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Dijon et son agglomération

Logement, tramway, santé, eau, université : les décisions à retenir du conseil de Dijon métropole

Par Bernard .D 25 septembre 2026

Réunis jeudi 24 septembre sous la présidence de François Rebsamen, les élus de Dijon métropole ont adopté une série de décisions concernant aussi bien le logement et les solidarités que les transports, la santé, l’enseignement supérieur, l’économie ou encore les grands services publics. Plusieurs projets doivent préparer le territoire aux prochaines années, tandis que d’autres mesures auront des effets plus immédiats sur le quotidien des habitants des 23 communes.

D’une future ligne de tramway à la formation de nouveaux chirurgiens-dentistes, en passant par les logements vacants, la santé mentale, l’eau potable ou les grands équipements sportifs, le conseil métropolitain du jeudi 24 septembre a balayé un large éventail des compétences de Dijon métropole. Derrière des dossiers parfois très techniques se dessine une même ligne : investir dans les infrastructures tout en maintenant des politiques de proximité à destination des habitants.

L’arrêt Erasme va devenir « Erasme – François Patriat »

Premier geste symbolique de la séance : l’actuel arrêt de tramway Erasme sera rebaptisé « Erasme – François Patriat ».

Les élus ont souhaité rendre hommage à l’ancien maire, député, ministre, président du conseil régional de Bourgogne puis sénateur de la Côte-d’Or. François Patriat a consacré plus d’un demi-siècle à la vie publique et accompagné de nombreux projets ayant participé à la transformation de Dijon et de son agglomération.

Son rôle est notamment souligné dans la réalisation des premières lignes de tramway T1 et T2 et dans le développement universitaire. Il a également soutenu plusieurs investissements dans les domaines de la culture, de la recherche, de la santé et de l’économie.

Le choix de l’arrêt Erasme n’est donc pas anodin : situé au cœur du campus universitaire et sur le réseau de tramway, il associera son nom à deux domaines auxquels l’ancien responsable politique était particulièrement attaché.

La Piscine Olympique prendra le nom de Gérard Dupire

Autre hommage adopté par les élus : l’équipement prendra officiellement le nom de « Piscine Olympique Dijon métropole Gérard Dupire ».

Ancien adjoint aux sports de la Ville de Dijon et vice-président de l’intercommunalité, Gérard Dupire s’était particulièrement investi dans le sport, la jeunesse et la vie associative. Il avait notamment participé à la création de l’Office municipal du sport, au développement des équipements sportifs et à la réalisation de la Piscine Olympique elle-même. Communiqué de presse_Dijon métr…

L’équipement demeure aujourd’hui l’un des grands pôles sportifs de la métropole. En 2025, 322 391 passages y ont été enregistrés, soit une hausse de 3,1 %. En additionnant la fréquentation de la piscine du Carrousel, les deux équipements métropolitains ont accueilli près de 680 000 passages sur une année.

Une aide aux communes touchées par les incendies

Après un été 2026 marqué par de violents incendies dans plusieurs territoires français, Dijon métropole a décidé de participer au fonds de soutien mis en place par l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité.

Cette contribution doit venir en aide aux communes frappées par les feux de forêt, certaines ayant dû faire face à des dégâts dépassant largement leurs capacités financières et matérielles. La métropole inscrit cette décision dans un principe de solidarité entre territoires confrontés à des événements exceptionnels.

Une taxe sur les logements vacants dès 2027

Le logement constitue l’un des dossiers importants examinés lors de la séance. Dijon métropole entend agir non seulement par la construction et la rénovation, mais aussi en mobilisant davantage le parc immobilier déjà existant.

Les élus ont ainsi adopté la mise en place, à partir du 1er janvier 2027, de la taxe sur la vacance des locaux d’habitation. Le dispositif vise les logements durablement inoccupés et doit encourager leur remise sur le marché.

La mesure intervient dans un contexte où les difficultés d’accès au logement poussent les collectivités à rechercher des solutions au-delà de la seule construction neuve. Pour Dijon métropole, la remise en circulation d’une partie du parc vacant constitue donc un levier supplémentaire.

La lutte contre l’habitat indigne se poursuit

La métropole va également poursuivre son action contre les logements dégradés ou présentant des risques pour leurs occupants.

Pour les années 2027 et 2028, le partenariat engagé avec l’État, le Conseil départemental de la Côte-d’Or, la CAF et la Mutualité sociale agricole de Bourgogne sera maintenu. L’objectif est de mieux identifier les logements dans lesquels les conditions de vie peuvent porter atteinte à la santé ou à la sécurité des habitants, puis de permettre leur traitement.

L’action sur le logement repose ainsi sur plusieurs dimensions : produire de nouvelles habitations, améliorer celles qui existent, remettre des logements vacants sur le marché et intervenir lorsque l’état du bâti devient problématique.

