Les sections syndicales FSU, CGT Educ’action et FO du lycée Le Castel dénoncent la répression à l’encontre des lycéens survenue ce mercredi matin devant l’établissement. Elles alertent sur les conditions d’étude et d’enseignement dégradées et réaffirment leur soutien aux revendications portées par les élèves.
Communiqué de presse du 30 septembre 2026 :
Face à la colère de la jeunesse : des moyens, pas la répression !
Ayant été informé d’un blocus organisé par les lycéens via un message adressé aux familles et aux personnels par notre proviseure lundi 28/09, nous sommes quelques enseignants à avoir décidé de rester aux côtés de nos élèves ce mercredi 30/09 au matin. En effet, l’actualité dans les lycées nous a fait craindre pour la sécurité de nos élèves.
Sur les lieux dès 7h15 ce matin, nous avons pu constater la présence policière et du rectorat avant l’arrivée des lycéens.
Les élèves sont arrivés dans le calme, certains sont rentrés dans le lycée.
Nous avons même pensé qu’aucun mouvement n’était en réalité prévu.
Quelques lycéens ont placé des poubelles à une dizaine de mètres de l’entrée du lycée sans gêner l’entrée de leurs camarades.
Les policiers, tout équipés (boucliers, jambières et matraques…) sont alors venus barrer l’entrée du lycée laissant encore entrer quelques élèves et personnels administratifs.
Les élèves ont réagi à la présence policière et ont commencé à se rassembler. Certains avaient des pancartes dénonçant les conditions de travail des lycéens : classes surchargées, sélection de Parcoursup, horaires de cours étendus, l’absence de liberté d’entrée et de sortie du lycée…
Ils ont demandé à échanger avec la direction et une délégation de deux élèves a été reçue.
Un petit groupe de jeunes isolés, parmi lesquels nous n’avons pas reconnu nos élèves, ont lancé des projectiles en direction des policiers. Nous avons essayé d’empêcher ces jets en encourageant nos élèves à une action pacifique et un des lycéens muni d’un porte-voix a immédiatement demandé à ses camarades de ne pas s’en prendre aux forces de l’ordre. Des feux d’artifice ont ensuite eu lieu entraînant une réplique policière.
Durant la matinée, il y a eu de nombreux tirs de grenades lacrymogènes en direction des élèves.On en sentait l’odeur jusqu’à l’intérieur des bâtiments les plus proches.
Nous avons notamment été choqués par le fait que des grenades lacrymogènes aient été lancées par les policiers postés devant l’entrée du lycée sur les lycéens qui se dispersaient dans la rue Daubenton en direction de la rue Charles Dumont, repoussés par d’autres policiers postés vers la place du 1er mai.
Nous sommes préoccupés par le fait que nos élèves débutent leur vie citoyenne et leur engagement par une telle répression.
Nous espérons qu’aucun jeune n’ait été blessé, sans avoir toutes les informations à l’heure actuelle.
Nous condamnons toute forme de violence.
Nous entendons la colère des jeunes qui grandissent dans une société qui ne les écoute pas et où l’argent se trouve facilement pour les grandes entreprises mais manque pour l’éducation, la santé et la cause environnementale.
Notre présence ce matin avait pour but d’essayer de garantir la sécurité de nos élèves et à les dissuader de faire preuve de violence.
Par ailleurs, nous avons de nombreuses revendications en commun comme les effectifs surchargés par classe et la dégradation des conditions d’enseignement au sens large. En effet, malgré un effectif déjà lourd et quasi inchangé, le rectorat a décidé de supprimer 100h d’enseignement par semaine, ce qui conduit depuis la rentrée à des classes surchargées (classes de terminales à plus de 35), des suppressions d’options, de dédoublement de classes et d’heures d’accompagnement personnalisé.
Nous restons sans voix face à la stratégie de la tension choisie tant localement que nationalement. Nos élèves ne sont pas nos ennemis, nous devons les accompagner dans leurs choix et leur scolarité. Nous soutenons le mouvement lycéen développé par des élèves qui analysent et dénoncent les conditions d’éducation dans les lycées.
Communiqué des sections syndicales FSU, CGT Educ’action et FO du lycée Le Castel