À deux jours du scrutin sénatorial, Claude Patriat, frère de François Patriat, sort du silence. Dans un texte particulièrement politique, il dénonce ce qu’il considère comme une « brutale polarisation » de la campagne et apporte son soutien à la liste « Territoires et Liberté », conduite par Didier Maingault. Une liste qui revendique elle-même l’héritage politique de l’ancien sénateur de Côte-d’Or.
La succession politique de François Patriat continue d’animer la campagne des élections sénatoriales en Côte-d’Or. Décédé le 19 août dernier, l’ancien ministre, président de la Région Bourgogne et sénateur de Côte-d’Or laisse derrière lui près de cinquante années d’engagement dans la vie publique locale et nationale.
Alors que six listes s’affronteront dimanche 27 septembre pour les trois sièges de sénateurs du département, Claude Patriat, frère de François Patriat et compagnon de longue date de ses combats politiques, a décidé de prendre publiquement position.
Dans un texte adressé aux grands électeurs, il entend rappeler ce qui constituait, selon lui, la manière de faire de la politique de son frère.
« Si l’on veut prétendre à une succession, il faut respecter les principes et les valeurs dont elle est porteuse, pour les maintenir et les prolonger », écrit Claude Patriat.
Il cite notamment « l’ouverture, la proximité, la bienveillance, la fidélité », estimant que François Patriat « refusait les repliements partisans et leur préférait le dialogue ».
« Il aurait été stupéfait et désolé »
Claude Patriat va plus loin en portant un jugement sévère sur la configuration politique née après la disparition de son frère. Selon lui, François Patriat aurait été profondément déçu par la tournure prise par sa succession.
« Il aurait été stupéfait et désolé de constater que les espoirs de continuité qu’il avait pu avoir s’effondraient dans un jeu partisan fermé », affirme-t-il.
Une appréciation personnelle qu’il fonde sur leur proximité politique et familiale : « Ayant pendant 50 ans partagé tous ses combats, je peux affirmer qu’il n’aurait pas accepté cette brutale polarisation politique plus propice à servir des ambitions que nos territoires. »
Des mots forts, à quelques heures d’un scrutin où plusieurs sensibilités politiques se disputent les suffrages des grands électeurs côte-d’oriens.
Claude Patriat choisit « Territoires et Liberté »
Dans ce contexte, Claude Patriat apporte explicitement son soutien à la liste « Territoires et Liberté », conduite par Didier Maingault. Il explique avoir été sollicité par plusieurs proches et anciens colistiers de son frère lorsque ceux-ci ont décidé de constituer leur propre liste.
« Lorsque ses proches et ses anciens colistiers sont venus me faire part de leur volonté de déposer une liste, j’ai avec enthousiasme soutenu leur démarche », écrit-il.
Pour Claude Patriat, cette candidature permettrait notamment aux anciens soutiens du sénateur disparu de continuer à se reconnaître dans une offre politique.
« Elle redonnait l’espoir que les soutiens et les électeurs de François ne seraient pas orphelins. L’esprit Côte-d’Or ne disparaîtrait pas dans les brumes de l’oubli. »
Une liste qui revendique l’héritage de François Patriat
Le choix du nom « Territoires et Liberté » n’est pas anodin. Il s’agit du même intitulé que celui porté par François Patriat lors des précédentes élections sénatoriales.
La liste conduite cette année par Didier Maingault rassemble également plusieurs personnalités issues de l’entourage politique de l’ancien sénateur. Elle est composée de Didier Maingault, Annouck Cotillot, Christian Poulleau, Nathalie Faure-Gavoille et Gregory Patriat.
Didier Maingault a lui-même expliqué vouloir poursuivre une conception de la politique fondée sur la « simplicité, l’ouverture aux autres » et le « pragmatisme », tout en revendiquant une démarche dépassant les logiques de clans.
Claude Patriat ne cache donc pas le sens de son intervention : à ses yeux, c’est cette liste qui incarne aujourd’hui le mieux la continuité politique et humaine de son frère.
Sa conclusion tient en quelques mots : « Grâce à la liste si bien nommée Territoires et Liberté, il restera quelque chose de fort du travail engagé par mon frère. »
À deux jours du vote, cette prise de position familiale ajoute une dimension symbolique supplémentaire à une campagne sénatoriale déjà largement marquée par la question de l’héritage politique laissé par François Patriat.
Déclaration de Claude Patriat en date du 25 septembre 2026 :
Madame, Monsieur,
Il faut parfois rappeler des évidences : si l’on veut prétendre à une succession, il faut respecter les principes et les valeurs dont elle est porteuse, pour les maintenir et les prolonger. Celles qu’incarnaient François Patriat reposaient sur l’ouverture, la proximité, la bienveillance, la fidélité. Il refusait les repliements partisans et leur préférait le dialogue. Il est parti, hélas, sans pouvoir connaître l’offre des listes susceptibles de pourvoir à son remplacement. Il aurait été stupéfait et désolé de constater que les espoirs de continuité qu’il avait pu avoir s’effondraient dans un jeu partisan fermé. Ayant pendant 50 ans partagé tous ses combats, je peux affirmer qu’il n’aurait pas accepté cette brutale polarisation politique plus propice à servir des ambitions que nos territoires.
Aussi lorsque ses proches et ses anciens colistiers sont venus me faire part de leur volonté de déposer une liste, j’ai avec enthousiasme soutenu leur démarche. Elle redonnait l’espoir que les soutiens et les électeurs de François ne seraient pas orphelins. L’esprit Côte d’Or ne disparaitrait pas dans les brumes de l’oubli.
Grâce à la liste si bien nommée Territoires et Liberté, il restera quelque chose de fort du travail engagé par mon frère.
Claude Patriat