Le Fonds de solidarité pour le logement évolue

La politique de l’habitat passe également par l’accompagnement des ménages les plus fragiles. Le Fonds de solidarité pour le logement (FSL) intervient auprès des habitants des 23 communes qui éprouvent des difficultés à accéder à un logement ou à s’y maintenir.

Son règlement intérieur va évoluer afin d’adapter davantage les aides aux situations rencontrées. Le dispositif peut notamment jouer un rôle lorsqu’un ménage ne parvient plus à assumer son loyer ou certaines dépenses liées au logement.

Près de 800 jeunes accompagnés par la prévention spécialisée

Dijon métropole a également renouvelé son soutien à Médiation Prévention Dijon Métropole (MPDM). L’activité du dispositif a considérablement progressé ces dernières années. Le nombre de jeunes accompagnés est passé de 238 en 2022 à 792 en 2025, soit plus d’un triplement en trois ans.

Ce maintien intervient toutefois dans un contexte financier plus délicat. Une aide exceptionnelle de l’État de 350 000 euros, accordée en 2025, ne sera pas reconduite en 2026. Dijon métropole a malgré cela décidé de préserver l’action menée sur le terrain.

La santé mentale davantage coordonnée à l’échelle métropolitaine

Autre volet des politiques de solidarité : la santé mentale. Dijon métropole rejoint le Conseil local en santé mentale Franco Basaglia.

Cette adhésion doit favoriser une meilleure coordination entre les collectivités locales, les établissements de santé, les professionnels du social et du médico-social, les associations et les usagers.

La démarche s’inscrit dans la continuité du Contrat local de santé 2024-2028. L’objectif est notamment de renforcer la prévention, d’aller davantage au-devant des personnes en difficulté et de faciliter les liens entre des acteurs qui interviennent parfois séparément auprès des mêmes publics.

Un million d’euros pour former davantage de dentistes à Dijon

L’accès aux soins était également au cœur des débats. Dijon métropole va investir 1 million d’euros dans la construction du futur bâtiment Santé B4 de l’Université Bourgogne Europe. Celui-ci doit notamment permettre de pérenniser à Dijon la formation en odontologie ouverte en 2022.

L’enjeu dépasse le seul cadre universitaire. Pendant longtemps, la Bourgogne-Franche-Comté a fait partie des rares régions françaises ne disposant pas de formation universitaire en odontologie. Conséquence : les étudiants partaient se former dans d’autres régions et très peu revenaient ensuite exercer sur le territoire.

Selon les éléments présentés aux élus, moins de 10 % des étudiants partis ailleurs revenaient ensuite travailler en Bourgogne-Franche-Comté.

La situation évolue désormais. Dijon accueille 30 nouveaux étudiants chaque année, pour un effectif total dépassant les 150 étudiants.

Le futur bâtiment développera environ 1 700 m² et comprendra notamment des salles de travaux pratiques dotées de simulateurs dentaires. Derrière l’investissement immobilier se trouve ainsi une stratégie à plus long terme : former localement les professionnels de santé dont le territoire aura besoin dans les prochaines années.

4,1 millions d’euros pour le campus urbain Maret

L’enseignement supérieur constitue également un axe d’investissement. Dijon métropole poursuit sa participation au projet de campus urbain Maret, appelé notamment à accueillir Sciences Po Dijon et l’École supérieure de musique.

L’engagement financier de la collectivité reste fixé à 4,1 millions d’euros. La livraison du projet est prévue pour le début de l’année 2028.

L’objectif est à la fois universitaire et urbain : renforcer les établissements de formation présents sur le territoire tout en confortant l’attractivité de Dijon auprès des étudiants.

Des investissements économiques répartis sur plusieurs communes

Le conseil s’est également penché sur plusieurs opérations de développement économique.

Avec le Dijon Bourgogne Business Building (D3B), la métropole dispose notamment d’un outil destiné à accompagner les projets immobiliers des entreprises souhaitant se développer ou s’implanter sur le territoire.

Plusieurs secteurs économiques ont également fait l’objet de bilans ou de présentations : l’Ecopôle Valmy, l’Ecoparc Dijon-Bourgogne à Saint-Apollinaire et Quetigny, le parc d’activités de Beauregard à Longvic et Ouges, Agronov à Bretenière ainsi que le Campus métropolitain.

Ces opérations témoignent d’une stratégie qui dépasse les limites de Dijon et se déploie dans plusieurs communes de la métropole. Le but est de créer des conditions favorables à l’activité économique, à l’arrivée d’entreprises et, à terme, à l’emploi.

T3 : la métropole anticipe un possible prolongement vers Cap Nord

Le dossier de la troisième ligne de tramway, le T3, a constitué l’un des sujets les plus structurants de la séance. Dijon métropole a engagé des démarches auprès de SNCF Réseau et de l’État concernant plusieurs emprises ferroviaires situées le long de la rue de Mayence, dans le secteur de Cap Nord.

Cette initiative fait suite aux contributions exprimées pendant la concertation autour d’une éventuelle extension de la ligne vers la rue de Mayence.

