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Dijon veut repenser la mobilité des seniors avec eux

Par Fabien Bauduin 26 septembre 2026

Comment continuer à se déplacer facilement lorsque l’âge avance, que la voiture devient moins pratique ou que certains trajets du quotidien se compliquent ? La Ville de Dijon lance une expérimentation consacrée à la mobilité des seniors, avec l’ambition de construire de nouvelles réponses directement à partir de leurs usages et de leurs difficultés. Une première réunion est prévue le 9 octobre à la Cité internationale de la gastronomie et du vin.

La mobilité constitue un enjeu important pour préserver l’autonomie des personnes âgées. Pouvoir se rendre à un rendez-vous, faire ses courses, participer à des activités ou simplement maintenir une vie sociale suppose de conserver des possibilités de déplacement adaptées. C’est sur ce constat que la Ville de Dijon a décidé d’engager une nouvelle démarche destinée à mieux accompagner les seniors dans leurs déplacements quotidiens.

L’objectif n’est pas seulement de proposer de nouveaux moyens de transport, mais aussi de mieux faire connaître les solutions déjà disponibles et d’aider les personnes âgées à faire évoluer progressivement leurs habitudes. La Ville souhaite notamment travailler sur les alternatives à la voiture, tout en tenant compte du fait que celle-ci peut rester nécessaire dans certaines situations. L’enjeu est alors de sécuriser et de faciliter son usage, plutôt que de chercher à l’écarter systématiquement.

L’expérimentation associera plusieurs partenaires spécialisés dans les mobilités ainsi que des professionnels de santé. Elle s’inscrit également dans un projet porté par la filière Silver économie, animée par France Silver Eco et mandatée par le ministère des Solidarités et de la Santé. Cette démarche vise plus largement à adapter les politiques publiques et les services aux conséquences du vieillissement de la population.

Un groupe d’une quinzaine de seniors

La première étape aura lieu vendredi 9 octobre 2026, de 10 heures à midi, à la Cité internationale de la gastronomie et du vin. Cette réunion doit permettre de présenter le fonctionnement de l’expérimentation et de constituer un groupe d’environ quinze seniors qui participeront aux travaux. Cinq ateliers sont ensuite prévus.

Ces rencontres serviront d’abord à observer et à mieux comprendre les pratiques réelles des participants : quels moyens de transport utilisent-ils aujourd’hui ? Quels trajets leur posent problème ? Quelles sont au contraire les solutions qui leur paraissent simples et accessibles ? La Ville entend partir de ces expériences concrètes pour identifier les obstacles rencontrés dans les déplacements du quotidien.

Le travail portera ensuite sur les différentes possibilités permettant de réduire la dépendance à la voiture. Transports en commun, marche, vélo ou encore mobilités accompagnées doivent être présentés et discutés avec les participants. La démarche prévoit ainsi de confronter l’offre existante aux besoins et aux attentes exprimés par les seniors eux-mêmes.

L’approche choisie repose donc sur la co-construction. Plutôt que de concevoir des solutions uniquement entre institutions et professionnels, la Ville souhaite intégrer directement les principaux intéressés dans la réflexion. Les échanges entre participants constitueront une première étape, avant d’élargir le dialogue aux professionnels de la mobilité et aux différents partenaires impliqués.

Prévenir la perte d’autonomie

Derrière les questions de transport se joue aussi un enjeu plus large : celui de la prévention de la perte d’autonomie. Lorsqu’une personne commence à éprouver des difficultés à conduire, à marcher longtemps ou à utiliser certains transports, le risque est qu’elle réduise progressivement ses déplacements. Une évolution qui peut avoir des conséquences sur sa vie sociale et sa capacité à accomplir seule certaines tâches du quotidien.

Le dispositif dijonnais entend précisément intervenir en amont de ces situations de fragilité. Le communiqué souligne la volonté de sensibiliser, d’informer et d’accompagner les seniors vers les solutions de mobilité disponibles, de façon à anticiper les difficultés plutôt que d’attendre qu’elles deviennent un véritable frein à l’autonomie.

L’ambition est aussi de permettre aux personnes âgées de conserver une capacité de choix. Selon la Ville, il ne s’agit pas d’imposer un mode de déplacement unique mais de permettre à chacun de connaître les différentes solutions existantes et de sélectionner celles qui correspondent le mieux à ses besoins et à sa situation.

Une expérimentation qui pourrait dépasser Dijon

La démarche ne doit pas s’arrêter à la seule constitution d’un groupe de travail local. À partir des ateliers organisés à Dijon, les partenaires souhaitent faire émerger des modules pédagogiques qui pourraient ensuite être adaptés et déployés dans d’autres territoires. Leur contenu devra toutefois pouvoir évoluer dans le temps, en fonction des usages et de l’évolution de l’offre de transports.

Une deuxième phase est d’ores et déjà annoncée pour 2027. Elle devra permettre d’évaluer l’expérimentation et d’en tirer les principaux enseignements. Des entretiens seront organisés avec les seniors ayant participé aux ateliers, mais également avec les partenaires et acteurs de la mobilité dijonnaise. Un rapport consacré à l’expérimentation doit également être rédigé.

Ce bilan devra notamment déterminer les conditions nécessaires pour que les actions testées puissent fonctionner dans la durée, mais aussi identifier celles qui pourraient être développées ou reproduites ailleurs. Le croisement des expériences des usagers et des professionnels doit ainsi permettre de préciser les solutions les plus pertinentes.

À travers cette expérimentation, Dijon cherche donc à traiter la mobilité comme une composante à part entière du « bien-vieillir ». Plus qu’une simple réflexion sur les transports, la démarche vise à permettre aux seniors de continuer à se déplacer, à entretenir leur vie sociale et à rester acteurs de leurs choix le plus longtemps possible.