Dijon Actualités
Dijon et son agglomération

Sénatoriales en Côte-d’Or : Philippe Reyraud s’interroge sur la fidélité politique de certains grands électeurs

Par Fabien Bauduin 25 septembre 2026

À deux jours des élections sénatoriales, Philippe Reyraud, chef de file de l’opposition municipale à Chenôve et lui-même grand électeur, publie un texte particulièrement politique dans lequel il évoque de possibles votes dissidents au sein de la droite et du centre de Dijon Métropole. Pour illustrer son propos, il convoque La Fontaine et sa fable La Chauve-Souris et les Deux Belettes.

Dimanche 27 septembre, les grands électeurs de Côte-d’Or seront appelés aux urnes pour renouveler les trois sièges de sénateurs du département. Au total, 1 648 électeurs sénatoriaux sont inscrits et six listes sont en compétition.

À quelques heures de ce scrutin indirect, Philippe Reyraud, chef de file de l’opposition à Chenôve, a choisi les réseaux sociaux pour faire part de ses interrogations sur le comportement que pourraient adopter certains élus de la métropole dijonnaise.

Dans une publication intitulée « La Chauve-Souris et les deux Belettes… », l’élu estime que, si la logique politique voudrait que chaque grand électeur soutienne une liste correspondant à sa famille politique, le scrutin pourrait, selon lui, réserver quelques surprises, notamment à droite et au centre.

« En théorie, chaque grand électeur devrait voter pour une liste de sa famille politique, mais sur la métropole dijonnaise, les choses seront peut-être différentes », écrit-il.

Philippe Reyraud affirme notamment avoir recueilli une « indiscrétion » auprès d’un élu qu’il présente comme proche de sa famille politique. Celle-ci lui laisserait penser que certains votes provenant de Dijon Métropole pourraient s’écarter des consignes ou des appartenances politiques affichées. Une affirmation qui relève, à ce stade, de son appréciation et qu’il n’étaye pas davantage dans sa publication.

La Fontaine pour dénoncer l’« opportunisme »

Pour développer son propos, l’élu chenevelier fait référence à La Chauve-Souris et les Deux Belettes, célèbre fable de Jean de La Fontaine dans laquelle le personnage principal adapte son identité aux circonstances afin d’échapper successivement à ses adversaires.

Philippe Reyraud en retient une critique de l’opportunisme politique : celle de ceux qui changeraient de position ou de camp en fonction de leurs intérêts du moment.

Une comparaison qu’il transpose directement au contexte des sénatoriales et aux relations politiques au sein de Dijon Métropole.

Il évoque ainsi, sans citer de noms, les élus qui disposent de responsabilités métropolitaines — vice-présidences ou délégations — mais également ceux qui pourraient, selon lui, espérer à l’avenir une évolution de leurs fonctions.

À ses yeux, cette situation serait susceptible de créer des arbitrages politiques dépassant le seul cadre des appartenances partisanes.

Le secret du vote dans le viseur

Philippe Reyraud pousse son raisonnement jusqu’à regretter le caractère secret du scrutin. Selon lui, la publicité du vote permettrait aux citoyens de connaître précisément le choix effectué par leurs représentants et, selon ses termes, de « vérifier la fidélité de leurs élus ».

Le principe du scrutin secret interdit toutefois précisément d’établir le vote individuel d’un grand électeur.

À la différence de la plupart des autres élections françaises, la participation des grands électeurs aux élections sénatoriales est par ailleurs obligatoire. Tout membre du collège électoral qui s’abstient sans motif légitime s’expose à une amende de 100 euros.

Philippe Reyraud y voit, non sans une pointe d’ironie, une piste de réflexion pour lutter contre l’abstention lors d’autres élections.

Un message adressé à la droite et au centre

Derrière la référence littéraire, le message est essentiellement politique. Sans désigner directement les élus qu’il soupçonne de pouvoir s’écarter de leur camp, le chef de file de l’opposition chenevelière place la question de la discipline politique au cœur du scrutin de dimanche.

Il conclut sa publication en citant une ancienne maxime évoquant ceux qui, « selon le temps », savent se montrer à la fois du côté du roi et de la Ligue.

Une manière, pour Philippe Reyraud, de prévenir qu’il observera avec attention les résultats sortis des urnes dimanche — même si, en raison du secret du vote, ceux-ci ne permettront pas d’identifier les choix individuels des grands électeurs.

À deux jours du scrutin, cette prise de position ajoute ainsi une dimension locale supplémentaire à une élection sénatoriale déjà marquée en Côte-d’Or par la présence de six listes pour seulement trois sièges.