à domicile ou encore l’utilisation d’eau pour nettoyer les façades et le matériel extérieur.
« Il faut vraiment faire cette prévention auprès des habitants en leur disant que déjà c’est illégal puisque nous sommes en situation de crise et donc que c’est interdit par la loi. Mais surtout que c’est irresponsable parce que nous manquons d’eau », a-t-il déclaré.
Le responsable métropolitain a également détaillé les difficultés rencontrées pour assurer l’approvisionnement. « Aujourd’hui, 70 % de notre eau vient de la nappe alluviale de la Saône et de l’eau de la Saône directe puisque nous avons une prise directe dans la Saône », a-t-il expliqué.
D’autres ressources habituellement utilisées ne peuvent en revanche plus être sollicitées dans les mêmes conditions. « Nous ne pouvons plus prendre d’eau ni dans le Suzon ni dans Morcueil parce que les débits sont trop bas », a indiqué Antoine Hoareau. Les appellations de ces ressources sont bien celles utilisées officiellement par Dijon Métropole : les sources du Suzon et de Morcueil font historiquement partie des principales ressources utilisées pour l’alimentation en eau du territoire dijonnais.
Une petite partie de l’approvisionnement provient également des champs captants des Gorgets. « Nous avons un petit peu d’eau qui vient du champ captant des Gorgets et qui malheureusement parfois nous apporte des phénomènes de coloration d’eau comme nous en avons connu il y a une quinzaine de jours », a poursuivi Antoine Hoareau. Les champs captants des Gorgets figurent bien parmi les ressources en eau situées sur le territoire de la métropole.
Des restrictions toujours en vigueur en Côte-d’Or
L’alerte lancée par Antoine Hoareau intervient alors que la situation reste préoccupante à l’échelle départementale. Dans son dernier point publié le 22 septembre 2026, la préfecture de Côte-d’Or indique que les pluies observées au cours des dernières semaines ont seulement apporté « un répit ponctuel » et restent insuffisantes pour permettre une amélioration durable. Les sols et les milieux aquatiques demeurent fragilisés et les niveaux de certains cours d’eau restent particulièrement bas.
Les restrictions liées à la sécheresse restent donc d’actualité dans les secteurs concernés. Elles touchent plusieurs usages non prioritaires de l’eau, notamment le remplissage de piscines, le lavage des véhicules ou certains usages professionnels et collectifs. La préfecture publiait encore le 21 septembre des décisions concernant des demandes de dérogation à ces interdictions, notamment pour des piscines, des stations de lavage et un site industriel à Dijon.
La préfecture appelle d’ailleurs toujours les habitants, les collectivités et les professionnels à poursuivre leurs efforts d’économie d’eau. Après un été marqué par plusieurs vagues de chaleur et un important déficit de précipitations, elle souligne que « la ressource en eau reste fragile » et que les usages doivent continuer à être maîtrisés.
Dans ce contexte, Antoine Hoareau a conclu son intervention en demandant une nouvelle fois aux élus de faire passer le message auprès de la population. « Faites passer le message auprès de nos concitoyennes, de nos concitoyens que l’automne n’est pas encore là, l’été et la sécheresse sont encore là et qu’il faut être vraiment très très vigilant dans nos usages de l’eau au quotidien. »