Les terrains concernés pourraient servir à un futur prolongement du tramway, mais aussi à des aménagements destinés aux mobilités actives.

À ce stade, cependant, aucune extension n’est actée. Des études supplémentaires seront indispensables avant toute décision définitive. Dijon métropole choisit néanmoins d’anticiper les démarches foncières et administratives afin de ne pas compromettre cette possibilité dans les années à venir.

Le projet T3 vise plus largement à améliorer les déplacements entre les lieux d’habitation, les zones d’emploi, les établissements d’enseignement, le CHU et les grands équipements de l’agglomération.

Eau potable : sécuriser la ressource après un été chaud et sec

Les services publics de l’eau ont également occupé une place importante dans les débats. Après un été marqué par la chaleur et la sécheresse, Dijon métropole poursuit ses investissements afin de protéger la ressource en eau, sécuriser l’alimentation en eau potable, renouveler les canalisations et moderniser les installations d’assainissement.

La protection de la nappe de Dijon Sud fait partie des priorités.

Sur le territoire géré par Odivea, 1 835 mètres de collecteurs d’eaux usées ont été renouvelés en 2025. Une unité destinée au traitement des micropolluants et des microplastiques figure également parmi les investissements engagés.

Des travaux qui passent généralement inaperçus pour les habitants, mais qui conditionnent pourtant l’accès quotidien à une eau de qualité ainsi que le bon fonctionnement de l’assainissement.

Déchets, électricité et gaz : maintenir les réseaux

L’entretien et la modernisation ne concernent pas uniquement l’eau. La gestion des déchets ainsi que les réseaux d’électricité et de gaz supposent eux aussi des investissements réguliers.

Pour la métropole, ces services doivent être adaptés à la fois à l’évolution des besoins de la population et aux conséquences du changement climatique.

Ouvrir un robinet, chauffer son logement ou faire collecter ses déchets repose ainsi sur tout un ensemble d’infrastructures parfois peu visibles, mais dont le renouvellement représente une part essentielle de l’action publique métropolitaine.

Transition énergétique : 2 500 participants réunis à Dijon

La transition écologique figurait également au menu de la séance, notamment après la tenue à Dijon des Assises européennes de la transition énergétique, du 23 au 25 juin.

L’événement a rassemblé 2 500 participants, parmi lesquels des représentants des collectivités, des entreprises, des chercheurs et des acteurs engagés dans la décarbonation et l’adaptation des territoires.

Réseaux de chaleur, développement des énergies renouvelables, rénovation énergétique des bâtiments, mobilités décarbonées ou adaptation au changement climatique ont notamment alimenté les échanges.

Pour Dijon métropole, ces orientations doivent désormais se traduire localement à travers des logements moins consommateurs d’énergie, de meilleurs transports collectifs, davantage de production énergétique locale et une meilleure protection des ressources naturelles.

Piscines, escalade et Zénith : les grands équipements passés en revue

Les élus ont par ailleurs pris connaissance des rapports d’activité 2025 de plusieurs grands équipements métropolitains : la Piscine Olympique, la piscine du Carrousel, la salle d’escalade Cime Altitude 245 ainsi que le Zénith.

Ces équipements relèvent de domaines différents — sport, culture, loisirs ou événements — mais participent tous à la politique métropolitaine en matière de services et d’attractivité.

Leur dimension métropolitaine permet notamment de mutualiser le financement et le fonctionnement d’infrastructures qui bénéficient aux habitants de l’ensemble du bassin de vie, et non d’une seule commune.

Les services publics délégués sous contrôle

Enfin, le conseil métropolitain a pris connaissance du rapport annuel 2025 de la Commission consultative des services publics locaux (CCSPL).

Cette instance rassemble des élus et des représentants d’associations. Elle examine le fonctionnement des principaux services publics dont la gestion est confiée à des opérateurs, notamment dans les domaines de l’eau, de l’assainissement, des déchets, des transports, de l’énergie ou encore des grands équipements.

La délégation d’un service à un opérateur extérieur ne signifie en effet pas que la collectivité abandonne son rôle. Elle doit suivre les contrats, examiner les résultats obtenus et contrôler la qualité des prestations fournies aux usagers.

Entre décisions immédiates et investissements à long terme

De la remise sur le marché des logements vacants à la future ligne T3, du financement des études dentaires au renouvellement des réseaux d’eau, le conseil du 24 septembre aura surtout illustré la diversité des missions exercées par Dijon métropole.

Certaines mesures seront rapidement perceptibles, comme la future taxation des logements vacants. D’autres demanderont plusieurs années avant de produire leurs effets, à l’image du bâtiment universitaire consacré à l’odontologie, du campus Maret ou encore des prochaines évolutions du réseau de tramway.

Toutes témoignent néanmoins d’un même enjeu pour les 23 communes : répondre aux besoins quotidiens d’un territoire de plus en plus intégré tout en préparant ses infrastructures, ses services publics et son attractivité pour les années à venir.